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Durand Jones & The Indications: « American Love Call »

Qu’elle vienne des années 60 / 70 ou d’aujourd’hui, la soul traverse les décennies sans problème et continue de produire des artistes toujours aussi attrayants. Lee Fields, Charles Bardley pour les plus anciens, voire les défunts, mais aussi Curtis Harding ou Durand Jones & The Indications pour assurer la relève.

Le groupe coche , en effet,toutes les cases pour être un digne représentant de l’esprit de Marvin Gaye ou Curtis Mayfield. Leur deuxième album American Love Call est un régal de neo-soul. Il appartiendra d’en juger à qui voudra.

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16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jim Jones And The Righteous Mind: « CollectiV »

L’univers de Jim Jones And The Righteous Mind est emprunt de soufre, de cyanure et d’obscures références mystico-religieuses donnant une certaine profondeur aux guitares et au son garage que le combo cultive depuis ses débuts. Les influences des Stooges (« Attack Of The Killer Brainz ») se mêlent à celle de Nick Cave (« Satan’s Got His Heart Set On You » et son refrain très Bad Seeds). Pionnier du revival garage, Jim Jones sous ses différentes incarnations est plus rock que Black Rebel Motorcycle Club et plus sombre que The Brian Jonestown Massacre.
Très fidèle en musique, après avoir travaillé avec le même producteur sur la plupart des albums de The Jim Jones Revue, c’est à nouveau Alex McGowan (Tricky, Mark Lanegan, Josh Homme…) que l’on retrouve derrière la console du deuxième album de son nouveau groupe. Parmi les musiciens invités, deux membres des Thee Hypnotics, groupe originel de Jim Jones il y a 20 ans. Mais la plus vieille invitée, c’est la guitare acoustique que Keith Richards utilisait dans les années 60s, et avec laquelle il a écrit la plupart des morceaux d’Exile On Main Street.


Enregistré à Londres, CollectIV avait tout pour prendre des accents du Mississipi, entre vieux blues et rock’n’roll, fermenté dans le métal, un peu comme si Elvis Presley s’amusait avec Lemmy de Motörhead (« I Found A Love »).
Mais l’album n’est pas qu’une anthologie de morceaux aux guitares tapageuses qui montent le mur du son d’un tattoo studio brique par brique. « Meth Church » et » Dark Secrets » offrent un calme intermède calme et envoûtant, sur lesquels la voix de Jim Jones change totalement dans un style crooner. « Meth Church » dont l’idée a germé en allant donner un concert de soutien aux victimes de la Grenfell Tower (une tour d’habitation qui a brûlé dans l’ouest de Londres) est empreinte d’une tristesse et laissera entrevoir l’humanité qui se cachent derrière les riffs du reste de l’album.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Karen O & Danger Mouse: « Lux Prima »

On retrouve Karen O, la chanteuse des Yeah Yeah Yeahs, en compagnie du producteur américain Danger Mouse pour un disque de pop langoureuse et délicieuse. 

Loin de l’énergie primale de son groupe d’origine, Karen O forme ici un épatant duo qui rappellera d’autres belles associations homme-femme dans l’histoire de la pop. Au hasard : Lee Hazlewood / Nancy Sinatra.

Tout comme Air ou Goldfrapp, Danger Mouse aime les musiques pop orchestrales 60’s d’Ennio Morricone (« Nox Lumina) » et il le montre là encore avec, tout au long du disque, des arrangements luxuriants qui viennent embrasser les mélodies suaves (« Lux Prima », « Drown »).

Il se dégage de l’ensemble une ambiance vaporeuse, avec par moment un côté Pop Lounge évident (« Reverie ») un peu dans le même esprit que les albums de Natalie Prass et les productions de Mathew.E. White. 

Une belle réalisation pour un album qui s’écoute tout seul.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Benjamin Francis Leftwich: « Gratitude »

After The Rain sorti en 2016 avait imposé une atmosphère de quiétude qui, ici, se manifeste différemment. La sonorité n’est plus majoritairement acoustique, les mélodies synthétiques et autres effets d’amplitude électronique transforment l’écoute de Gratitude en une invitation à la réflexion, voire même à l’introspection.

Thérapie ? Certes ; Benjamin Francis Leftwich  a connu quelques mésaventures durant ce break de tois années qui l’ont fait passer par la case désintoxication. Ce climat de retour en grâce se traduit dans la profondeur des paroles et dans cette chape musicale un peu brumeuse qui s’empare de nous très rapidement.

Le titre éponyme de l’album va traduire le ressenti de l’artiste et sa prise de conscience du chemin parcouru. Le suivant, « Look Ma « ! accélèrera un peu le rythme tount en n’anticipant pas de ce que sera le reste de Gratitude.

L’opus est, en effet, entrecoupé de chœurs lyriques qui cassent volontairement et de façon atypique la musicalité du titre. Hormis ce petit ovni, les autres compositions conserveront cette même veine mélancolique et mélodieuse avec de profondes paroles de repentir à l’exemple de « Sometimes » ou « Luzern ».

Au fian, et bien que doté d’une sonorité forte agréable, l’album reste linéaire. Aucun morceau ne se démarquant particulièrement, l’effet un brin tristounet. L’émotion et la sincérité rattraperont le morceau de justesse et de frôler de manière furtive l’emotion qu’il souhaite véhiculer.

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16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Shvpes: « Greater Than »

Shvpes se devait prouver qu’il n’était pas que le groupe du fils de Bruce Dickinson le vocaliste de Iron Maiden et il ne s’en sort pas trop mal sortis au travers d’un premier album remarqué et de tournées qui lui a permis d’asseoir une notoriété naissante. Au moment de retourner en studio, ils ont décidé d’enfoncer le clou et d’aller encore plus loin dans leurs expérimentations sonores. En résultent des titres plus tranchés (et peut-être aussi plus tranchants) avec du métalcore, du rapmetal (« Someone else », « Renegades ») et mêmes des interludes avec du piano, de l’électro et des scratchs (« Two Wrongs, no Rights », « I’m Stuck »).

Le rejeton Dickinson assure dans tous les registres (mélodique, hargneux, gueulard, hip hop) mais il est quelque peu difficile à suivre même si Matt Heafy (de Tivium) est plus repérable (« Rain ») que Rosanne Hamilton (sous-utilisée sur « War »). Plus de métal, plus d’harmonies, plus de rythmiques, plus de variations, plus d’invités, Shvpes en fait plus mais perd aussi un peu de cohésion et de liant en explorant un peu trop loin certains aspects d’une identité que le combo peine encore à se forger.

**1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Cinematic Orchestra: « To Believe »

Douze années se sont écoulées depuis Ma Fleur, le dernier album du projet du duo britannique The Cinematic Orchestra. Assez pour se faire oublier… jusqu’à ce que l’on découvre les sept superbes compositions nouvelles de l’album To Believe. Convaincant retour ! Le plus épatant, c’est que Jason Swinscoe n’a absolument rien changé à sa formule depuis Ma Fleur, ce qui révèle le caractère intemporel de son travail.

Les orchestrations de cordes bien dosées (excellent travail du Californien Miguel Atwood-Ferguson), les rythmiques cool jazz tirant vers le house atmosphérique, les mélodies soul poussées par les voix de Moses Sumney sur l’acoustique et poignante chanson-titre, de Tawiah sur l’angélique « Wait for Now/Leave the World » et de la collaboratrice de longue date Heidi Vogel, dont on savoure la voix ambrée sur les douze minutes de « A Promise » en finale. Autre collaborateur favori, le poète et MC Roots Manuva s’avère à point sur la tendue « A Caged Bird/Imitation of Life », l’une des plus puissantes de To Believe.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Daniel Blumberg and Hebronix: « Liv »

Quatre ans avant Minus (2018), à l’époque de son pseudonyme Hebronix, Daniel Blumberg avait enregistré en trois jours un album resté depuis inédit. Liv, l’inattendu tout juste révélé, commence comme un orage : grands coups de guitare électrique et spasmes filandreux de violon, avec un intense bruit de fond où s’introduit parfois un harmonica. À un certain moment de ce début d’apocalypse, Daniel Blumberg chante ou fredonne paisiblement, comme si de rien n’était — le contraste est fascinant.

Peu à peu, le calme chassera la tempête avec Digital, faisant de la rencontre entre guitare, violon et contrebasse, les trois maîtres des collisions de cet album graveleux, un bel oeil d’ouragan. Si une sensibilité pointe sur « Off and On » et « Life Support », le pic de colère de la menaçante « Caught » (17 minutes) est certainement le paroxysme de l’album. Avec ces mélodies atypiques et acharnées, qu’on dirait raclées dans ses viscères, le musicien britannique montre encore une fois qu’il sait tirer une incroyable puissance de ses pertes de sens.

***1/2

16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Stephen Malkmus: « Groove Denied »

L’année dernière, l’ex-meneur de Pavement lançait, avec ses fidèles Jicks, le très mésestimé Sparkle Hard ; un « grower » assez sournois. Le vétéran nous proposait alors un disque légèrement plus accessible qu’à l’accoutumée. L’année précédente, le musicien nous avait offert des nouvelles chansons en mode électro. Celles-ci ont été refusées par la maison de disque… un mauvais moment, semble-t-il, pour lancer cet album, du moins aux dires du label.

Profitant du léger enthousiasme qu’a suscité Sparkle Hard, ces chansons ont finalement vu le jour pour un opus qui constitue le premier album solo de Malkmus (sans les Jicks) depuis 2001. Après avoir travaillé sporadiquement pendant plus de dix ans, l’artiste âgé de 51 ans a joué de tous les instruments, de la programmation des boîtes à rythmes à son habituel jeu de guitare échevelé et déconstruit au point de réaliser cette création lui-même.

Les chansons proposées sur ce Groove Denied sont parfois mal dégrossies et on peut saluer l’effort de Malkmus de s’extirper quelque peu de sa recette habituelle tout même si on reconnaît indéniablement la patte du bonhomme. Des morceaux comme « Rushing the Acid Frat » (excellente au passant), « Ocean of Revenge « ou encore « Come Get Me » sont,à cet égard, indissociables de ce nous offre habituellement Malkmus.

C’est quand il tente de jouer la carte de l’originalité à tout prix que notre « slacker » par excellence s’égare. L’entrée en matière, « Belziger Faceplant » et l’inerte « Viktor Borgia » sonnent comme des essais plus ou moins concluants. En contrepartie, le certain amateurisme qui caractérisent ces deux titrest s’efface à l’écoute de la post-punk / new wave « A Bit Wilder ». L’approche vocale de Malkmus est également méconnaissable mais remarquable dans l’expérimentale « Forget Your Place » et il pousse l’audace de nous présenter une bossa-nova électro-folk en conclusion de cet album : « Grown Nothing ».

Malkmus expérimente, quelquefois de manière malhabile, en utilisant tout l’arsenal synthétique et analogique des années 80, en le combinant à sa signature si caractéristique. Si on ajoute à cette mixture une nouvelle approche vocale fortement inspirée de tous ces chanteurs à la Joy Division qui ont proliféré dans l’histoire du rock, on pourra prêtere l’oreille à un disque somme toute atypique.

Sans être une réussite sur toute la ligne, Groove Denied nous permet de découvrir une facette cachée de Stephen Malkmus ; pas vraiment incontournable il sonnera, toutefois ; come une agréable curiosité.

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16 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire