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Holiday Ghosts: « West Bay Playroom »

Si les sorties précédentes des Holiday Ghosts avaient déjà aiguisé nos appétits, le groupe de Falmouth, modeste ville portuaire du sud de l’Angleterre, confirme brillamment, c’est le moins que l’on puisse écrire, tout le bien que l’on pensait d’eux. Ici, pas de titre supérieur à trois minutes mais une avalanche de brûlots pop, déversés à la mode Do it Yourself, avec un soupçon de garage mélodique.

Emmené par Sam Stacpool, transfuge des Black Tambourines auquel est venue s’associer Katja Rackin qui vient féminiser des voix très efficaces, et deux autres musiciens qui n’en sont pas non plus à leurs premiers faits d’armes, l’équipe ainsi constituée évite avec panache les lourdeurs que d’autres moins aguerris auraient pu commettre par manque d’expérience.

Le combo synthétise ainsi le meilleur de ses influences (on pense à The Clean, aux Modern Lovers mais aussi au Monochrome Set) avec une énergie non feinte (que devraient lui envier beaucoup de ses collègues), des refrains accrocheurs, et un lead guitar en pleine forme. Les trouvailles ingénieuses de Holiday Ghosts ne versent pour autant jamais dans le recyclage, et on en vient à allumer des cierges pour que la même virtuosité soit déployée sur scène.

Leur pop sautillante (« Sleep, sleep, sleep », « Chumps », « Stuck Here ») se marie avec élégance à des morceaux plus tendus (« Low Flying Bird », « Take Head »), sans renier des plages instrumentales (« Cobra ») qui n’ont rien à envier aux pistes chantées. Il serait surprenan que nos fantômes ne soient pas privés de vacances ; c’est en tout cas tout le mal qu’on peut leur souhaiter.

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7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nkisi: « 7 Directions »

Née en République Démocratique du Congo, Nkisi a grandi en Belgique avant d’émigrer à Londres. Ces changements géographiques et culturels ont certainement eu une incidence sur la création de celle qui est aussi,  la co-fondatrice du collectif NON Worlwide.

7 Directions respire superbement la transe héritée des rythmiques africaines, qui vous transporte du coté de cette animalité intérieure, que la musique révèle sur les pistes de danse.

Nkisi conjugue les éléments avec élégance, enrobant de nappes évanescentes une production enracinée dans des énergies telluriques qui font vibrer nos sens et respirer notre intellect.

Expérimentaux de par leur façon naturelle de marier les cultures, les sept titres qui composent l’album forment un tout synergique, concentré vers un futur en mouvement, sur lequel plane les fantômes de la culture bantoue aux migrations constantes, répartie sur le continent africain et réunie par les langues.

Les sonorités organiques des rythmiques contrastent avec l’électronique, tout en élaborant un monde singulier qui doit autant à la culture occidentale qu’à son héritage africain, proposant un univers complexe à l’approche hypnotique, qui voit éléments gabber et techno indus se diluer dans des marées de mélodies venimeuses, surgissant de jungles luxuriantes auréolées de puissance et de légèreté.

***1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Silk Road Assassins: « State Of Ruin »

Le premier album de Silk Road Assassins, auteur de deux 12″ auparavant, vient ici explorer la frontière entre electronica et grime, entre capacité à proposer des rythmiques syncopées et travail moins appuyé sur les nappes, voire les mélodies.

Avec leurs morceaux ramassés autour des trois minutes, les Anglais mettent en avant leur désir d’aller droit au but, envoyant souvent les pulsations dès le début du titre, amenant l’auditeur à hocher la tête en cadence (« Familiars », « Taste Of Metal »). En parallèle, quelques accords et éléments chromatiques parcourent donc l’album, comme autant de touches plus colorées apportées en contrepoint de l’aspect plus urbain et déstructuré des rythmiques (« Split Matter », « Bloom », « Saint », « Blink »).

Sans avoir recours à des incursions vocales, le trio britannique sait aussi introduire des composantes assez voisines dans leurs sonorités, comme des petites bribes façon onomatopées (« Bowman »).

La participation des Russes WWWINGS donne, en creux, une idée de ce qu’aurait pu être State Of Ruin si les Anglais s’étaient laissé aller à ne privilégier qu’une approche saturée (dans le traitement des rythmiques, mais aussi dans l’occupation sonore). Fort heureusement, Silk Road Assassins a donc fait le choix de procéder de manière plus fine, moins martiale, dosant subtilement ses effets.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Locate S,1: « Healing Contest »

Locate S,1 est le nom du side-project de la jeune musicienne originaire d’Athens nommée Christina Schneider qui nous offre une musique pop expérimentale bien arty pour la moins originale.

Pour ce premier disque en effet, Locate S,1 peut se vanter de s’offrir les services d’un certain Kevin Barnes qui n’est autre que le cerveau fou d’Of Montreal et, à cet égard, il est clair que, lorsque deux cerveaux fous et créatifs se rencontrent, on peut s’attendre à tout.

Ici ce sera une approche originale qui se manifestera avec des titres qui font des étincelles, par exemple « Owe It 2 The Girls » qui ouvrira le bal.

Dès lors, l’univers musical de Christina Schneider est parfaitement avec des morceaux allant de « Manrico’s Abyss » au groovy « The Count Of Monte Critico ».

Hormis ces deux pistes, Locate S,1 étonne avec sa voix onirique et ses ambiances psychédéliques sans compter sa large palette musicale allant du progressif sur « Free Luck » à la pop spatiale avec « From The Nun ».

Les arrangements riches en surprise font de ce Healing Contest une curiosité musicale pour la moins puisqu’elle se conclura par des allures jazzy de « 2 Cents Below 6 » comme pour parapher le fait que ce qui est issu de la ville d’où vient REM sort toujours de l’ordinaire.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Brant Bjork: « Mankind Woman »

Pas facile de se renouveler quand on s’appelle Brant Bjork. Pour cet énième album solo co-écrit avec son pote Bubba Dupree et la participation d’autres vieux amis comme Nick OLiveri Armand Secco Sabal et Sean Wheeler, l’ex-batteur a décidé de particulièrement soigner les sons et de mixer le distordu au flamboyant pour un résultat de grande intensité.

Sur une base stoner, sl’artiste s’habille d’un peu de psychédélisme mais va surtout chercher dans le blues et une ambiance sixties/seventies, celle de Woodstock où bons nombres d’inspirateurs de cet opus étaient réunis sur scène (Jimi Hendrix, Santana, Grateful Dead, Crosby, Stills, Nash and Young ou encore Jefferson Airplane).

L’ensemble sonne donc moins « desert rock » malgré la couleur particulière de sa guitare et offre un voyage dans le passé un peu plus lointain que celui de Kyuss, nous permettant de sortir quelque peu de ses schémas classiques et de nous faire plaisir avec les percus et les effets («Swagger & Sway ») . La donne est ainsi changé et c’est pour le mieux.

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7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Exitmusic: « The Recognitions »

En 2012, Exitmusic était sorti des sentiers battus avec son album Passage qui fut, à l’époque comparé, à des groupes qui battaient le haut du pavé, Beach House par exemple. Suite à cela, le duo formé d’Aleksa Palladino (chant) et de Devon Church (instruments, production) s’est séparé pendant un petit moment. De l’eau ayant coulé sous les ponts et ayant renoué, ils reviennent avec un nouvel opus The Recognitions.

Fort heureusement, ils n’ont rien perdu de leur alchimie car ils nous offrent un condensé de dream-pop hanté et dense à travers ces neuf nouveaux titres.

S’ouvrant sur un « Crawl » des plus impressionnants, la voix d’Aleksa Palladino se fait tantôt douce tantôt rugueuse mais toujours aussi émouvante. Dès lors, l’atmosphère prend une teneur toujours aussi pesante sur des morceaux allant de « Iowa » à « Criminal » en passant par « Closer » qui prend de l’ampleur ou encore « To The Depths » et le plus lourd « I’ll Never Know » menant l’auditeur dans des contrées plus sombres.

Exitmusic se sont retouvés comme musiciens et on pourra même se hasarder à dire qu’ils se sont reconnus ; constatationt plus qu’adéquate si on considère le titre de leur album.

***1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Angel-Ho: « Death Becomes Her »

Artiste trans originaire du Cap en Afrique du Sud, co-fondatrice du collectif NON Worlwide aux cotés de Chino Amobi et Nkisi, Angel-Ho sort un premier album ébouriffant, Death Becomes Her, sur le très pointu label Hyperdub.

La musique expérimentale déployée par Angel-Ho, impose une personnalité hors-norme, qui confronte le hip hop et la post-pop avec une brutalité sans détour, faisant voler en éclat la poésie tordue d’un Arca, agrémenté de r’n’b glamour et enrobé du dancefloor avant-gardiste d’une Sophie.

La voix prend ici une dimension particulière, portant fièrement les mots d’une Diva en quête de reconnaissance, ne fuyant pas les extrêmes et cherchant à provoquer chez l’auditeur le questionnement de l’identité dans l’Art aujourd’hui.

Death Becomes Her s’affranchit des codes et fait tomber les barrières de par sa volonté et son exigence, s’extirpant brillamment des pièges de la provenance, pour sonner comme un opus aux frontières internationalistes, au corps élastique et à la plastique provocante. Un must.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Potty Mouth: « Snafu »

En 2013, Potty Mouth était venu casser la baraque avec un premier album intitulé Hell’s Bent. Le trio pop-punk californien 100% féminin montrait qu’elles avaient plus de verdeur que certains de leurs collègues masculins avec es compositions musclées et sentant bon l’âge d’or du genre (des années 1990-2000). Six années se sont écoulées et elles passent à la vitesse supérieure avec leur second disque intitulé Snafu.

Le trio mené par Abby Weems (chant, guitare) n’a rien perdu de sa rage et de son entrain. Les deux premiers morceaux qui ouvrent ce Snafu que sont « Do It Again » et « 22 » fermeront les bouches à ces préjugés misogynes pensant que les filles ne possèdent pas de hargne. Et pourtant avec des riffs bien agressifs et une section rythmique bien rentre-dedans, Potty Mouth ne fait jamais dans la dentelle que ce soit sur « Liar », « Massachusetts » ou bien même sur « Smash Hit ».

Alternant tueries pop-punk avec une batterie allant à 200 à l’heure comme un rouleau compresseur (« Fencewalker », « Dog Song ») et morceaux plus mid-tempo (« Starry Eyes », « Pleastic Paradise »), Potty Mouth étonne par son énergie grungy dévastatrice. Chantant le temps qui passe et le fait de vieillir qui les paralyse en passant par les relations sociales qui plombent les êtres, les Californiennes nous offrent un condensé plutôt percutant et homogène. Pour ceux qui cherchent du pop-punk qui tabasse comme avant.

**1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sundara Karma: « Ulfilas’ Alphabet »

Un peu moins de 2 ans après la sortie de son premier album, Sundara Karma revient avec une deuxième création studio aussi jouissive que surprenante: Ulfilas’ AlphabetOn l’attend autant qu’on le redoute ; le cap du deuxième album des groupes d’indie rock reste une étape déterminante pour la suite de leur aventure musicale. Sundara Karma était attendu au tournant après un premier album  Youth is Only Ever Fun in Retrospect  indie-pop plutôt acclamé en 2017, la presse poussant la comparaison jusqu’à U2 et Arcade Fire. Pas forcément facile d’assumer un tel statut, et de sortir de l’ombre de tels grands noms ou de leurs collègues de Two Door Cinema Club et Bastille pour lesquels ils ont assurer les premières parties.

On avait pourtant été vite rassurés par les premiers « singles » du quatuor de Reading. Aussi diverses qu’imaginatifs, l’écueil de la répétition s’était déjà bien éloigné. C’est le point fort de cette création studio : le groupe a fait fi des attentes médiatiques pour évoluer loin des clichés et des attentes posées hâtivement sur leur premier album. Ulfilas’ Alphabet nous emporte dans l son propre univers, celui d’un combo, construit petit à petit depuis 2011 et qui ne cesse d’évoluer. Au premier coup d’œil à la pochette, colorée, audacieuse et joyeuse malgré les squelettes, on comprend dans quelle direction part l’album. Le titre annonce d’entrée une plongée dans l’univers gothique et religieux (Ulfilas une personnalité du christianisme ancien, il serait l’inventeur d’un alphabet pour traduire la bible au Goths, dans leur propre langue), et repris par le clip « The Chanegover ».

De l’entrée dissonante de « A Song for my Future Self » succèdera la guitare acoustique et la voix posée d’Oscar Pollock sur l’irrésistible » single » qu’est « One Last Night on This Earth », le disco psycédélique de « Higher States » ou à la basse rappelant Queen of the Stone Age sur« Rainbow Body ».

Le groupe pioche dans d’innombrables influences et styles avec maturité et joie et c’est cette capacité à les marquer de leur empreinte qui permet d’en faire un album jubilatoire et d’en retenir une harmonie perceptible à chaque écoute. Une réinvention dont l’aisance est confondante.

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7 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Little Simz: « Grey Area »

Du haut de ses 25 ans, Simbi Akijawo alias Litthe Simz, tape un grand coup avec le sortie de son troisième album, Gey Area. Dix tracks en forme d’uppercut qui claquent dans les oreilles avec son flow mitraillette et ses basses grondantes.

Plus direct et incisif que ses précédents albums, Grey Area réussit la prouesse d’allier modernité groove et tradition soul, offrant un hip hop chaleureux qui voit les influences jazz vibrer sur des rythmiques chaloupées sur lesquelles les mots vibrent de toute leur splendeur.

Il y a du Kendrick Lamar chez la jeune anglaise, avec qui elle partage le gout pour les

ambiances travaillées appuyées par des mots qui frappent forts et justes, alternant instants de fragilité et impétuosité virevoltante. Les ambiances musicales construites à coups de samples tirés de productions seventies, offre une couleur intemporelle qui fait de Grey Area un futur classique du genre, en espérant que cette fois le public ne passera pas à coté du talent brut d’une des plus brillantes Maîtresse de céréominies de ces dernières années.

***1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire