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Whitechapel: « The Valley »

Depuis 2006, les Américains de Whitechapel n’ont eu de cesse de remuer la scène Deathcore à travers leurs six albums, le dernier en date étant Mark of the Blade (2016). Trois ans plus tard, c’est avec The Valley qu’ils reviennent à la charge avec une énergie débordante et une maîtrise musicale incontestable.
D’abord atmosphérique, le titre d’ouverture « When A Demon Defiles A Witch » ne tarde pas à se transformer en tourmente infernale qui emporte presque de force l’auditeur dans l’univers multiple de Whitechapel proposant une alliance scream-chant clair sur une ligne de batterie effrénée signée Ben Harclerode. Frénétique et fou, « Forgiveness Is Weaknes »’ nous rappelle que ces envolées mélodiques ne sont pas ce sur quoi le groupe s’est forgé une réputation. En effet, c’est un déferlement de violence pure agrémentée d’un groove très efficace qui s’abat sur nous ; l’effet en live promet d’être dévastateur !

Lancinant et hypnotique, « Brimstone » apportera son atmosphère glauque et grouillante avec une maîtrise et une expérience qui ne sont jamais prises en défaut prouvant, en outre, qu’un morceau lent peut être bien plus violent, à sa façon certes, qu’un titre fougueux. Whitechapel est dans la démonstration de ses capacités, flirtant avec le brutal, sans pour autant déroger aux règles du Deathcore : guitare et distortion.


Plus loin, ce seront les guitares de Ben Savage, Zach Householder et Alex Wade qu’on retrouvera sur l’introduction planante de « Hickory Creek ». La proposition en chant clair du frontman a des accents de Slipknot dans leurs titres les plus doux et on salue cette performance en retenue et d’une grande pureté. Malgré son apparence simple, « Black Bear » mettra sous couvercle ce qui s’avèrera être un déchaînement de violence nourri en grande partie par une ligne de basse groove et entraînante. Plus sec, « We Are One » convaincra les amateurs d’un genre plus old school et moins préoccupé par l’aspect mélodique puisque c’est bien la rythmique, entre break et rapidité militaire, qui guide toute la proposition musicale. Le scream joue entre les aigus et les graves avec une facilité déconcertante. Arrivera ensuite « The Other Side », composition plus complexe et nuancée, encore une fois servie sur un plateau d’argent par un combo qui l’exécute sans faille.
Introduction dans les graves, à la basse, et réponse vocale en douceur de Phil Bozeman qui se contrôle pour mieux se laisser aller par la suite sur « Third Depth ». La qualité du morceau passera en grande partie par ce contraste permanent entre une ligne instrumentale sobre et des vocaux éructés. Retour à une ambiance plus sombre et chaotique où la batterie domine des guitares et une basse bourdonnantes sur « Lovelace » ; le hurlement laisse sa place à une demande d’aide à la scansion brutal et un groupe totalement absorbé par sa performance, entièrement investi et engagé avec une énergie ancore plus vraie que vraie.

« Doom Wood »’, la dernière chanson de l’album, arrive amors bien trop tôt, un constat qui impose cette conclusion que Whaitechapel n’a pas oeuvré en vain et que The Valley est le disque le plus abouti d’un combo qui défie les règles du genre avec intelligence, inspiration et créativité.

****

10 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hozier: « Wasteland ,Baby! »

Hozier n’est pas l’auteur de Take Me To Church pour rien. L’homme chante comme d’autres prieraient. avec ferveur, transport et passion comme ce duo Nina Cried Power », avec Mavis Staples.
Le « single » « Almost (Sweet Music) » et sa rythmique tout en contretemps perpétuent ce même registre avec sat sa rythmique tout en contretemps rendraiet fou un métronome. C’est un nouveau succès, porté par des orgues gras et des chœurs. Un morceau qui confirme que l’inspiration de Hozier, loin de s’être tarie, semble s’être régénérée en puisant directement à la source du blues, du jazz et de la pop. Bien lui en a pris, de prendre un temps de quatre ans  et d’éviter de s’afadir.
La ballade « Movement » affichera une subtilité renversante ; démarrant comme une ballade au beat R&B lourd, elle explosera dans un final à faire pleurer. La très réussie « No Plan » et son riff quasi-stoner évoqueront des Arctic Monkeys qui se seraient acoquinés avec des schémas groove.

Plus loin, on retrouvera ce goût pour un blues lourd avec « Talk », l’épuré et gospel sur un « To Noise Making (Sing) » à l’élévation quaisment mystique.

Ailleurs, ce seront des ballades acoustiques en accords ouverts, la cinématographie avec « As It Was », « Shrike », » Would That I » et « Wasteland, Baby! », qui emprunteront au folk anglais et sonnerontt comme du John Martyn ou un Bert Jansch sous stéroïdes. Le tout semble joué par un groupe de soul mutant et est produit avec bon goût et une puissance sonique indispensable capables de déchirer toutes les étiquettes.
Le talent de Hozier est de proposer une musique complexe sans jamais être cérébrale, généreuse sans jamais être outrancière, référencée mais qui n’oublie jamais d’être originale. Il confirme, avec « Wasteland, Baby! « qu’on a affaire avec lui à un oiseau rare, chanteur à l’organe grand comme un orgue polyphonique et songwriter intelligent et idiosyncratique. Si l’ensemble est plus convaincant que son premier album, peut-être aurait-il fallu laisser de côté deux ou trois chansons un léger cran en dessous (« Nobody, Be », « Dinner & Diatribes ») pour ne pas casser le momentum de la deuxième partie d’un album par ailleurs franchement réussi.

****1/2

10 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Vola: « Applause of a Distant Crowd »

Tool ayant retardé la sortie d’un nouvel album, pourquoi ne pas se pencher sur un de ses épigones, à savoir Vola et son opus Applause of a Distant Crowd ? De groupe « à suivre » il y a 2 ans lors de la sortie de Inmazes ils sont devenus les rois du genre « progressif » ce qui se fait de mieux dans le domaine du rock/métal/alternatif qui joue avec les structures et les sons.
Pour cela, il faut plonger en apnée dans un monde où tout est maîtrisé ; les moindres coups de baguette ou de médiator, les plus petits mots, chaque tonalité, chacun des effets, tous les arrangements, rien n’est dû au hasard, tous les sons s’assemblent pour nous emmener au-delà de simples morceaux de musique.

Très rares sont les albums qui procurent autant cette sensation de bien-être,Applause of a Distant Crowd est de ceux-là. Les silences, les relances, les distorsions, les breaks, les samples, les éclaircies, les choix d’instrumentation, tout s’y emboîte comme dans un rêve, comme s’il n’y avait pas d’autres moyens, d’autres notes possibles à enchaîner,ets qu’on ne ne puisse signaler rien d’autre que ce sentiment de perfection absolue qui anime les dix plages composées par les Danois.

Chaque écoute permet de vivre et savourer ces moments, que ce soit l’introduction de « Ghosts » ou la lumière que porte la voix d’Auger Mygind qui se mêle avec toutes les parties instrumentales. Elle y apparaît douce, limpide, cristalline, toujours harmonieuse même quand sa guitare se déchaîne( « Smartfriend », « Whaler » ») ou quand l’ambiance est marquée par l’électronique (« Alien shivers »), elle agit comme un phare dans la tempête, toujours droite et lumineuse (« Applause of a Distant Crowd »).
On est , ici, au-delà du coup de cœur pour cet opus ; le langage, la traduction en sont essentielles, nécessaires… Ne reste plus alors que l’écouter avec ce qu’il faut sur les oreilles pour en saisir toutes les nuances.

10 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Unloved: « Heartbreak »

Le trio Unloved avait fait ses premiers pas avec un « debut album » intitulé Guilty of Love était passé inaperçu . La chanteuse Jade Vincent ainsi que ses deux compères David Holmes et Keefus Ciancia y proposaient une musique cinématographique, et c’est dans cette même optique que le groupe mi-californien mi-irlandais fait son retour avec Heartbreak.

Entretemps, David Holmes et Keefus Ciancia ont composé pas mal de musique pour la crème de la crème dans le monde du 7ème art et c’est dans ce climat que l’on plongera ici avec un univers atmosphérique où leur pop psychédélique cinématique étonne à travers des morceaux à l’image de « Love », le mélancolique « Bill » et « Lee ». Avec la voix de velours de Jade Vincent proche de celle de Lana del Khey qui chante les chagrins d’amour sous toutes ses formes, le groupe semble avoir tout appris de la part de Portishead, MacAlmont and Butler ou bien même Hillary Woods sur des ambiances dramatiques de « (Sigh) », « Devils Angels » mais également de « Love Lost ».

Etienne Daho a craqué pour le groupe, à tel point qu’il pose sa voix sur « Remember » avec son intro quasi hip-hop avant de plonger dans des ambiances 60’s à la Burt Bacharach et on retrouvera également Barry Woolnough sur les accents 80’s de « Danger ». Pour le reste, Unloved se singularisera par ses cordes frémissantes et les chorales fantomatiques qui feront frissonner l’auditeur sur « Crash Boom Bang » et « Boy and Girl ».

S’achevant sur un poignant « If », le trio tire son épingle du jeu avec une sens de la démesure excetionnel, cinématisant avec précision sa musique bien immersive propre à nous faire remettre de nos hagrins d’amour.

***1/2

10 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lomelda: « M For Empathy »

En 2017, Hannah Read, alias Lomelda, avait généré un enthousiasm certain avec son album Thx. Très vite, l’auteure-compositrice-interprète de Brooklyn est sortie de son cocon et a emménagé à Silsbee, dans le Texas, et pour remercier ses fans de son soutien, voilà qu’elle revient avec un nouvel album surprise nommé M For Empathy.

Voici donc onze courts morceaux indie folk ne dépassant jamais les 2 minutes (excepté la langoureuse « M For Me ») où Lomelda continue d’ouvrir les portes de son jardin secret et raconte à quel point sa vie a bousculé depuis la parution de Thx. Composé entre deux tournées avec Snail Mail et Frankie Cosmos, on se laisse de nouveau emporter par tant de grâce et d’allégresse dans la voix sirupeuse d’Hannah Reid et de son jeu de fingerpicking qui prime sur « Talk », « Bunk » ou « Tell ».

Définitivement à l’aise dans son registre folk avec « So Bad, 1 Girl » et « So Bad, 2 Care », elle réussira à nous toucher avec des instrumentations plus étoffées sur « Bust » avec son piano cacophonique entre autres. Moins bedroom-pop et plus indie folk que dans le passé, Lomelda fait donc le tour de son intimité en 16 minutes. Court certes, minimalitse même mais touchant à défaut de générer à nouveau une empathie totale.

**1/2

10 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire