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Fan: « Barton’s Den »

Cela fait maintenant plus d’une décennie que The Dodos s’est installé confortablement sur la scène indie américaine. Trois ans après leur dernier coup d’éclat intitulé Individ, le duo californien s’était mis en pause afin de se ressourcer un peu. L’occasion idéale pour Meric Long, chanteur et guitariste du duo, de se lancer dans un side-project en solo intitulé Fan et un premier album s’en est suivi répondant au nom de Barton’s Den.

Fan nsoutient sur cet opus composé de dix morceaux que la vie fonctionne de façon cyclique. Barton’s Den va alors raconter comment Meric Long a vécu le décès de son père qui est survenu lors de la naissance de son premier enfant et en quoi cet ascenseur émotionnel a été le vecteur de ce disque.

Laissant de côté sa guitare au profit des synthétiseurs que lui a laissé son père, on se laisse aventurer par des contrées synthpop allant de « Bob1 » ainsi que son sequel qui se rejoint parfaitement au post-punk électronique de « Isn’t Love » en passant par « Intro of Light », « What A Mistake » ou encore le plus minimal mais touchant « Since I Find You ».

Barton’s Den se veut cathartique de bout en bout malgré quelques moments de lueur avec le plus enlevé « Velour ». Pour le reste, Fan arrive à nous montrer que sa versatilité avec ce side-project est tout aussi inventive et touchante qu’elle l’était dans son tinéraire avec The Dodos.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Crypt Trip: « Haze County

Si la pochette de Rootstock, le premier album du combo, était particulièrement neutre et sobre, le titre et celle de ce Haze County sont bien plus révélateurs du contenu de l’album. Celles et ceux ayant posé leurs oreilles sur Rootstock, ne seront pas surpris du contenu de ce nouveau disque du trio américain.

L’éclairage 60’s-70’s est présent ici dès l’habillage. Crypt Trip nous propose son hard rock 70’s pas linéaire pour un sou mâtiné de rock sudiste, de boogie, de fuzz et de passages planants. La guitare est souvent utilisée en slide ce qui n’est pas des plus déplaisant.

Après un court instrumental enjoué à base de slide et de guitare acoustique (« Forward »), « Hard Times » nous plonge dans un hard boogie dynamique et plein de changements (une constante comme je l’ai déjà dit). Les changements sont le fondement du très 70’s « To Be Whole » qui passe du rapide au lent et même jusqu’au planant.

On pourra donc suivre toutes compositions sur ce même schéma du rock hard et 70’s mâtiné de rock sudiste. Le chant est plus énervé sur « Truck Drivin’ Song », le court « 16 Ounce Blues » est un rock sudiste qui penche très fort vers la country, le groupe propose également un autre instru court en guitare acoustique et en slide (« Pastures »).  et l’énergique et mélodique « Gotta Get Away » permet à Cameron Martin, le batteur de se lâcher sur un solo.

Si on connaît déjà Crypt Trip, on ne va pas être particulièrement surpris mais le groupe donne une version à la fois old school et personnelle du hard rock stonerisé et sudiste avec ses chansons efficaces et à tiroirs. Quelqu’un qui aime le hard hérité des 70’s trouvera dans ce Haze County de quoi se régaler les oreilles.

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12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

David Gray: « Gold in a Brass Age »

David Gray, auteur compositeur folk à la voix d’or nous revient avec un album qui allie la profondeur du texte à la sonorité moderne très prisée du moment de l’électro-folk.

Fort de 26 ans de carrière et 11 albums studios, il trôné en haut des charts UK à la toute fin des 90s avec son plus grand succès White Ladder, un opus qui fut pour lui une porte d’entrée vers une reconnaissance dans tout le Royaume-Uni et aux États-Unis.

L’Europe, elle, n’a pas vraiment daigné s’arrêter sur cet artiste très authentique. Gold in a Brass Age, empli de maturité et moderne à l’oreille pourrait attirer l’attention d’un nouveau public. David Gray manie en effet le texte folk et le personnel à la perfection. Il a traversé la dernière double décennie à grand renfort de paroles profondes, traitant des aléas de la vie, toujours accompagné d’un piano particulièrement mélodieux et d’une guitare acoustique.

Ce dernier album marque une nouvelle étape :  l’ambiance se veut électronique, parsemée de samples en boucle et d’une rythmique assez décalée. La voix est moins profonde et les textes murmurent des réflexions personnelles basées majoritairement sur le temps qui passe.

Le titre d’ouverture est un peu trompeur : « The Sapling » muni d’une rythmique soul et de chœurs  féminins nous ouvrant l’appétit, ne sera pas suivi d’effet hormis, peut-être, le « single « A Tight Ship ».

Gold in a Brass Age commence à jouer avec les sons atypiques qui, mis en boucle, offrent un écrin minimaliste pour mettre en exergue la voix du chanteur. « Furthering » et « Ridiculous Heart » suivent dans cette tendance : on frôle l’expérimental, le rythme est cassé et des effets de légère distorsion se font alors entendre.

Retour à un chant et à un tempo plus affirmés avec « Mallory »,  le seul titre qui pourrait être exploité selon les critères FM, mais là n’est vraisemblablement pas le but de cet album. Un peu de guitare et de piano sur « Watching The Waves » et « Hall of Mirrors »reprendront, de leurs côtés, les ingrédients des succès précédents :de belles ballades munies d’une orchestration plus classique.

Au milieu de tout cela figureront « Hurricane Season, It’s Late » et « If 8 Were 9 » qui auront du mal à accrocher l’oreille car assez linéaires, mais cependant bien orchestrés.

Au final, il est difficile de déterminer l’identité musicale du tout. L’écoute de l’album dans l’ordre est délicat, car un sentiment de dilution se fait ressentir. Il conviendra de retenir son attention sur certaines compositions et de zapper certainses autres ; effort dont on pourra se demander si il est justifié et si il est en adéquation avec les goûts du public.

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12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Recent Arts: « Skin »

Le producteur Tobias Freund et la vidéaste Valentina Berthelon forment le duo Recent Arts, qui combinent magistralement images et son, créant un univers futuriste dérivant sur des nappes célestes aux allures de trou noir absorbant.

Skin est l’aboutissement de leurs recherches et de leur travail, axé sur la jonction des corps et les mouvements giratoires des esprits, mariant abstraction flottante et poésie avant-gardiste propulsée par le chant en suspension de Barbie Williams.

La beauté et la force de leur travail résident dans le mariage des Arts et des approches, la musique semblant devenir images et vice-versa.

Les ambiances déployées au fil des titres, installent un tissu de vibrations hypnotiques tissant leur toile d’araignée, piégeant l’auditeur via un minimalisme sombre qui percute nos sens sans prendre de gants.

Recent Arts fait danser les machines sur des mélodies soyeuses, tachées d’encre noire et de sang psychique à la dimension surnaturelle.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Euglossine: « Coriolis »

La musique Ambient Progressive au début des années 80 ressemblait à cela. En effet, les compositions de cet album du musicien Tristan Whitehill basé en Floride, ici sous le nom de Eugllossine, nous ramènent directement au son des synthés Casio et autres de cette époque, utilisés dans le jazz ou dans la pop.
La basse et la guitare sont au diapason pour nous replonger dans le son 80’s. Un bon petit disque aux ambiances exotiques douces et légères, très agréables.
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12 mars 2019 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Frankie and the Wich Fingers

Frankie and the Wich Fingers est un combo de quatre Américains que le sort a voulu réunis par la même passion : une certaine vision du psychédélisme, tout droit héritée des pères fondateurs du genre, à savoir 13th Floor Elevators, The Byrds ou encore Love.

Avec un style gravitant quelque part à la croisée des chemins de Temples ou de Tame Impala caractérisé par un savant mélange de pop psyché lo-fi, le groupe ne tarde pas à se frayer un chemin au travers de la jungle néo-psychedelique moderne, à grands coups de tubes lumineux aux influences sophistiquées fleurant bon la Californie des sixties.

À force d’hommages répétés à la mouvance hippie californienne, l’année 2017 est pour eux l’occasion de sauter le pas pour de bon. Le groupe s’installe alors dans la Mecque du psyché US, Los Angeles, et y enregistre After Glow, suivi l’année suivante par Visitors.

Seulement voilà, alors que les deux fondateurs du groupe (Dylan Sizemore et Glenn Brigman) en étaient encore à leurs balbutiements dans le midwest, l’idée d’un projet parallèle à Triptides, leur nom d’origine, germa progressivement dans l’esprit fécond des deux protagonistes. Étrangement baptisé Frankie and The Witch Fingers, celui-ci fut d’abord un prétexte pour délaisser quelque peu la pop délicate et raffinée qui les définissait, au profit d’un rock plus garage et instinctif, dont les rythmiques très soutenues et les éléments de surf rock ne sont pas sans faire écho à la tornade Oh Sees s’abattant sur la côte ouest au même moment.

En découle un album éponyme en 2015 et, trois opus plus tard, arrive Zam. Si l’on retrouvait dans ses prédécesseurs un côté garage lo-fi assez singulier, ce nouvel album se veut de manière générale beaucoup moins brouillon que les anciens. Les éléments garage/psyché/surf, bien que toujours présents, se voient ainsi plus contrastés, notamment par un chant moins noyé dans les distorsions et autre fuzz qu’auparavant. De la même manière, les basses sont plus rondes et la batterie plus percutante que jamais, tout cela contribuant à apporter plus de relief et d’équilibre au rendu final. L’entame « Dracula Drugs » pose à elle seule de solides bases : une introduction des plus progressives où l’on distingue à peine quelques notes de guitares semblant flotter en apesanteur, avant que la batterie nous fasse glisser avec elle sur un terrain de plus en plus mouvant, le tout débouchant sur un refrain carnassier à la rythmique diablement efficace sans que l’on ait le temps de se douter de quoi que ce soit.

Rarement une entrée en matière aura été aussi réussie : on en redemande et on engloutit l’album comme si de rien n’était. « Work », « Pleasure », « Underneath You » ; autant de pépites qui n’ont rien à envier à la bande de John Dwyer. Frankie And The Witch Fingers marque ici un tournant majeur dans l’évolution de son rendu, en se hissant encore un peu plus haut dans la maîtrise de la technique et des rythmes. Tornades de guitares électriques, envolées de basse stratosphériques, synthétiseurs totalement barrés, batterie explosive… Force est de constater que le groupe réalise ici un véritable exploit, et l’on espère qu’il continuera sur cette lancée en nous propulsant avec lui dans son univers déjanté dorénavant à des années lumières de celui de Triptides.

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12 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Adam French: « The Back Foot And The Rapture »

Chanteur et songwriter venu du South London, Adam French se lance avec un premier effort touchant et traversé de très belles mélodies. En écoutant quelques compos d’Adam French, on se dit qu’on est encore en présence d’un énième songwriter qui, guitare à la main, nous conte des histoires intemporelles plantées sur des jolies et douces mélodies déjà entendues des centaines de fois. Et pourtant, on s’étonne à leur trouver toujours quelque chose de différent, une sensibilité particulière, un sens de la mélodie. A 8 ans, Adam French reçoit sa première guitare. Passionné de musique, il va d’abord se faire les dents avec quelques uns de ses pairs, tournant dans quelques villes. Le style est radicalement différent : avec des amis, c’est plus des sons de l’ordre de Nirvana ou Queens of Stone Age qui sortent sur scène.

Et le voilà aujourd’hui, avec un folk doucereux, compilation de tribulations et d’expériences diverses, doublé d’un certain sens de la poésie et de la mélodie. Dès le premier titre, « Weightless », on croit entendre James Bay. Et le morceau est beau, très touchant. Sur ce premier album, Adam French laisse parler sa sensibilité, sa vulnérabilité. Avec « The Only Living Thing », il évoquera l’importance d’avoir un autre être à ses côtés tout en faisant allusion à des sujets comme les troubles mentaux ou la solitude et « My Addiction » le verra parler d’amour avec une sincérité désarmante.

A la manière d’un Tom Odell ou Ed Sheeran à ses débuts, Adam French sert des mélodies enivrantes sur des textes à la première personne. Quand bien même c’est imparfait, le jeune homme assume, reprenant dans son album de vieux titres comme « More to Life » et « Ivory » qu’il avait sortis cinq ans plus tôt. Seul le titre « Coco » fera, ici, office de nouveauté, offrant ici un refrain entêtant sur une rythmique un peu plus dansante.

Epaulé par l’expérience en la matière de Richard Cooper (producteur et mixeur à qui on doit le Wrong Crowd de Tom Odell ou Curve of the Earth de Mystery Jets), Adam French prend des risques, autant dans la manière (« Weightless » qui a été enregistré live et en une prise), les sonorités rxpérimentales (« You From The Rest » qui lorgne vers du Radiohead) ou dans les textes (le percutant « Wanna Be Here »). Il laisse également parler le charme guitare-voix sur un très beau « The Rat » (reprise de The Walkmen) ,accompagnétd’un violoncelle discret.

Entier et sincère, ce premier essai est une jolie réussite pour un artiste ayant une soif de grandir et d’apprendre et capable d’aller plus loin que son territoire londonien.

***1/2

12 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire