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Christoph Lammers / Andreas Usenbenz: « Drawing In Sound »

D’un coté le musicien Andreas Usenbenz, armé de sa guitare et de divers effets, de « field recordings » et de dictaphones… De l’autres le plasticien Christoph Lammers équipé de divers charbons et encres noires, pinceaux, brosses et mains, devant sa toile blanche de 7×4 mètres.

Drawing In Sound est l’interprétation d’une performance qui s’est déroulée le 1er février 2018 à la Städtische Galerie Rosenheim, unissant musique et dessin, le peintre se laissant littéralement transporter par l’univers sonore développé par Andreas Usenbenz.

C’est le genre de projet où il y a peu de chose à dire, l’essentiel étant de se laisser guider par cet ensemble créé en symbiose pour former un tout, dont la finalité peut se percevoir en éléments distincts, développant leur propre énergie, détachés chacun de l’autre.

Christoph Lammers et Andreas Usenbenz proposent une oeuvre commune pleine de subtilité et de poésie, de détachement face aux gens qui les entourent, se concentrant et s’appuyant l’un sur l’autre pour donner vie à cet instant éphémère en forme d’accouchement créatif à la beauté fugace.

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23 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

W.W.Lowman: « This Form »

Ecouter le nouvel album This Form, de l’américain W.W.Lowman, c’est prendre le risque de se perdre en route et de ne pas en connaitre la destination finale.

Les « field recordings » sont concassés et mis aux cotés de nappes tourbillonnantes, capables de bifurquer sur des axes épris de sensations vibrantes et de rebonds moelleux sortis de machines hantées.

This Form navigue sur des eaux troubles, lâchant dans son sillage des images à la grisaille humide, flirtant avec des orgues nuageux et lointains, desquels s’échappent des pépiements d’oiseaux heureux de faire frémir leurs plumes sur le souffle de mélodies tortueuses.

W.W.Lowman n’est pas sans évoquer un Oneohtrix Point Never naturaliste au dépouillement monacal, mixé par John McEntire (Tortoise). This Form est une odyssée sur des territoires enrobés de mystère et de désolation, de mysticisme et de déraison. Un opus en forme d’aventure intérieure pointant ses lacérations expérimentales vers un extérieur épris de douceur épineuse. Très fortement recommandé.

***1/2

23 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Samana: « Samana »

Samana est un duo masculin/féminin venu de Brighton formé par Rebecca Rose Harris et de Franklin Mockett mélangeant avec brio slowcore, art-rock et indie folk et présentant ici son tout premier albuéponyme comme ile se doit.

Composé de 10 titres, la fusion musicale de Samana se veut résolument cinématographique avec une prédilection pour des paysages en noir et blanc. Entre la voix grave et désabusée de Rebecca Rose Harris et ses influences dignes de Mazzy Star, Nick Cave et Sigur Ros, on se laisse emporter par des titres somptueux allant de « Before The Flood » à « I’ll Keep You With Me » en passant par les intenses et hypnotiques « Harvest », « The Sky Holds Our Years » et autres « Blue Requiem ».

Ces dix morceaux sont écrits à partir, selon leurs dires, de l’interprétation de leurs rêves et de rituels philosophiques anciens.Ce n’est donc pas pour rien que Samada nous procure mille et une frissons que ce soit sur « De Profoundis » avec son final bien rugueux et haletant ou même sur « Beneath The Ice ». Le premier album du duo est une expérience plutôt unique et captatrice de par son honnêteté émotionnelle.

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23 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Charlotte Brandi: « The Magician »

Le nom de Charlotte Brandi ne dit peut-être rien mais elle s’est déjà fait entendre au sein du duo Me and My Drummer. Le groupe a annoncé sa dissolution à l’automne dernier et cet album solo était justement l’occasion d’explorer de nouveaux horizons et d’offrir à son chant l’écrin idéal pour s’épanouir pleinement.

Si Me and My Drummer avait plutôt lorgné du côté de l’Electro Pop sur son dernier album Love Is A Fridge  ce disque exprime une forte volonté de vouloir revenir à une instrumentation plus organique et arrangée pour un résultat plus orchestral. Le piano est l’instrument clé de cet album, que l’Allemande a appris seule dans sa ville natale de Dortmund.

The Magician est un titre approprié pour illustrer l’effet que ses compositions ont eu sur l’auditeur, notamment grâce à quelques moments de grâce qui atteignent des sommets sur « My Days In The Cell », un titre qui réunit à lui seul toutes les qualités de cette œuvre, avec des arrangements de cordes, des instruments à vent, un couplet posé sur une guitare aux cordes étouffées, des chœurs angéliques, et surtout une irrésistible montée en puissance vocale. Le lyrisme et la poésie de Charlotte Brandi prennent tout leur sens dans l’envolée vocale qui accompagne la fin de cette chanson.

A partir de là tout est dit : la magie a fait son effet et il devient bien difficile de décrocher de l’atmosphère envoûtante dans laquelle elle nous entraîne pendant une cinquantaine de minutes, avec la chaleur et l’émotion d’une chanteuse Soul, sur « Two Rows », mais aussi « Jenny In Spirit » qui est une bonne illustration de l’esprit à l’ancienne qui règne sur ce disque, comme une pépite cachée des années 70 soudainement ressortie d’un vieux tiroir. Charlotte Brandi nous éblouit par la grâce et la classe de son interprétation.

***1/2

23 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire