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Kryshe: « Hauch »

Alors que ses EP étaient publiés sur diverses structures (voire en autoédition), Kryshe semble avoir trouvé une terre idoine pour ses albums ; de même, sur le plan musical, il paraît s’être fixé sur un registre entre ambient et avant-jazz. Sous ce rapport, les bois sont à nouveau présents, comme quelques instruments à vent et un piano. Tous ces concours retrouvent les tonalités étouffées qu’on mettait déjà en exergue il y a deux ans, forme de permanence stylistique qui résulte aussi des conditions d’enregistrement d’Hauch.

En effet, enregistrés à l’occasion d’un déménagement par Christian Grothe, les huit morceaux de l’album ont été saisis sur tablette numérique avant d’être retranscrits sur cassette, avec la compression qui accompagne ce support.

 

Cette compression entraîne alors cette double impression d’entendre des instruments très contenus mais qui, mis côte à côte, constituent des ensembles à la belle ampleur. Il en va également ainsi des vocalises, présentes sur la moitié des titres ou quand les doigts courent sur les doigts des cordes atonales et dialoguent avec un clavier plus cristallin (« Luftspalt II »).

Lorsque la guitare est davantage mise en avant, ou quand il s’agit d’éléments plus directement électroniques, l’atmosphère se fait plus sépulcrale, voire un peu anxiogène (« Gong »). On s’en sera rendu compte : la variété est de mise chez Kryshe, alors même que l’Allemand ne propose pas forcément des morceaux très étendus dans le temps ; c’est dire sa qualité d’écriture.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Du Blonde: « Lung Bread For Daddy »

A la suite de son second album Welcome Back To Milk (le premier sous le pseudonyme Du Blonde) Beth Jeans Houghton s’est centrée sur lson travail d’llustratrice et elle ne revient que quatre ans plus tard avec un opus autoproduit, Lung Bread For Daddy.
Tout aussi enragé que son prédécesseur mais agrémenté d’une finesse aussi bien dans ses textes que ses arrangements, Lung Bread For Daddy est un ensemble de morceaux rock, flirtant avec la pop (« Angel », « Take Out Chicken »), alors que son « debut album » Welcome Back To Milk était, lui ,relativement brut de décoffrage. On aura, toutefois, droit en fin d’album à deux titres plus posés, « Days Like These » et « On The Radio »,

sur lesquels l’Anglaise n’oubliera pas d’apposer quelques riffs bien sentis à la six cordes.

Des compositions comme « Buddy » et « RBY » offreront, comme pour agréger les deux influences, des mélodies qui alternent entre comptines tendres et moments punk magnifiés par qa voix éraillée. La chanteuse sait, d’ailleurs, très bien contrebalancer ces différentes tonalités, jouant les montagnes russes sur une bonne partie du disque. À son électricité viendont ainsi se mêler différents instruments plus classiques tels que le piano, permettant de mettre plus encore en avant les talents de songwriting de l’artiste.


Hormis « Holiday Resort » qui restera sur un fil tendu, la plupart des chansons se concluent sur des distorsions de guitares et des cris féroces, à commencer par le morceau d’ouverture « Coffee Machine ».

« Peach Meat » se révèlera comme le morceau le plus schizophrénique de toutes, passant de somptueux couplets a capella à du solo de guitare dissonant et incompressible, avant de se conclure sur une atmosphère cinématographique du plus bel effet.

La sensation générale sera donc d’être confronté à un disque entre dissonance revendiquée et ambiances beaucoup plus tempérées. Sachant que l’artiste souffre, depuis plusieurs années, de psoblèmes de santé d’esprit, on comprendra et on acceptera cette instabilité complexe, déroutante mais singuièrement bouleversante pour nous affecter.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Wyldest: « Dream Chaos »

Wyldest est un trio londonien qui, après avoir écumé la scène de la capitale et sorti quelques EPs, se lance aujourd’hui dans le grand bain avec leur premier album, Dream Chaos.
Zoe Mead (chant / guitare), Mariin Kallikorm (basse) et Jack Gooderham (batterie) proposent un disque de pop atmosphérique, empli de positivité et de lumière. Des morceaux tels que « Upside Down » et « Barefoot » sont le parfait exemple d’une inspiration qui semble s’aventurer dans un imaginaire façon Beach House.

Le groupe ne rechigne pas, néanmoins, à prendre à contre-pied son auditeur en agrémentant sa dream pop d’apparence classique de rythmiques et mélodies plus entraînantes, à l’image d’un « Mind Over Body » qui, après une longue intro éthérée, dévie sur une pop plus enjouée, allant jusqu’à faire hurler l’électricité en toute fin.


Il en ira de même sur la traditionnelle balade de mi-album, « Lightweight », qui flirtera avec le post-rock, notamment grâce à sa ligne de basse entêtante et l’electro ne sera pas, lui non plus, avec un « Quiet Violet » et sa synthpop vaporeuse ou « Reverse Tide » inspiré, de son côté, par la new wave.
Sans transcender le genre, Wyldest se trouvent au final être un bon substitut à Warpaint et Cocteau Twins, offrant un son eighties remis au goût du jour. Dream Chaos est un disque qu’on a le sentiment d’avoir déjà entendu mais qui parvient tout de même à atteindre son objectif : être accessible, bien fichu et agréable à écouter.

***

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Martin Frawley: « Undone at 31 »

Ce nouvel album de l’ex-leader des Twerps est, pour l’Australien, l’heure de faire un bilan en particulier sur les affres d’une rupture amoureuse à l’âge « canonique » de 31 ans.
Un bilan à la fois mélodique et touchant. Touchant parce qu’à travers des paroles simples, Martin Frawley trouve les mots qui vont droit au but. Mais simplicité n’est pas vacuité ni facilité. Le premier morceau, « You Want Me? », dans lequel le garçon se demande si la personne aimée veut encore de lui, pose les bases de la ligne directrice de l’album et s’inscrit dans la tradition du spoken word, le parler vrai sans cynisme. Tout cela sonne juste à prpos puisque mis au service de la clarté du propos. Le second morceau « End of the Bar » sonne comme une dernière supplication, un playdoyer pour que celle qui s’en va revienne retrouver au bout du comptoir si éventuellement elle en a encore envie.

Simplicité des paroles mais grande variété mélodique (la basse y est très présente) qui donne à la première partie de l’album un rythme guilleret et qui va s’accélérant jusqu’au point culminant qu’est « Chain Reaction ».

Ensuite, le disque va alors basculer vers une tonalité plus introspectiveFrawley analyse sa personnalité, n’y voit pas grand-chose à redire et trouve même des excuses au départ de sa dulcinée sur « Something With Me. » La Belle appartient désormais à un autre comme « Lo and Behold » nous le raconte alors que, dans un dernier sursaut, il ui demande de lui revenir. Des mots simples, de jolies mélodies, ; Undone at 31 est un grand disque d’amour déchu et déçu que l’auteur-compositeur australien nous propose, un disque dont les secrets et les strates se dévoilent au fur et à mesure des écoutes sans tomber dans la mièvrerie et toujours avec la dignité qui sied à de tels émois.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire