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Stephen Malkmus: « Groove Denied »

L’année dernière, l’ex-meneur de Pavement lançait, avec ses fidèles Jicks, le très mésestimé Sparkle Hard ; un « grower » assez sournois. Le vétéran nous proposait alors un disque légèrement plus accessible qu’à l’accoutumée. L’année précédente, le musicien nous avait offert des nouvelles chansons en mode électro. Celles-ci ont été refusées par la maison de disque… un mauvais moment, semble-t-il, pour lancer cet album, du moins aux dires du label.

Profitant du léger enthousiasme qu’a suscité Sparkle Hard, ces chansons ont finalement vu le jour pour un opus qui constitue le premier album solo de Malkmus (sans les Jicks) depuis 2001. Après avoir travaillé sporadiquement pendant plus de dix ans, l’artiste âgé de 51 ans a joué de tous les instruments, de la programmation des boîtes à rythmes à son habituel jeu de guitare échevelé et déconstruit au point de réaliser cette création lui-même.

Les chansons proposées sur ce Groove Denied sont parfois mal dégrossies et on peut saluer l’effort de Malkmus de s’extirper quelque peu de sa recette habituelle tout même si on reconnaît indéniablement la patte du bonhomme. Des morceaux comme « Rushing the Acid Frat » (excellente au passant), « Ocean of Revenge « ou encore « Come Get Me » sont,à cet égard, indissociables de ce nous offre habituellement Malkmus.

C’est quand il tente de jouer la carte de l’originalité à tout prix que notre « slacker » par excellence s’égare. L’entrée en matière, « Belziger Faceplant » et l’inerte « Viktor Borgia » sonnent comme des essais plus ou moins concluants. En contrepartie, le certain amateurisme qui caractérisent ces deux titrest s’efface à l’écoute de la post-punk / new wave « A Bit Wilder ». L’approche vocale de Malkmus est également méconnaissable mais remarquable dans l’expérimentale « Forget Your Place » et il pousse l’audace de nous présenter une bossa-nova électro-folk en conclusion de cet album : « Grown Nothing ».

Malkmus expérimente, quelquefois de manière malhabile, en utilisant tout l’arsenal synthétique et analogique des années 80, en le combinant à sa signature si caractéristique. Si on ajoute à cette mixture une nouvelle approche vocale fortement inspirée de tous ces chanteurs à la Joy Division qui ont proliféré dans l’histoire du rock, on pourra prêtere l’oreille à un disque somme toute atypique.

Sans être une réussite sur toute la ligne, Groove Denied nous permet de découvrir une facette cachée de Stephen Malkmus ; pas vraiment incontournable il sonnera, toutefois ; come une agréable curiosité.

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16 mars 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter | ,

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