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Original Past Life: « Inference/Interference »

On avait déjà fait connaissance de Adam Trainer que moitié du duo Gilded, auteur d’un disque paru en 2012. Le bassiste s’exprime à présent au sein d’un autre groupe, Original Past Life, dont le nouvel album nous arrive avec une formation de type guitare-basse-percussion, agrémentés de synthés et d’électronique. Le trio nous y propose le résultat de sessions d’enregistrement largement improvisées, dans un registre entre free jazz et expérimentations.

La durée variable de chacun des neuf morceaux d’Inference/Interference permet aux trois musiciens de moduler les atmosphères, entre moments plus enlevés, voire légers, quand la cymbale se trouve frappée métronomiquement (« Infinity ») et passages nettement plus sombres, quasi-plombés par les guitares saturées ou par les interventions des percussions très métalliques. À d’autres instants, le propos se fait plus dépouillé, concentré sur un échange entre six-cordes triturée et frappes éparses sur la batterie (« Taken By Gauze »).

On frôle alors une forme de doom-jazz pas si repoussant que l’intitulé stylistique pourrait le laisser supposer, tant la noirceur des nappes et traits lancinants de guitare s’accorde bien avec les rythmiques free jazz. Plutôt intéressant, le travail d’Original Past Life prend certainement davantage d’ampleur en concert, l’écoute sur disque étant un peu trop réduite pour pleinement apprécier les rec

6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

RF Shannon: « Trickster Blues »

Venu tout droit de Lockhart, dans le Texas, l’auteur-compositeur-interprète est du genre à mêler les influences R&B/soul rétro sur ses compositions blues-folk psychédélique aériennes et ce Trickster Blues ne déroge pas à la règle.

Il n’est que de se laisser mener par la délicatesse des compositions et des arrangements dénués d’artifice dominant sur des titres comme la parfaite entrée en matières qu’est « Tooth Ache » mais également « Cold Spell » et « Gates of Paradise ».

Avec ces huit morceaux, on ferme les yeux et on se laisse emporter par ces morceaux planants menés par la voix douce de RF Shannon qui ne demande que l »uxe, calme et volupté ». Trickster Blues nous mènera tout droit dans un désert comme l’atteste « Badlands », « Black Madonna, So Divine » ou bien même la conclusion nommée « Silver Woman ». Un peu de tendresse qui ne fera aucun mal ne fait pas de mal dans le monde tel qu’il est.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mike Donovan:  » How To Get Your Record Played In Shops »

Mike Donovan semble s’éclater depuis la séparation de son groupe Sic Alps. Le musicien a eu le temps de former un autre groupe, The Peacers mais c’est en solo qu’il a l’air de mieux s’épanouir et c’est d’ailleurs à ce titre qu’il revient avec How To Get Your Record Played In Shops.

S il est clair que l’on sent une influence digne de The Peacers sur des titres résolument garage-rock comme l’introductif « Great Unknowing », pour le reste, Mike Donovan se contente d’arpenter différents chemins comme les accents bluesy spleenesques de « Sadfinger » et de « Sugar Shaker » ou plus grungy avec « 3 Track Seizure » et « Top Shop » avec ses accords rappelant quelque peu les heures de The Peacers.

Avec son esthétique lo-fi, Mike Donovan ne révolutionnera peut-être pas la donne avec son dernier album mais saura la faire résonner plaisamment à toute oreille attentive.

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Turtlenecked: « High Scores Of The Heart »/ « Springtime In Hell »

Après Vulture ce combo de Portland n’avait pas l’intention de s’arrêter en chemin. Le voici de retour avec High Scores Of The Heart / Springtime In Hell, huit titres Turtlenecked continue à faire muer son art-pop comme l’atteste des morceaux comme « Knocked Down By Another Ghost », « Underwear » ou encore « To-day » où les synthés priment abord sur les guitares.

Le groupe de Portland est du genre à mêler emo et influences plus synthétiques sans que cela choque qui que ce soit et le fait plutôt bien sur « Friends, Romans, Countryboyz » ou bien même sur les vibes 80’s de « Centerfold ». Ça peut choquer les aficionados mais au final, High Scores Of The Heart étonne pour son inventivité

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

DMA’s: « For Now »

En 2016, le trio australien DMA’s est sorti des sentiers battus avec leur premier album Hill’s End. Considérés comme les successeurs hémisphère sud d’Oasisi, ils ontréussi à s’imposer sur la scène locale jusqu’à l’international. Il n’est donc pas surprenant de les voir retenter l’expérience avec For Now.

Cette relative notoriété n’autorisera ici rien si ce n’est peaufiner une formule et permetttre à DMA’s de rester dans sa zone de confort. On nous offre donc des hymnes britpop raffinés comme ceux d’antan, « Dawning » ou « Break Me ». Par ailleurs, For Now, produit par Kim Moyes de The Priests, est également l’occasion idéale de jouer au jeu des influences qui priment sur les morceaux sentant bon les années 1990 avec ses riffs bien catchy et l’interprétation de Tom O’Donnell toujours aussi impeccable.

On y décèle du The Verve sur « Break Me » ainsi que du The Cure sur « Warsaw » qui a de quoi rappeler leur fameux « Friday, I’m In Love » ou encore du The Charlatans sur l’introduction. Entre shoegaze, baggy et jangle-pop, DMA’s se rapproche de plus en plus de la scène Madchester comme l’atteste « Lazy Love » et « Time & Money » aux gimmicks que n’auraient pas renié The Stone Roses. Moins mémorable que leur prédécesseur, la bande de Tom O’Donnell continue son bonhomme de chemin mais on est en droit d’espérer qu’ils réussiront à se démarquer de leurs influences pour trouver un son unique.

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6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Fenne Lily: « On Hold »

Parmi tout ce lot d’artistes et de révélations indie féminines qui n’en finissent pas de se démarquer, il en est une qui mérite qu’on s’y attarde, Fenne Lily, une jeune auteure-compositrice-interprète venue tout droit de Bristol, capitale de la trip-hop et de la drum’n’bass. Au milieu de Marika Hackman, Lucy Rose et autres Laura Marling, elle réussit tant bien que mal à s’imposer avec son premier album intitulé On Hold.

Dès les premières notes de « Car Park », elle établit son univers intimiste et déchirant mais 100% artisanal. Son indie folk ira nous toucher droit au cœur où l’on prend plaisir à écouter ses peines d’amour et ses frustrations diverses comme sur des pistes minimalistes mais bouleversantes à l’image de « Three Oh Nine », « More Than You Know » ou bien même de « Top To Toe ». Même si elle peine à se démarquer de la concurrence, Fenne Lily touche par son songwriting à fleur de peau.

On peut aussi citer d’autres morceaux tels que « Bud » et « For A While » pour manifester le talent de la jeune musicienne britannique qui a baigné dans ses souvenirs diverses et ses regrets pour nous offrir un On Hold comme témoignage bouleversant.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Pond: « Tasmania »

Avec Pond, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. Chaque album est toujours une surprise avec le groupe australien. La formation de Nick Allbrook nous a emmené dans l’espace mais également sur Terre et voilà que ses amis de Tame Impala ont décidé de poser un pied sur la Tasmanie, comme l’affirme le titre de leur nouvel album.

Avec sa pochette multicolore, il est clair qu’il faut s’attendre à un voyage digne de ce nom. Comptant toujours Kevin Parker dans les rangs et derrière les manettes, Pond continue de se démarquer de leurs grands frères en assumant pleinement leurs influences pop. Des titres à l’image de « Daisy » qui ouvre le bal de façon dansante avec son ambiance de fin du monde mais encore « Sixteen Days » et « Hand Mouth Dancer » nous font remuer malgré ses thèmes plutôt pessimistes notamment sur la dernière faisant référence à la crise des réfugiés en Europe.

Une fois de plus, la patte de Kevin Parker se fait entendre à travers des morceaux toujours aussi psychédéliques et prog mais beaucoup plus pop avec synthés colorés, riffs furieux et boîtes à rythme à gogo. Pond se ballade en outre avec élégance et aisance sur des titres qui ont de quoi rappeler certains de Curtains comme les langoureux « The Boys Are Killing Me », « Selené » ou encore l’hypnotique « Burnout Star » qui s’étirent sur plus de 8 minutes. Sur Tasmania, le groupe de Perth trouve définitivement sa voie et s’éloigne volontairement de leur space-rock glam psychédélique en nous offrant une large palette musicale explorée sur « Shame » ou encore la conclusion bien menaçante du nom de « Doctor’s In ». Jamais le bande de Nick Allbrook n’aura été aussi loin.

***1/2

6 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hand Habits: « placeholder »

Considérée comme étant une jeune prodige de la scène indie-folk américaine, Meg Duffy est passée de musicienne de Kevin Morby à artiste accomplie et après un premier opus Wildly Idle (Humble Before The Void), la de retour avec un nouvel abum, placeholder.

Passer d’artiste confirmée à un statut plus concluant plaçait la barre très haut mais, celle qui sévit sous le nom de Hand Habits, continu d’explorer sa zone de confort avec ses compositions toujours aussi paisibles et bucoliques comme l’introduction du même nom mais également « can’t calm down » et « pacify » qui nous emmèneront dans différentes contrées.

Ici, Meg Duffy décide d’appuyer sur la pédale douce avec des titres on ne peut plus rythmés à l’image de « are you serious? » qui suit l’interlude électro-glitch bizarroide qu’est « heat » sans oublier la seconde partie de « yr heart ».

Moins dream-pop et plus terre-à-terre qu’auparavant, le spectre de Wildly Idle n’est pas bien lointain non plus avec un « jessica » où elle s’avère être une lyriciste confirmée avec des textes à la lourde charge émotive.

On peut citer également « wildfire » et « guardrail/pwrline » où elle arrive à condenser les deux styles des deux opus avant de conclure sur une fanfare de cuivres avec « the book on how to change part II ».

On arrivera toujours à plonger avec plaisir dans la douceur indie folk de Hand Habits. Moins onirique et toujours aussi bucolique, on applaudira des textes qui nous touchent en plein coeur et qui imposeraient la Californienne au premiers rangs de la scène indie folk féminine pourtant bien fournie si goût lui venait de prendre quelques risques..

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6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lorelle Meets The Obsolete: « De Facto »

Lorelle Meets The Obsolete est un duo psychédélique dont l’originalité est que sa provenance n’a que peu à voir avec ce courant puiqu’il est issu de Guadalajara au Mexique. De Facto est leur cinquième opus et il constitue un nouvel épisode des aventures soniques de notre tandem.

Voici donc neuf nouvelles pistes où Lorena Quintanilla et Alberto González explorent de nouveau les recoins krautrock et noise-pop psychédélique de façon précise et inventive. De Facto s’ouvre sur les morceaux « Ana » résolument dronesque et « Líneas En Hojas » où Lorelle Meets The Obsolete nous entraîne dans des coins ténébreux et hypnotiques avec la voix scintillante de Lorena Quintanilla qui résonne au milieu de riffs macabres comparables à des bruits de moteur.

Ce démarrage se fait de une belle manière et il s’efforce de s’instensifier ensuite avec des titres qui rappelleront Exploded View comme « Inundación », « Resistir » ou bien même « El Derrumbe ». Le groupe de Guadalajara veut nous gratifier de passages ambiteux et, parfois, renversants, par exemple sur l’épopée de neuf minutes qu’est « Unificado » et une conclusion de haute volée sétalant sur 11 minutes, « La Maga » , et synthétisant tout le style du duo résolument urbain, toxique et électrique. De Facto est une autre réussite de Lorelle Meets The Obsolete qui s’incruste à merveille à la scène psychédélique en lui greffant des effluves d’asphalte qu’il fait bon respirer.

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6 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire