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Royal Trux: « White Stuff »

Formé du guitariste emblématique Neil Hagerty et de sa comparse Jennifer Herema, le duo Royal Trux est manifestement une étrangeté dans l’univers du rock contemporain. De 1987 à 2001, le groupe a présenté 10 albums studio. La plupart d’entre eux sont qualifiés de superbes ovnis rock ’n’ roll… ou de simples fumisteries sonores, c’est selon.

19 ans après la parution de leur dernier disque (Pound for Pound), la formation originaire de Washington DC. effectuait un retour sur disque attendu par les fans de la première heure. Réalisé par le vétéran David Briggs – connu pour son travail avec Neil Young– ce White Stuff garde intacte la signature unique qui a toujours caractérisé Royal Trux. Un tandem vraiment pas comme les autres !

On a ici un album purement rock, mais la proposition est à la fois expérimentale et psychédélique, à un point tel qu’il est difficile de classifier clairement Royal Trux. Encore une fois, l’atmosphère est brouillonne, parfois même confuse, mais c elle st totalement libre et authentique.

Tout en plongeant dans une musique évoquant les Stones sur l’acide, Hagerty et Herema sont résolument modernes. Cette fusion de rock, de musique électronique et de hip-hop est presque inédite. C’est du rock ? Oui. C’est expérimental ? Peut-être.  C’est psychédélique ? Par moments.

Si on ajoute à toute cette mixture cette influence glam-punk à la New York Dolls (un ascendant présent depuis les débuts), on aura une petite idée de ce qui nous attend lors de l’écoute de White Stuff. Sur ce nouvel album, Royal Trux brouille encore une fois les pistes en nous proposant quelques chansons sensuelles, déviantes et vaseuses, agrémentées de guitares subtilement vicieuses. Aux premières écoutes, ce disque donnera le tournis, mais après quelques tours de manège, tout se remettra en place …pour nous donner envie de nous étourdir à nouveau !

On aura droit à du solide du début à la fin, contenant quelques moments d’exception. Le blues psychédélique « Purple Audacity #1 » est un bijou dans le genre «  Sunshine Junkie Lady » est magnifiquement chambranlante alors que « Get Used To This » et « Under Ice » sont des incursions réussies dans l’univers du hip-hop. « Shoes and Tags » remémorera The Kills en plus inventif tandis que « Year of the Dog » déboulonnera le rock sudisteà l’aide de champignons magiques. Notons, enfin un « Every Day Swan » qui nous fera respirer les lendemains de veille à plein nez pour faire de ce White Stuff un opus inclassable, permettant de s’écouter aussi bien entre amis de façon intimiste et chaleureuse que dans le cadre d’une party débridée et complètement allumée.

****1/2

3 mars 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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