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Guided By Voices: « Zeppelin Over China »

Guided By Voices continue à être toujours aussi productif depuis sa reformation. Le combo annonce la prochaine sortie de, non pas un seul, mais deux albums dont le premier s’intitule Zeppelin Over China.

Faisant suite à Space Gun, Robert Pollard et sa bande en remettent donc une couche avec un nouveau double-album. Preuve en est que, pour les fans d’indie rock revival des années 1990, les dinosaures n’ont toujours pas dit leur dernier mot avec ces 32 nouveaux morceaux bien racés et énergiques dont l’entrée en matière « Good Morning Sir » qui ira fermer les bouches les plus sceptiques tout comme également des titres comme « Carapace », « Your Lights Are Out » et autres « Holy Rhythm ».

De « Step of The Wave » à « Cobbler Ditches » en passant par « The Rally Boys », « Nice About You » et par « Lurk Of The Worm »,Guided By Voices va droit au but et ne se perd pas 32 morceaux indie rock d’une durée de 75 minutes, que demande le peuple ? Même si les quelques 75 minutes peuvent paraître pompeuses et longuettes par moments, personne ne peut nier que depuis leur reformation, le groupe de Dayton continue à être le représentant idéal de cette scène lo-fi qu’il a accompagnée depuis trois décennies.

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12 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gri + Mosconi: « Between Ocean And Sky »

Gri + Mosconi marque la réunion de deux musiciens qui euvrent dans un registre ambient, celui de James Murray qui a fondé un label, Slowcraft Records, offrant un packaging classieux et soigné proche de la musique ainsi exprimée.

Cette collaboration leur permet, comme souvent dans ce style, de combiner un clavier un peu aérien et élégiaque, d’une part, et des nappes plus granuleuses et ornementées, d’autre part. Sous cet aspect, l’intitulé du disque, Between Ocean And Sky, s’avère assez transparente puisqu’il s’agit bien de se placer à égale distance de quelque chose de mouvant et bouillonnant, d’un côté, et d’un aspect plus vaste et ample, de l’autre.

La longueur de chacun des six morceaux de l’album (plus de sept minutes, en moyenne) favorise évidemment de tels développements, permettant aux textures électroniques de se déployer, de mettre en place une phrase musicale au piano, qui va ensuite se répéter, de saturer progressivement ses nappes ou bien encore de faire entrer et sortir des accords de guitare.

Avec sa belle densité, l’album de Francis M. Gri et Federico Mosconi procure parfois une sorte de vertige sonore, l’auditeur se trouvant pris dans les empilements, mais pouvant constamment se raccrocher aux interventions perlées du piano. Cette aptitude à jouer sur ceux deux tableaux traduit à la fois la réussite du disque et la capacité des deux musiciens à opérer de concert, exercice pas toujours évident pour des créateurs œuvrant par ailleurs en solo.

***1/2

12 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cursive: « Vitriola »

Groupe précurseur des sonorités emo / post-hardcore, souvent décrit à ses débuts comme proche des d’At The Drive In, Cursive a multiplié les pains tout au long de sa carrière, qui débuta au milieu des années 90s, à Omaha, dans le Nebraska. Un hiatus entre 1998 et 1999 permis à la troupe emmenée par le talentueux Tim Kasher de revenir plus inspirée que jamais, mettant un peu de piment dans ses compositions en y incorporant un violoncelle électrique. Bien que l’instrument ne soit pas au cœur des ambiances tourmentées que Cursive déploie avec brio sur un album tel que Ugly Organ (2003), il retient l’attention de l’auditeur curieux. La dernière décennie fut plutôt terne pour Cursive, incapable de livrer un album convaincant depuis Happy Hollow, sorti en 2006, ce huitième album, Vitriola, redore le blason d’une formation dont on attendait plus grand chose…

Quelle bonne nouvelle, l’inspiration est de retour ! Vitriola est un album sincère, franc et qui fait mouche, contant volontiers les malheurs du monde sur des compositions dissonantes et volontairement brinquebalantes. Le violoncelle un temps disparu, reprend sa place, pour donner un peu plus de relief aux complaintes de Tim Kasher. A la croisée des chemins entre emo et post-hardcore, Cursive livre des morceaux efficaces, à l’image de « Pick up the Pieces » ou du massif « Under the Rainbow », et réussi le pari de nous surprendre avec « It’s Gonna Hurt ». Les envolées de violoncelle, et de ce qui semble être un thérémin, nous transportent dans un univers tout à fait original.

Cursive joue de sa palette pour rompre la monotonie et dessiner des ambiances variées. Elles se font parfois lascives (« Remorse ») poussant l’auditeur à l’introspection. ou totalement contrastées par la rigueur hypnotique de riffs dissonants (« Ouroboros »). Vitriola fini par nous convaincre par un ultime brûlot indie rock (« Life Savings ») au refrain franchement entêtant, avant de s’éteindre après 7 minutes d’une complainte progressive résonnant comme un point d’orgue irréductible et quasiment pérenne (« Noble Soldier / Dystopian Lament »).

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12 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Soilwork: « Verkligheten »

Soilwork est un combo suédois qui a décidé d’exploiter le heavy thrashcore de ses débuts en y insufflant une approche plus mélodique. Ce qui aboutit à douze titres épiques, heavy et dont certains savent se montrer diablement efficaces. Oui, Soilwork a vieilli, et son style ne provoque plus la surprise, mais il a encore la eage et un certain talent. Un « When the universe spoke » ou un « The wolves are back in town » ne laissent aucun doute à ce sujet.

Le reste du disque n’est pas mal non plus. Certains passages s’insinueront,d’autres moins. Tout ça ne suffit pourtant pas à hisser ce disque à la hauteur de ses hauts faits d’armes d’avant, mais parvient à restaurer un peu de la superbe de la formation.

Assez en tout cas pour qu’on accepte de le suivre ici, et qu’on en attende la suite des aventures avec plus un mélange de souvenir et une relative indifférence. Bref, entre pas mal et très bien.

**1/2

12 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire