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Foals: « Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 1 »

Foals continuent leur métamorphose avec le premier opus d’un diptyque d’ores et déjà mémorable, Everything Not Saved Will Be Lost. On les avait laissés au sommet avec un What Went Down poursuivant à merveille l’exploration des territoires musicaux défrichés sur Holy Fire. Une tournée qui a amené le quintet en tête d’affiche des plus grands festivals du monde. Puis le départ de leur bassiste , la nécessité d’introspection et le challenge complexe de revenir à ce sommet, dans une industrie digérant la musique à une vitesse folle ont forcé le groupe à remodeler son approche.

Enregistrant dans un studio à deux pas de leurs domiciles, les musiciens ont abordé l’identité sonore de Foals sous un nouvel angle, retravaillant leur processus créatif, composant titre sur titre, élaguant, jusqu’à un constat évident : cet album sera en deux parties. Se présente alors ce Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 1, expérience que le groupe nous invite à apprécier, à digérer; mais dont nous savons que la vraie ampleur ne sera révélée qu’avec l’écoute, différente et complémentaire, de sa seconde partie.

Ce Everything Not Saved Will Be Lost premier du nom révèle des sonorités ambitieuses et inédites, facettes insoupçonnables d’un groupe affinant des compositions toujours plus inspirées. Une impression évidente dès l’aérienne introduction « Moonlight », renforcée de nappes électroniques synthétiques évidemment séduisantes. « Be lightweight », répète un ensemble qui survole le titre avec une apparente aisance, aisance à laquelle nous ne pouvons que nous plier.

De là, Foals dévoilent petit à petit un kaléidoscope sonore frappant de sincérité et de puissance. Que ce soit sur un « Exits » toujours aussi palpitant, partageant un rythme irrésistible avec un « In Degree »s aux basses trépidantes, ou au détour d’un rock et implacable « White Onions », nous sommes voués à laisser Foals se déchaîner et propulser ses compositions de plus an plus haut, sachant tout aussi bien construire la tension (« In Degrees » et son climax insoutenable) que la maintenir constamment (« White Onions », qui ne décolère pas à un seul instant).

Si ces morceaux se tiennent aussi bien musicalement, ils sont évidemment aidés par une production incroyablement raffinée, profitant des expériences tentées sur What Went Down. On le perçoit notamment sur un « Cafe d’Athens » brillant et regorgeant de subtiles sonorités, à la signature rythmique évoquant les heures les plus expérimentales de Radiohead. Une expérimentation qui vient se fracasser contre un hit évident, « On the Luna », expérimentation améliorée qu’on jurerait issue de Total Life Forever, ou encore sur un « Syrups » jouant la carte de l’apaisement et de la délicatesse pour finalement s’emballer dans une outro des plus apocalyptiques.

Si soniquement, Foals s’amusent à jouer sur deux vitesses, les paroles de Yannis Philippakis se révèlent plus mélancoliques que jamais. Des visions de destruction de la conclusion de « Syrups « au combat désespéré de « White Onion »s en passant par la succession de vibrants souvenirs de « On the Luna », le parolier livre ici des textes bruts, personnels et forcément touchants, qui traversent leur coquille sonore pour éclater aux oreilles de l’auditeur. Une émotion dévastatrice synthétisée dans la conclusion « I’m Done With the World (& It’s Done With Me »), ballade piano voix dépareillée de toutes fioritures, sonnant comme la fin d’une ère.

Cet adieu au monde ne se fait pas, comme espéré, sans une ultime célébration; « Sunday » sera une ultime ode à la félicité emplie d’espoir et de puissance. Une dernière danse avant l’apocalypse, un dernier climax instrumental et vocal avant de quitter la civilisation. Le ciel peut bien prendre feu, l’océan peut bien nous engloutir, la nature peut bien se rebeller contre l’espèce humaine, les « oiseaux continuenet de chanter »,; d’ici là, Foals s’affirment encore et toujours comme un combo essantiel pour mainres générations et pas seulement la sienne. Rendez-vous pour la partie 2.

****1/2

9 mars 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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