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Joel Tammik: « Imaginary Rivers »

Joel Tammik est un musicien estonien qui s’était mis sous silence pendant une durée de dix ans. Il est vrai que, son electronica semblait à bout de souffle tant elle s’inscrivait dans un registre balisé et sans surprises.
Avec ce nouvel album,
il tente ici de s’en extraire an privilégiant une approche plutôt ondoyante, fondée sur des synthés aux teintes légèrement psyché et parsemée d’appuis dub.

Naturellement, avec un titre comme Imaginary Rivers et une pochette entre la tâche d’encre façon test de Rorschach et la toile d’araignée numériquement stylisée, on pouvait être certain de se trouver face à quelque chose d’extrêmement évocateur, propre à titiller l’imaginaire de l’auditeur, d’autant plus que le disque s’étire sur plus d’une heure.

Mais Joel Tammik ne se contente pas de faire tourner ses instrumentations un peu paresseusement, puisqu’il sait proposer des climats variés, allant chercher des inflexions plus métalliques à un endroit, ou plus marquées electronica-dub à un autre (« Neutuva »), voire convoquant une lointaine polyrythmie (« Nuari »). Sous ce rapport, les pulsations savent utilement se diversifier, que ce soit dans leurs fréquences comme dans leurs tessitures.

Les petites mélodies ne sont évidemment pas oubliées, mais elles se trouvent ici présentes sous forme de fragments, de haïkus posés sur des aplats de synthé vaguement grésillants. Il semble être fait alors davantage de cas, au long des neuf titres tout à fait agréables, des atmosphères et du contenant que de l’ornementation décorative et chromatique. Pas forcément négative, cette impression conforte, au reste, le souvenir qu’on avait des travaux du musicien.

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14 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ladytron: « Ladytron »

Ladytron étaient tombés dans un long sommeil avec une longue succession de projets solos. Le quatuor semble décidé à retrouver ses nouvelles marques en la forme d’un album époyme, le sixième à son compteur.
Parfaite synthèse de leur style électro pop vintage, Ladytron n’apporte rien à la discographie déjà riche du groupe, mais il a le mérite de le faire renaître et nous faire ré-écouter leur musique. Les treize titres explorent ce qui ne va pas dans notre époque et, problème inhérant au concept de collections de chanson, il perd en cohérence ce qu’il gagne en diversité.


Le travail est néanmoinst extrêmement soigné et, alors que leur style puise abondamment dans les années 70s et 80s, ils arrivent à écrire une poignée de titres forts en caractère. « Until The Fire » ouvrira l’album avec beaucoup d’énergie et d’entrain, « The Island » sera nostalgique en nous rappelant Human League et « Horrorscope » se fera, quant à lui, aussi bruyant qu’hypnotisant.
Finalement, le bien nommé Ladytron remplit son contrat ; il demeure un moyen de redécouvrir le groupe et de le remattre à jour.

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14 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Xiu Xiu : « Girl with Basket of Fruit »

Jamie Stewart, leader de la formation à géométrie variable Xiu Xiu aime faire de la musique pour déstabiliser l’auditeur et le rendre mal à l’aise. C’est sa marque de commerce depuis l’aube d’un projet datant du début des années 2000. Stewart s’est entouré cette fois de collaborateurs anciens et nouveaux et a pondu une nouvelle œuvre, l’album Girl with Basket of Fruit.

L’artiste a toujours été saidi d’un profond dégoût de l’humanité et il abordet des sujets scatologiques et macabres, dont la décrépitude des corps, celui en particulier de sa sœur atteinte d’un cancer et il explore ici les sommets et les bas-fonds du pessimisme.

Divers musiciens ont contribué à cet album, dont sa comparse habituelle Angela Seo, son fréquent bassiste Devon Hoff et le nouveau batteur, Thor Harris, en plus de quelques chanteurs et percussionnistes invités

Le résultat en est un album rythmé, mais pas de façon harmonieuse. C’est plutôt chargé, étouffant. On a affaire en ces lieux à beaucoup de sonorités de synthés sales, superposées et entremêlées de la voix de Stewart, prononçant ses textes comme s’ils lui venaient d’une façon automatique, aucunement censurée ni révisée. Stewart y va même de bruits d’enfant par moments, remuant sa langue entre ses lèvres pour créer un charabia conçu spécialement pour tester votre patience.

Sur un bon deux-tiers de l’album, les idées ont l’air d’un premier jet non réfléchi et gardé dans le produit fini précisément pour son aspect inachevé. Les moments où l’ambiance est mieux travaillée, notamment en dernier tiers de l’album, nous rappellent ce dont Xiu Xiu est capable quand il essaie de transcender au lieu de simplement se défouler.

On pourra peut-être dénicher matière à introspection, à réflexion sur le fait de vivre malaise et détresse. Beaucoup d’euvres d’art en ont fait revendication et, à nombreux égards avec succès ; Girl with Basket of Fruit restera un parcours autour des idées sombres avec la profondeur qui sied au registre du rock indépendant dans ce qu’il a de plus ampoulé et auto-centré.

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14 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Beartooth: « Disease »

Caleb Shomo et sa bande sont de retour avec un troisième opus, Disease qui nous propose une musique énérvée comme il se doit pour une formation estampillée post-hardcore moderne comme l’est Beartooth. La formule ne change donc pas d’un pouce, et on a droit à un son metalcore à tendance rock’n’roll et teinté de pop-punk. Les tubes s’enchaînent, en commençant par le puissant « Greatness Or Death » avec son intro acoustique déboulant sur un riff en forme de mur sonique, « Disease » calmerara le jeu et spourrait s’avérer être un morceau ultra-tubesque.

On alternera donc entre titres ravageurs bien charpentés (l’excellent « Fire » » un costaud « Bad Listener ») et passages plus mélodiques comme « You Never Know », l’entêtant « Afterall » sur lequel plane encore l’influence de Jeremy McKinnon, ou encore « Believe » qui prend des allures de Fall Out Boy. Malgré le fait qu’il n’y ait rien à jeter, on notera un manque de variété certain, et une prise de risque inexistante et sur une production en béton mais sans surprises.
Le vocaliste nous cnarrera ses états d’âme au long de cette réalisation, qui, par une meilleure construction,sera néanmoins e un léger ton au-dessus de Aggressive leur précédent album.

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14 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire