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Mark Kozelek: « Mark Kozelek »

Mark Kozelek qu’est nom de Sun Kil Moon artiste qui se dissimule sous divers projets collaboratifs. C’est également la première fois qu’il apparaît sous sa véritable indentité.

Cela ne change pas grand-chose dans son répertoire sauf qu’il est armé de sa guitare acoustique et de son jeu de fingerpicking mais il est prêt à nous raconter de nouvelles péripéties qui s’étirent sur plus de 5 minutes allant jusqu’à 13 minutes.

Résultat des courses : « This Is My Town » qui muse sur sa ville natale de San Francisco en nous emmenant dans ses moindres recoins ou encore « Live In Chiago » et « The Mark Kozelek Museum ». Infatigable comme d’habitude donc.

Une fois de plus aigri, introspectif et de temps à autre romantique selon lui (« My Love For You Is Undying »), Mark Kozelek fait une fois de plus le tour de ses anecdotes et de son ressenti la cinquantaine passée. Le nom d’Ariel Pink est mentionné sur cet opus, comme quoi le name-dropping reste toujours d’actu chez lui. Avec son sens du fingerpicking et ses 10000 mots balancés en loghorrée verbale sur « Weed Whacker », « 666 Post » ou bien sur « The Banjo Song », l’ex-Red House Painters se sent à nouveau chez lui et n’a pas l’air de se lasser. Quant à nous? moyennement.

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13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Stella Donnelly: « Beware Of The Dogs »

Stella Donnelly fut révélée au grand public avec son désormais culte « Boys Will Be Boys » issu de son EP Thrush Metal. Depuis, la musicienne venue de Perth a réussi à se faire une place sur une scène indie australienne assez exigeante et qui, désormais, l’attend au tournant avec son premier album Beware Of The Dogs.

Arrivée au moment où l’affaire Weinstein éclate et où #MeToo prenne de l’ampleur, Stella Donnelly est considérée comme étant une jeune porte-parole de ce mouvement. Elle combat en effet le patriarcat à travers une plume des plus acides dont « Old Man », « Season’s Greetings » et un insolent « Tricks ». Alternant morceaux entraînants et ballades mélancoliques mais non dénuées d’une conscience sociopolitique (« Mosquito », « Allergies »), l’Australienne mène à bien ce qu’elle considère être un mission : mettre le système du mâle dominant KO.

Mis à part le fameux « Boys Will Be Boys », Stella Donnelly continue d’ouvrir les portes de son jardin secret et détaille les comportements déplacés du sexe opposé avec, toutefois, une pince d’humour.

Ce sera avec des titres teintés d’une touche électronique comme « Bistro », « Die » et un audacieux « Watching Telly » où elle se remémore combien elle a galéré pour obtenir l’avortement et où elle dénonce l’hypocrisie de cette loi. Mentionnons également le morceau-titre au crescendo implacable où elle attaque sans vergogne les bavures racistes et politiques de son pays.

Pour un premier opus, Stella Donnelly impressionne du début à la fin. Entre ballades câlines et escapades indie rock ambitieuses en passant par des sonorités synthpop brillantes, la native de Perth arrive à faire ouvrir les yeux sur le monde à son auditeur de plus en plus averti. Avec une plume teintée de sarcasme, il est clair qu’elle arrive à incarner ce modèle en cette période trouble à condition, néanmoins qu’elle se montre plus nuancée et moins didactique.

***1/2

13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Simon Scott: « Soundings »

Après FloodLines et un album live suivi d’une ressortie de Below Sea Level), Simon Scott semble se trouver à dans une niche adéquate puisque l’Anglais propose, avec Soundings, un disque entre ambient et « field recordings ». En effet, profitant d’une sorte de tour du monde réalisé avec Slowdive (dont il tient la batterie) en 2014 lors de la reformation du groupe, le musicien a capté des sons et des enregistrements un peu partout avant d’y ajouter quelques instruments réels.

C’est ainsi qu’une guitare électrique saturée vient placer ses traits sur les nappes extérieures (« Mae ») ou que, dans un registre nettement moins éclatant, les cordes de Charlie Campagna et Zachary Paul enrobent avec suavité les textures du Britannique (« Nigh »).

Alors qu’on craignait un peu (et les premières minutes ne font rien pour écarter ce léger scepticisme) que Simon Scott limite un peu son intervention à un simple pressage de la fonction « enregistrement » de ses machines, ses apports instrumentaux viennent conférer une dimension toute autre, nettement plus riche.

Au surplus, plus le disque avance, plus la longueur des morceaux s’allonge, partant d’environ quatre minutes pour terminer au-delà du quart d’heure. Comme souvent avec pareil registre, le musicien trouve évidemment matière à déployer son propos avec cette durée étendue. Quelques bruissements et crépitations continuent de s’entendre, reflets des captations réalisées de par le monde, mais l’adjonction des cordes, des accords de synthé, de rythmiques un peu lointaines et autres traitements permettent d’aller vers des contrées plus riches encore.

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13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Clutch: « Book of Bad Decisions »

Clutch est un combo de « alternative metal » qui vieillit mais ne perd pas de sa saveur (Book of Bad Decisions doit être son douzième album).

Usant toujours des sonorités old school (l’orgue Hammond !) pour rappeler combien les seventies étaient cools et n’hésitant pas à sortir des cuivres pour apporter un peu de funk (« In walks Barbarella »), les gars du Maryland assument leurs idées et sortent des sentiers rabattus par le stoner pour tâter du boogie (« Vision Quest »), augmenter la vitesse (« Weird Times ») ou la réduire considérablement (« Lorelei »).

Quinze titres, pas moins, quinze ambiances, quinze plages qui explorent un rock respectueux des aînés et démontrent qu’on peut être une institution et ne pas se reposer sur ses lauriers. Clutch nous livre ici un opus sans aucune mauvaise décision, un opus, tel son aigle, impérial.

***1/2

13 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur, On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cut Worms: « Hollow Ground »

Cut Worms est le projet musical du jeune auteur-compositeur-interprète et musicien venu de Brooklyn nommé Max Clarke qui est baigné dans les années 1960 comme l’atteste son premier album intitulé Hollow Ground.

Composé de dix morceaux, Cut Worms aura de quoi rivaliser avec Jacco Gardner et sa pop baroque résolument vintage et doucement psychédélique. Il n’y a qu’à juger les écoutes de l’introduction nommée « How It Can Be » pour s’en apercevoir sans oublier les arrangements martiennes des titres comme « Don’t Want To Say Good-bye » et la version retravaillée de « It Won’t Be Too Long ». On peut bien sûr compter sur la patte de Jonathan Rado de Foxygen à la production qui se fait ressentir sur des ritournelles rétro de « Till Tomorrow Goes Away » et de « Hanging Your Picture To Dry ».

Entre son interprétation rappelant quelque peu Bob Dylan des débuts et ses compositions sentant bon les virées nocturnes et lunaires, il n’y a qu’un pas chez Cut Worms. On peut aussi bien taper du pied sur « Think I Might Be In Love » et sur « Cash For Gold » que de planer à l’écoute de la romantique conclusion qu’est « Mad About You » prouvant que le natif de Brooklyn réussit plutôt bien dans son registre bedroom-pop aux allures 60’s. Hollow Ground est une plutôt bonne entrée en matière, et même bouffée d’air frais dans ce milieu bien concentré.

***1/2

13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Red Rum Club: « Matador »

Red Rum Club, c’est un combo composé de six musiciens originaires de Liverpool, ayant sorti un premier album original, mêlant rock et sonorités hispaniques. Original, Matador est pétri d’influences rares et de sonorités travaillées. Dans son line-up on trouve, chose rare, un trompettiste solo qui, dès le premier titre, donne un avant-goût de la puissance sonore, pour le moins survitaminée, du sextet.

« Angeline » combine ainsi riffs 60s et cuivres mais ce qui rend Red Rum Club intéressant, c’est aussi sa capacité à produire des morceaux variés tout en restant cohérent avec cette patte si spéciale.

À cet égard, « Would You Rather Be Lonely ? « pourrait presque nous faire penser aux Kooks, un titre pop et accessible où la trompette joue les premiers rôles. Red Rum Club par ses choix musicaux forts se démarque d’une scène alternative déjà très fournie. Et il semblerait que ces choix soient payants puisque le groupe a déjà entamé plusieurs tournées en Angleterre.

« V Said So « est dans la même veine, hymne pop ensoleill, en vanche, « Honey » est plus agressif. Red Rum Club navigue habilement entre rock nerveux et de l’alternatif plus abordable. Un des « singles » les plus en vogue de cet album, « Calexico », donne une belle image et résume parfaitement le style de ces garçons de Liverpool. Un beau clip, totalement dans l’esprit, illustre d’ailleurs le titre.

De par son originalité, Red Rum Club divisera. Mais la prise de risque est telle, leurs sonorités si spéciales, que le groupe apporte un nouveau souffle sur la scène alternative britannique. « Remedy (To A Dirty Soul) » et « Matador » fermront cet opus de façon assez impressionnante, avace une montée en puissance plutôt rare. . Une montée en puissance rare. On mentionnera par ailleurs, la qualité de la voix Francis Doran, leader de la formation, sur ce dernier morceau.

Red Rum Club fait un superbe démarrage ; il serait bien dommage de ne pas se laisser le temps d’écouter un tel « debut album ».

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13 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire