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Richard Andrews: « The Golden Fascination »

Richard Andrews était membre d’un groupe folk nommé Uniform Motion. Après y avoir officié quelques années, il a décidé de se lancer en solo sous ce pseudonyme. En marchant sur les braises du combo, il publie son tout premier album intitulé The Golden Fascination.

Richard Andrews a fait le bon choix de ne pas changer drastiquement de style musical. Ce disque représente un virageà 45° où il ira emprunter des voies plus dream-pop sur des morceaux somptueux comme « Nirot » qui ouvre le bal ou encore le morceau-titre et « Across The Unit Isle ».

Andresw cite, en outre, Mark Hollis et Bon Iver comme source principale d’inspiration pour cette bande-originale imaginaire et immersive avec les émouvants « False Memories », « Decipher » ou bien même « Sign Of The Times » avec ses mélodies minimalistes joués au piano.

S’achevant sur le touchant « Undertones », Richard Andrews a réussi à se réinventer sans jamais trahir ses origines avec dix chansons qui nous plongent dans un univers doux et fragile dont on devrait prendre de la graine.

***1/2

15 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

W.I.L.D.: « The Domination Chronicles »


Depuis quelques années, la carrière de W.I.L.D. a pris un véritable coup d’accélérateur, ce qui en soi est une bonne nouvelle pour ces musiciens passionnés. Après des débuts sous le patronyme de Wild Karnivor, le groupe a connu quelques aléas, a changé de nom, modifié son style et semble aujourd’hui sur une excellente dynamique puisqu’en moins de deux ans W.I.L.D. vient d’offrir deux albums, dont The Domination Chronicles tout fraichement atterri dans les bacs et nous offrant du thrash /death comme si notre vie en dépendait.

On ne tournera pas autour du pot bien longtemps ; The Domination Chronicles s’inscrit directement dans le sillage du très bon Purgatorius leur précédent opus. C’est un W.I.L.D. en pleine forme et hyper créatif que l’on retrouve sur cette nouvelle galette, avec une puissante envie d’en découdre au travers d’un répertoire des plus redoutables. 12 titres, plus de 50 minutes de musique calibrée pour envoyer un maximum mais avec une grande classe en prenant soin de developper de nombreuses ambiances qui renforcent l’impact de chacun des titres présents. Si dans un premier temps on constate vite que W.I.L.D. ne fait pas dans le détail notamment à l’écoute de titres comme « This is Now » « I’m Destroyer » ou encore « Inmate » qui font volontiers parler la poudre, en allant droit à l’essentiel.

Quand on approfondit les choses, on découvre un paquet de subtilités qui donne une toute autre, et belle, allure à l’album. Preuve en est avec les excellents « Jeff Warden » et « Skin and the Bone » dont les rythmiques effrénées sont entrecoupées de passages mi-tempo du plus bel effet et qui laissent la place quand il le faut à de jolis soli de guitares ou à la basse.

Si jusqu’ici on se dit que ce n‘est que du classique, l’équation est bien plus complexe puisque W.I.L.D. bonifie ses morceaux en développant des atmosphères très sombres et anxiogènes autant musicalement que dans les vocaux qui sont tantôt très gutturaux, tantôt plus proches des hurlements de terreurs. La différence et la valeur ajouté de The Domination Chronicles se situent sans conteste à ce niveau, faire du Thrash / Death qui envoie est à la portée de beaucoup de formations, en faire un qui captive est une autre histoire, et W.I.L.D. l’a parfaitement compris. Quelques part on peut comparer le W.I.L.D. actuel (toute proportion gardée avec ce qu’ont fait Vader ou Sepulturas.
Comme pour Purgatorius, W.I.L.D. a bâti The Domination Chronicles autour d’un concept, mais cette fois-ci d’une manière différente puisque les morceaux sont liés par deux, se suivent, et sont vus de deux manières. Une façon singulière et intelligente de traiter le thème de l’emprisonnement, qui revêt plusieurs aspects et ne se cantonne pas à la simple incarcération dans une prison. A cela il faut ajouter une production en béton, ultra dynamique, à la sonorité résolument moderne qui va parfaitement au style de l’album. En bref du joli travail à tous les niveaux pour W.I.L.D. qui en impose énormément un album qui, sans se fixer de limite et en explorant plusieurs facettes de sa personnalité tout en restant cohérent, nous offre un disque puissant et inspiré qui puise sa force au travers d’un concept osé  et superbement mis en scène.

****

15 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Louis Jucker: « Kråkeslottet »

l y a deux ans, Louis Jucker présentait son nouveau groupe indie rock nommé Autisti et leur premier album dans la foulée. Le groupe suisse comportait également dans ses rangs Emilie Zoé qui, depuis, a réussi à s’imposer dans le milieu. La tête pensante du groupe est de retour mais en solo cette fois-ci avec un nouvel opus intitulé Kråkeslottet.

Pour ce nouvel album composé de huit morceaux, Louis Jucker a préféré nous offrir une sorte d’album photo en musique. Enregistré en une semaine de décembre en Norvège, il en résulte un opus riche en influences folk lo-fi dépouillées et intimistes comme l’attestent des titres à l’image de « Seagazer » qui ouvre les hostilités mais encore de « The stream » et « Storage tricks » et nous emmènent dans des paysages glaciaux où l’on entend des bruits cachés à l’abri du vent.

Que ce soit sur « Tale of a Teacher’s Son » ou sur « Back from the Time », on a , en revanche, l’impression d’être plongé dans un documentaire en raison de ses technologies sonores plus que sophistiquées. Louis Jucker n’hésite pas à mettre au centre les éléments comme le vent sur l’interlude nommé « Ulf’s interlude » mais ne dérange en rien la cohésion de ce projet. Quoi qu’il en soit, Kråkeslottet est un très bel album de folk lo-fi bricolé où il suffit de fermer les yeux pour se perdre dans les paysages que le musicien dessine.

***1/2

15 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Fews: « Into Red »

Après un séduisant « debut album » paru en 2016 dans un registre « cold wave », avec des morceaux simples et carrés qui évoqueront Chain Wallet ou autres, le groupe fait quelque peu évoluer son style pour aller vers un son plus rock, plus chaud, plus dense.


La tendance post-punk y est plus avérée, avec une bonne dose de reverb dans ses compositions dont certaines se révèlent imparables à l’image par exemple du titre « More Than Ever » qui mérite indéniablement le détour.

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15 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Chain Wallet: « No Ritual »

Ils viennent de Norvège mais auraient très bien pu venir de Russie comme Motorama ou des années 80 comme The Cure ou Slowdive. Eux c’est Chain Wallet, un groupe qui recycle à merveille les plans New Wave, Cold Wave ou Dream Pop des jeunes années, avec ce petit côté indéfinissable qui rend leur album si plaisants, voire plus si affinité totale.

Rien de bien très original dans les chansons de Chain Wallet, mais il reste malgré tout le plaisir d’entendre un son très ligne claire qui ne se démode décidément pas, avec des compositions très carrées, avec couplets, refrains et chœurs. On n’en demandera pas plus.

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15 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Altars Altars: « Fragments »

Initialement publié sur cassette en 2016 Fragments ressort aujourd’hui en format numérique. Terrain connu pour un artiste qui y développe une nouvelle fois cette ambient à guitare languide et évanescente, servie par une pochette où lumière et eau jouent dans des reflets scintillants. Plutôt que des lignes identifiables, le disque met davantage aux prises des mélanges entre boucles de notes tenues et effets permettant d’étirer celles-ci.

À nouveau, le style de l’Allemand se fait immédiatement reconnaissable, avec sa capacité à faire traîner ses sonorités, à les combiner avec des sons extraits de vieilles cassettes ou de synthés, et à travailler autour d’une tonalité très pastel et gentiment doucereuse.

Le passage du format cassette au format CD n’a pas modifié la structuration de l’album, réparti en deux grandes plages (une par face), elles-mêmes subdivisées en huit ou neuf séquences. Si ce découpage peut paraître un peu artificiel (d’autant plus qu’aucun intitulé n’est conféré aux dix-sept pistes), quelques différences peuvent être repérées entre chaque morceau.

À ce titre, c’est lorsqu’il s’étire dans la durée, et que les couches de six-cordes peuvent se superposer que Moritz Leppers nous paraît le plus pertinent, parvenant à dépasser la simple mise en place d’un registre maîtrisé (« A VII »). Disque après disque, notre sentiment à l’égard d’Altars Altars se trouve donc conforté : le musicien a su trouver son style, mais gagnerait peut-être à s’en écarter.

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15 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Chocolate Watch Band: « This Is My Voice »

1965, Los Altos, péninsule de San Francisco, voit la naissance de The Chocolate Watchband construit autour de Ned Torney (guitare) et Mark Loomis (guitare et claviers). Pendant les 4 premières années de leur courte vie, les Américains ont été l’un des leaders de la scène garage rock psychédélique en sortant quasiment un album par an jusqu’en 1969 et le clap final. Sauf que, fort d’un renouveau du style à la fin des années 90, le groupe s’est reformé autour de David Aguilar, un des chanteurs originels.
54 ans après la naissance du combo sort This Is My Voice, un nouvel album longuement pensé et composé. The Chocolate Watchband propose donc un voyage au son résolument vintage d’un rock suranné à la patine redoutablement accrocheuse pour les amateurs du genre. Le psychédélisme est également bien présent notamment dans « Judgement Day » qui débute sur des notes indiennes à la George Harrison pour ensuite retourner dans l’Amérique profonde avec un air d’harmonica que n’aurait pas renié le Boss Springsteen. Le climat planant s’installe dans le titre éponyme totalement halluciné et aux mélodies opiacées dont l’auditeur sera extirpé par des riffs tranchants de guitare. Après ce passage trance, le groupe revient à une atmosphère plus bluesy à la Rolling Stones dans « Trouble Everyday » au refrain très seventies.


Le pari est diablement risqué de proposer à la fin des années 2010 un album aussi dépouillé, aux arrangements qui sonnent live, et livré dans son plus simple appareil, car ici tout est fait de façon à donner une image artisanale aux compositions. Il s’agit de répondre parfaitement au cahier des charges du rock garage. Le style ne réclame aucun fard et aucun effet electro moderne comme dans « Talk Talk ». Le groupe pioche dans la world music notamment indienne comme évoqué précédemment en accentuant la fusion dans l’instrumental « Bombay Pipeline » où sitar et batterie se mélangent naturellement. Le style tutoie également le folk avec son « Desolation Rock » qui aurait parfaitement pu paraître dans les premiers albums de Bruce SpringsteenThe Chocolate Watchband puise allègrement dans les influences auxquelles ils ont contribué à donner naissance à l’époque, en lorgnant vers les Doors dans un « I Can’t Seem To Make You Mine » très Jim Morisson avec un chant plus qu’ habité et le son de l’orgue Hammond.

This Is My Voice est un album dont les sillons trouvent leur origine dans le rock garage des années 60-70 et The Chocolate Watchband est volontairement resté bloqué dans ces années. Saluons un combo qui redonne image et belle authenticité d’un psychédélisme que l’on croyait perdu à tout jamais.

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15 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire