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Malist: « In The Catacombs of Time »

De Malist on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’il s’agit d’un one-man band russe et qu’il s’agit là de son premier enregistrement. Difficile de faire plus opaque pourtant

In The Catacombs of Time est une surprise lumineuse. Malin au moment de choisir son obédience, Ovfrost décide de rien choisir et pioche allègrement dans ce que les courants dépressif, atmosphérique et nordique ont de meilleur à offrir. Un choix qui colle bien avec la tendance de la scène metal à tout hybrider, mais lui le fait de manère très dine.

Les cinquante minutes de l’album alternent magnifiquement entre des ruées épico-sataniques gavées de blast beats rigides, de complaintes magnifiquement balancées à la lune, des arpèges aux gimmicks entêtants et une pléthore de passages heavy. La production est un véritable délice (surtout si on considère le « line-up » et la biographie du projet) allant jusqu’à révéler des parties de guitare basse qui nous caressent dans le sens du poil de chauve-souris, des séquences de batterie tout sauf rebattues et clichées entre deux matraquages et une ampleur lyrique de haute tenue.

Finalement, In The Catacombs of Time symbolise à merveille la ligne très fine qui sépare le disque de black metal générique et joliment empesé et de la véritable épopée cathartique. Les ingrédients ont beau être sensiblement les mêmes, les codes ont beau ne jamais vouloir changer, l’intelligence de jeu et l’allant dans la composition feront toujours la différence et s’imposent ici comme une évidence. On ne fera aucun plan sur la comète en ce qui concerne Malist – après tout la scène metal dans son ensemble révèle chaque jour des dizaines nouveaux groupes de qualité, mais il n’empêche que In The Catacombs of Time résonne comme un début de carrière plus que prometteur, et comme un projet à suivre très attentivement.

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21 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Klangwart: « Bogotá »

Klangwart fait partie de ces formations étranges, dont la particularité est d’offrir depuis plus de vingt ans, des albums qui ont du mal à trouver un équivalent.

Markus Detmer, musicien, journaliste et fondateur du label Staubgold, et son ami Timo Reuber forment Klangwart, entité double partageant un goût commun pour les explorations sonores et les longues sessions musicales aux allures de Krautrock incessamment renouvelé.

Pour Bogotá, ils sont partis enregistrer dans la capitale colombienne s’entourant de musiciens locaux issus de la formation Meridian Brothers et des chanteuses jumelles Las Añez, histoire de conjuguer et de multiplier les pistes, laissant les jams sessions virer en longues séances d’improvisation, que Timo Reuber a par la suite retravaillées, et sur lesquelles le guitariste Joseph Suchy a jouté des guitares.

Le résultat est une nouvelle fois captivant, mélangeant sonorités latinos et loops entêtants, dérives expérimentales et rythmiques compulsives, les frontières fondant sous des airs cosmiques enrobés d’effluves voyageuses, abandonnant les sphères du quotidien pour atteindre une forme de poésie imprégnée de groove tropical aux senteurs subtilement jazzy. Un opus hypnotique qui se joue des modes et du temps.

***1/2

21 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Puzzle: « XHail »

Puzzle est le projet solo de Fletcher Shears, l’un des frères jumeaux de The Garden, et il nous propose sur XHail une musique bariolée, mais posée et contrôlée. Les morceaux, bien que courts et touchant là encore à plusieurs styles (Dance, Hip Hop, Pop…), sont plus structurés et faciles d’accès.
Le disque débute par un pur tube plus qu’accrocheur, « Loose Cannon », et plus de refléter parfaitement l’esprit barré et isolé propre aux Shears, la mélodie au synthé est imparable à tout fan de ce type de conduites : ironique, mélancolique, voire sensuelle, cette mélodie se déconstruira ensuite en un Hip Hop sympatique, tranquille et frais.


Ensuite, le mélange des genres, bande originale d’un cauchemar dégoulinant et colorisé à l’extrême, se fera plus feutré (« Junk »), explorant des territoires entre le malsain et le léger (« Demon With A Violin Playing Big Hits For Little Kids », « Disappear »), sans se refuser des incursions simplement pop et bien construites (« New Harmony ») ou des voyages vers des mondes magiques (« Young »).
Pour conclure, on dira que ce X Hail place la barre un peu plus haut que l’album de The Garden précédent (Miror Might Steal Your Charm), bien que la démarchei reste globalement similaire aux efforts solos ou communs des frères Shears : un joyeux bordel orchestré par des hyperactifs atteignant un monde malgré tout sensible, là où le grotesque ne peut que finir en eau de bouillon.

***1/2

21 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Julia Kent: « Temporal »

Bien que composés pour des spectacles de danse ou des pièces de théâtre, les sept titres qui composent Temporal forment un tout cohérent qui fait appel à ces émotions enfouies qui circulent dans nos entrailles.

Julia Kent continue de composer des titres à la beauté intemporelle, armée de son violoncelle avec lequel elle semble former une entité indissociable, magicienne de mélodies aux volutes en arabesques.

Sur Temporal, le temps prend un plaisir certain à se laisser surprendre par l’intensité des cordes que l’on caresse, offrant à l’auditeur la possibilité de se lover dans les recoins de sonorités boisées enrobées de touches électroniques subtiles.

Le classicisme plonge dans les bras d’une modernité en quête de racines, mixage d’âmes perdues et d’histoires brouillées par un trop plein d’humanité et de sensibilité, d’énergie brute et de douceur tourmentée. Julia Kent ensorcelle nos sens, plantant ses drones dans nos tympans fébriles, avec une sensualité fragile toujours au bord de la rupture. Un album intense à l’intensité tortueuse. Très fortement recommandé.

***1/2

21 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Anemone: « Beat My Distance »

Anemone, c’est un projet musical venu tout droit de Montréal mené par la pétillante Chloé Soldevila qui avait fait forte impression avec leur premier EP Baby Only You & I avec leur dream-pop psychédélique envoûtante et renversante.Leur premier album, longtemps attendu, répond au nom de Beat My Distance.

Sans surprise, on retrouve tout ce qui a fait la recette du succès d’Anemone avec ces influences lorgnant du côté de Broadcast à Melody’s Echo Chamber. Très vite, on sentait que Chloé Soldevila et ses compères veulent sortir un gros disque et on ne s’est pas trompé ; en effet, dès les premières notes de « On Your Own », n est accueilli par leur pop digne des années 1960 aux guitares carillonnantes, aux claviers scintillants et à la rythmique chaloupée. Les montréalais impressionnent d’emblée avec leur sens de la mélodie et leurs influences peu équivoques sur des titres sucrés allant de « Daffodils » à « Endless Dive » en passant par les virées pachydermiques de « Memory Lane » et de « Vanilla (Here We Go Again) ».

Entre l’interprétation somptueuse de Chloé Soldevila et ses morceaux gentiment audacieux et ensoleillés, il n’y a qu’un pas. L’ambition d’Anemone s’affiche clairement: celle de se démarquer de la concurrence et nous offre des moments que l’on n’hésite pas à se repasser en boucle comme « Sunshine (Back To The Start) » mais encore les splendides « She’s The One » et « Segue ». Alors que l’on pensait atteindre le summum et bien on n’est pas au bout de nos surprises car voilà qu’ils ramènent l’artillerie lourde qu’est la conclusion de 6 minutes intitulée « Only You » qui est à l’image de ce premier opus: lumineux, psychédélique et attachant. Avec Beat My Distance, Anemone parvient sans peine à se distancer des autres.

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21 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

King Midas Sound: « Solitude »

C’est en formule duo que King Midas Sound ressurgit des abimes, pour donner aux nuits profondes un compagnon de route viscéral, faites de limbes et de dépouillement.

Le producteur protéiforme Kevin Martin (The Bug, Techno Animal, God) accompagné du poète et vocaliste Roger Robinson, offrent un opus en suspension, voyage intersidéral dans l’intériorité des mots et des ambiances froides aux échos organiques enchevêtrés de sérénité inquiétante.

Des lambeaux d’amour volent sur des histoires brisées cherchant à relancer la flamme des débuts, sans ne plus vraiment y croire. La voix grave de Roger Robinson semble lasse et pleine d’une rage fondue par la souffrance de n’être plus qu’un face à soi même.

La musique créée par Kevin Martin est un écrin de noirceur implacable enrobant le verbe, combinaison de désespoir et de déchéance, de passé douloureux et de présent sordide. Le tout formant un conglomérat de suffocation rampante et de puissance sourde. Pépite noire à la lumière effacée par des verres teintés de déchirements et de tristesse, de détresse et de deuil amoureux. Pour coeurs sensibles et solides.

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21 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Michael Chapman: « True North »

Michael Chapman renaît régulièrement de ses cendres tel un phénix. Ici il bénéficie de la participation de son complice, Steve Gunn aux manettes et aux instruments pour remettre en salle ce vétéran de la scène folk progressive britannique des années 1960-1970. Afin de marquer un beau coup, le tandem gagnant remet donc le couverts sur un nouvel album intitulé True North.

Une fois de plus, Michael Chapman fait parler sa sagesse et regarde, sur ces onze compositions, son parcours avec un détachement emprunt de nostalgie. A l’approche des 80 printemps, le britannique continue son voyage introspectif qui démarre en trombe avec un « It’s Too Late » des plus déchirants en passant par « Vanity & Pride », « Bluesman » sans oublier « Full Bottle, Empty Heart » qui nous envoûtera comme jamais. Avec ses instrumentaux paisibles et sereins teintés d’une douce mélancolie, notre doyen montre su’il connaît son affaire et ne cherche jamais à nous proposer du recyclé.

Entre épopées instrumentales comme « Eleuthra » et passages bluesy pour les moins réussies avec « Truck Song », on peut définitivement atteindre que Michael Chapman a atteint la sagesse absolue. Ce n’est pas pour rien que des morceaux à l’image de « Caddo Lake » et de « Youth Is Wasted On The Young » que le précurseur de ce courant arrive à nous transmettre ses élans de lucidité de façon magique. True North s’ajoute à la discographie taillée comme un précieux diamant accompagné de son acolyte américain qui le guide parfaitement pour le mener l

21 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire