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Meat Puppets: « Dusty Notes »

Cela fait maintenant trois décennies que Meat Puppets continue leur bonhomme de chemin. Qu’ils se séparent ou qu’ils se réunissent en fin de compte n’a plus vraiment d’importance car le légendaire groupe de Phoenix reste debout. Et pour la première fois depuis un bon bout de temps, le trio original avec le line-up des débuts présente leur tout premier album sous cette forme intitulé Dusty Notes.

Faisant suite à leur Rat Farm paru il y a maintenant six années de cela, on se demandait ce que Meat Puppets allait nous réserver avec ce quinzième opus. Et bien, les frères Kirkwood et le batteur Derrick Bostrom marchent sur la voie de la sagesse comme l’atteste l’introduction nommée « Warranty ». Et très rapidement, le trio de Phoenix marche sur des chemins country-rock parfois un peu clichés avec « Nine Pins », « Unfrozen Memory » ou encore « The Great Awakening », carrément à l’opposé à ce que l’on pouvait attendre de leur part.

Pour ceux qui pensaient retrouver le Meat Puppets des débuts en mode hardcore peuvent passer leur chemin. Ou, au pire, tenter l’écoute de la tentative hard-rock qu’est « Vampyr’s Winged Fantasy » peu convaincante. Par contre, il y a quand même de bonnes petites trouvailles comme l’entêtant « Nightcap » ou bien même le morceau-titre résolument folk qui sauvent des moments trop cliché comme « On ». On ne peut pas leur en vouloir de ne pas faire du Meat Puppets des années 1980 ; après tout car ils ont passé l’âge pour ça.

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14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

William Basinski : « On Time Out Of Time »

Depuis quatre décennies, William Basinski compose une oeuvre hantée par la mélancolie, qui aime flirter avec l’intériorité de l’âme, laissant derrière elle la poussière de sa propre disparition, à l’image de son travail The Disintegration Loops.

Avec On Time Out Of Time, l’artiste tutoie l’immensité de l’espace, conçu à partir du LIGO (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory) qui a permis de capter le son de la fusion de deux trous noirs.

Ici, le temps une fois encore, semble fuir et sombrer dans un grand vide interstellaire, où le froid recouvre la chaleur de notre monde. Le noir étalant sa couleur jusque dans les profondeurs de l’infini. Un album intense de par son minimalisme évocateur et sa poésie céleste.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Anteros: « When We Land »

Anteros rêve de CBGB comme aux meilleures heures du débuts des années 2000. Avec leur pop rock’n’oll en étendard, ils entament leur premier album avec un « Call Your Mother » dont l’énergie et la mélodie rappellent les Strokes de Is This It. Leur ambition est palpable (« When We Land ») et ils arborent, chanteuse peroxydée en tête, suave mélange de pop à guitares et discoïde qui crient leur envie de s’imposer comme le Blondie de 2019. Ça tombe bien, ils ont les chansons pour. « Fool Moon » agit ainsi comme une sorte de « Heart Of Glass » miniature « Honey » et sa mélodie bubble gum donnent une furieuse envie de danser et la soul mutante de « Ring Ring » rappellera les meilleures heures de cette période mésestimée.

Le quatuor enchaîne les « singles » potentiels sans se poser de questions avec une efficacité redoutable : « Wrong Side, «  Drive On », « Breakfast » .Les morceaux délivrent leur dose de bonnes vibrations en suivant la formule éprouvée : riff accrocheur, couplets posés et refrains explosifs.

Mais Anteros font aussi merveille quand le tempo se calme, comme sur « Ordinary Girl » façon No Doubt ou sur une ballade comme « Let It Out. »
Anteros réussissent donc avec brio leur atterrissage sous le format album avec When We Land. Sans amais baisser la garde, le groupe enchaîne les coups avec élégance pour laisser l’adversaire K.O. devant une telle énergie et vista musicale. Couplé à leur chanteuse au charisme indéniable, cela suffira peut-être à permettre au combo de faire la pluie et le beau temps un peu plus loin que là où ils ont décidé d’atterrir.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

King Apathy: « Wounds »

King Apathy est un combo allemand qui, à l’écoute, fait penser à Disbelief et Nine. Il pratique donc un post metal rageur et sombre avec un arrière-goût metalcore. Mais jone ne peut réduire l’expérience d’un Wounds à un copier / coller d’autres formations. On parle bien ici de post metal. Un chant assez typé metalcore, écorché rageur, accompagne des murs de guitares abrasives, des mélodies assez doom , un rythme lourd et, n’ayons pas peur des mots, une certaine forme de beauté. Certains parlent de post black metal aussi. Les influences de King Apathy (qui oeuvrait jusqu’ici en tant que Thränenkind) sont clairement hardcore. Et s’il a décidé d’en faire autre chose, ça n’est pas à négliger.

Wounds est une masse assez compacte, avec bien des moments marquants, d’énormes réussites, mais les titres y sont liés. Le mauvais côté, c’est qu’aucun ne se détache vraiment des autres. Le bon, c’est que l’ensemble s’apprécie d’une traite, sans lassitude aucune, comme une bonne grosse séance de catharsis musicale ; un opus moins rigueux et plus subtil qu’il n’y paraît.

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14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « No Words Left »

Piano reverberé, guitare acoustique, cordes, voix cristalline… Lucy Rose joue avec son nouvel album, No Words Left, la carte de l’album intime et acoustique. Si la formule fait merveille sur la très belle et introductive Conversation, qui s’envole grâce à un arrangement évoquant le grand Nick Drake, elle est en revanche beaucoup moins convaincante sur les chansons qui suivent. Il faut en effet attendre l’arrivée de discrètes percussions sur « What Does It Take » pour voir l’album se réveiller un peu, et le morceau final « Song After Song » pour retrouver un semblant de refrain mémorable.
C’est que le risque de l’album folk acoustique est double : la monotonie et l’ennui. Et Lucy Rose n’échappe à aucun de ces écueils. Côté monotonie, la succession de morceaux aux tempos lents fait s’enchaîner les titres dans une relative indifférence. Côté ennui, les mélodies manquent cruellement d’immédiateté et d’aspérités pour marquer l’oreille de façon indélébile. Rien à déclarer non plus côté arrangements : tout ceci est très propre et bien exécuté, mais comme cela est téléphoné. Rien ne vient surprendre, à de rares exceptions prêt (le saxophone et le tourbillon de cordes sur le final de la jazzy « Solo(w) »).


Avec des titres comme « Save Me From Your Kindness », on se doute qu’on est pas ici chez le torturés et les freaks. Mais tout de même ! No Words Left nous donne une folle envie de lancer tout les musiciens sur une montagne russe pour voir ce qu’ils pourraient jouer ensuite. Qu’ils lâchent enfin le contrôle sur des titres bien trop polissés pour leur propre bien.
Globalement, No Words Left pêche donc par joliesse et manque d’originalité. Tout est ici fait pour être beau. Mission accomplie, certes. Mais on aurait souhaité plus de caractère pour nous faire tourner la tête.

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14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Polar: « Nova »

« Intime, cathartique, thérapeutique », tels sont les adjectifs qui décrivent le mieux le message de ce nouvel opus post-hardcore par Polar, qui livrent leur disque le plus personnel à ce jour.
Après 3 ans d’un silence brisé le temps du « single » « Breathe » en 2017, les Anglais de Polar sortent cette année leur 4ème album : Nova. Un nom sobre et impactant derrière leur opus le plus intime à ce jour, un nouveau chapitre post-hardcore entre ombre et lumière explorant des thèmes et des combats très personnels et qui représente pour le groupe un retour à l’introspection, cette fois-ci dans sa forme la plus brute et nue.
Nova succède à No Cure No Saviour (2016), un album engagé abordant différents problèmes de société, en particulier la tragédie vécue quotidiennement par les SDF.
Cette fois-ci, le groupe souhaitait dès le départ adopter une écriture plus personnelle et se confier grâce à la musique, confronter leurs démons intérieurs et effectuer une sorte de…thérapie de groupe si l’on peut dire. Les paroles, principalement écrites par Adam – Woodie – Woodford (chant) et Fabian Lomas (guitare) prennent ainsi une valeur cathartique, chacune étant associée à des évènements ayant marqué l’un ou l’autre, dans une forme qui permet à la fois de rentrer dans leur intimité tout en étant suffisamment universelles dans leur message pour toucher un large public.
« Drive’ » le premier « single », au refrain très efficace, nous parle de laisser sa chance à une relation sentimentale initiée au premier regard. L’ambiance y est quelque peu dérangeante mais le ton laisse place à l’espoir sur un refrain fédérateur.


Bien plus sombre dans ses textes et sa composition est le second single : « Midnight’ » qui relate une expérience traumatisante de relation sexuelle non consentie subie par Woodie alors qu’il n’avait que 15 ans.
L’ensemble de l’album comprend des morceaux d’intimité empruntés à chacun des membres du groupe, en faisant ainsi un opus très spécial pour Polar qui souhaitent que Nova encourage ses auditeurs à effectuer le même travail d’introspection afin d’idéalement parvenir à vivre en paix avec eux-mêmes.
Musicalement, l’alliance entre riffs agressifs et mélodies qui fait la signature de la formation est toujours présente dans une forme exacerbée. Ellie Price, que Woodie et Fabian qualifient de « 6ème membre du groupe » et qui prête sa voix à la plupart des refrains des morceaux précédents, revient en force sur Nova avec deux titres qui la mettent particulièrement en valeur : « Amber », un titre aux accents sentimentaux et « Dusk » un interlude ambiant très pop qui surprend immanquablement sur un album de hardcore. Le parti-pris est osé mais force est de reconnaître que ce moment de douceur dans un ensemble bien agressif est le bienvenu.
Dans son ensemble, Nova est un album efficace et plutôt bien construit, avec ce qu’il faut d’ incursions pop pour faire de Polar un combo capable d’afficher une signature originale.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Helado Negro: « This Is How You Smile »

Chaque année qui passe, Helado Negro fait son nid petit à petit sur la scène musicale actuelle. Se faisant discret depuis ses débuts, sa popularité a gentiment monté en flèche en 2016 avec la parution de son sixième album Private Energy contenant entre autres les morceaux « Young, Latin and Proud » et « It’s My Brown Skin » .

Cette année, le musicien venu tout droit de Brooklyn enfonce le clou avec This Is How You Smile. A mi-chemin entre indie pop, pop expérimentale et sonorités latines exotiques, Helado Negro arrive à nous emmener dans son jardin secret parsemé de mystères en tous genres. Dès lors, la magie est de mise à partir des premières notes de « Please Won’t Please » résolument planant et touchant avec un Roberto Carlos Lange au sommet de son art. On peut également citer l’atmosphérique « Imaging What To Do » qui suit où le duo guitare acoustique/piano s’invite à la rêverie ainsi que la valse pianistique de « Running » qui se rapproche des allures yacht rock. Qu’il fait bon de se laisser emporter par tant d’harmonie et de beauté musicale.

Entre deux compositions mélodiques et touchantes, on ne pourra pas faire l’impasse sur des interludes instrumentaux pour les moins étranges comme « Echo for Camperdown Curio » ou bien même « November 7 » avant de repartir de plus belle. Partagé entre pop expérimentale sur les chaleureux « Fantasma Vaga » et « Pais Nublado » où notre hôte chante dans sa langue natale (comme sur les allures samba de « Sabana de luz ») ou indie folk débridé sur « Seen My Aura » ou sur la chanson de rupture amoureuse qu’est « Two Lucky », Helado Negro ne laissera personne indifférent. Avec ce septième opus, il prouve qu’au milieu de toutes les épreuves difficiles que l’on peut rencontrer tout au long de sa vie, il y a toujours un moyen de garder le sourire et de se reconcilier avec les autres et soi-même.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

David Terry & Eye Spirit: « The White Horse Of The Sun »

The White Horse Of The Sun est une échappée céleste vers des terres embrasées par une chaleur suffocante, un combat entre forces obscures et guerriers lumineux.

En quatre titres, de presque 30 minutes chacun, David Terry armé de son accordéon, croise ses notes avec le violoncelle et les vocaux de Eye Spirit, pour une communion de forces drones dévalant sur les pentes d’une musique folklorique échappée des entrailles de mondes en fusion.

Les titres ressemblent à de longues liturgies, odes aux temps qui s’effondrent et laissent un vide immense derrière eux. Les voix apportent une impression de fugacité délétère et de flottement étrange, invocation fragile à l’existence prise dans des limbes nuageuses et recouverte d’un voile mortuaire.

The White Horse Of The Sun est un album à la beauté romantique, emprunt de mélancolie fragile et de tristesse profonde. Très chaudement recommandé.

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14 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Weezer: « The Black Album »

Oubliez le rock, avec son Black Album, Weezer continue de « troller » en livrant un disque dont l’intention n’était pas de rivaliser avec le classique de Metallica ou autres, mais bien de devenir un crypto boys band d’arena rock.

Weezer sont de grands musiciens, des gars impliqués dans toutes les étapes de la production de leurs albums et depuis disons dix ans, on avait l’impression qu’ils n’exploitaient pas ce potentiel en livrant des versions plus ou moins édulcorées du Green Album, qui lui-même n’était pas fantastique.

Bref, Weezer n’avait plus vraiment de pertinence dans le rock. Et voilà qu’ils annoncent un album expérimental qui est au final… un album pop assumé, avec du gros glaçage sucré pis toute.

On salue l’intention, mais….

Mais, il est vrai que les artifices du groupe deviennent lassants. Les albums blanc et noir, le disque de reprises l’Instagram du groupe qui n’est qu’une collection de « memes » ironiques… du battage publicitaire, un jeu que Weezer semble avoir très bien compris, mais qui au final ne transforme pas le plomb en or.

Comme c’était le cas sur le Teal Album , la production ici est énorme, ce qui rend l’écoute agréable. Les couches de pianos et de synthés s’agencent très bien aux instruments rock de Weezer jusqu’à les supplanter sur certains morceaux. Mais tandis que la voix de Rivers Cuomo était surprenante sur l’album de reprises alors qu’il allait chercher des falsettos et des notes insoupçonnées à son registre, il est ici plutôt monocorde et dans l’autotune.

Et on n’a pas encore parlé des textes.

Rivers Cuomo a toujours écrit des textes comme s’il était le p’tit gars incompris, ringard, naze et émotif. Ici, il a jugé bon d’écrire des paroles carrément sexistes et réductrices pour meubler ses compositions plus pop… Mauvais choix s’il en est un alors que des artistes comme Lady Gaga et Beyonce poussent très fort pour faire tanguer le cargo de la culture américaine dans une autre trajectoire.

Au final, le Black Album est un album assez terne, disgracieux par moment pour ses textes si on y porte attention, mais qui contient quand même une des meilleures chansons composées par le groupe depuis longtemps : « Too Many Thoughts In My Head. »

Bref, Weezer en 2019 ça sonne comme une tonne de brique, mais leurs compositions originales sont au mieux, agréables, au pire oubliables. Un album qui a coûté cher, mais qui n’arrive pas à vivre au-dessus de ses promesses.

**1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

The Coathangers: « The Devil You Know »

Lorsque Death Valley Girls n’est pas là, ce sont The Coathangers qui dansent. C’est chacun son tour, on va dire. Le trio d’Atlanta n’avait pas donné signe de vie depuis leur cinquième disque intitulé Nosebleed Weekend qui a fait saigner du nez pas mal de monde ; est-on prêt à prendre un autre uppercut musical en leur compagnie ? Leur successeur pugiliste nommé The Devil You Know apporte une réponse.

Une fois n’est pas coutume, on refait connaissance avec la hargne et la bonne énergie qui caractérise The Coathangers. Leur mission est de distribuer des plans surs partout où elles passent et c’est ce qu’elles tentent de faire à travers des brûlots garage-punk hargneux de « 5 Farms » et du menaçant « Crimson Telephone » qui suit juste après. Une fois de plus, le tandem vocal composé de Julia Kugel plus doux et de Stephanie Luke plus rugueux fait son effet tandis que leur style musical bien rentre-dedans leur va à ravir sur des brûlots comme « Step Back », « Stranger Danger » aux allures de L7 et autres « Memories » à la ligne de basse irrésistible.

Pourtant, plus on s’intéresse à The Devil You Know, plus on se rend compte que l’heure n’est pas tout à fait à la fête, bien au contraire. A côté des morceaux poppy comme « Bimbo », The Coathangers signe ici leur disque le plus engagé de leur discographie et il n’y a qu’à écouter « Hey Buddy » qui critique les donneurs de leçon et les architectes de la bonne pensée poltiquement correcte pour s’en apercevoir. Le titre le plus fort du disque restera tout de même l’attaque vicieuse nommée « F The NRA » qui fustige à tout và la politique des armes à feu aux Etats-Unis et les bavures qui y engendrent et c’est dire qu’elles n’y vont pas de main morte.

S’achevant sur l’étrangement doux « Lithium », The Coathangers dévoile une facette plus pop et plus politique. Les trois jeunes femmess d’Atlanta continuent de balancer leurs revendications comme un cocktail molotov sur la face de l’Amérique sans tomber dans les clichés du riot grrl pour autant. Un sixième disque efficace en diable.

***1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire