No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Business Of Dreams: « Ripe For Anarchy »

Signés sur un label de pop douce amère qui compte dans ses rangs Papercuts, Real Numbers,Tony Molina ou Rat Columns, ce deuxième essai de Business Of Dreams a tout pour trouver sa place dans un registre musical où la sensibilité, voire la fragilité, jouent un tout premier rôle.

Projet solo de Corey Cunningham, guitariste pour Terry Malts, Smokescreens ou Mike Krol, Business Of Dreams façonne une pop synthétique bleutée et vaporeuse, qui dépoussière les plus belles reliques de la production « indie » des 80’s. En filiation directe avec les arpèges luminescents des Smiths et d’Aztec Camera (« Naive Scenes »), Cunningham cite les Go-Betweens dans le texte et fait se côtoyer la rythmique évanescente de Field Mice (« I Feel Dread ») et la prodigalité mélodique de The Chills.

Avec un opus aussi ouvertement référencé on pourrait être tenté de déplorer les emprunts un peu trop flagrants et risquant de pâlir des comparaisons. Néanmoins, ce Ripe For Anarchy possède assez de liant pour devenir, si ce n’est un disque de chevet, un album capable de réactiver une dream-pop qui serait sortie des radars

***1/2

8 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | Laisser un commentaire

Rustin Man: « Drift Code »

Il aura fallu pas moins de dix-sept ans à Paul Webb, l’ancien bassiste de Talk Talk, pour, sous le nom de Rustin Man, nous offrir un deuxième album après l’excellent Out Of Season sorti en 2002 avec Beth Gibbons. Drift Code est excellent de bout en bout, ce qui ne surprend guère connaissant le talent du bonhomme. « Vanishing Heart » qui ouvre l’album fait beaucoup penser au Bowie dernière période tant musicalement qu’au niveau vocal. La manière de chanter de Webb évoquera d’aillurs ce dernier dans sa période jazzy sur «  Martian Garden » et surtout « All Summer », titre qui brille par la mélancolie séplcrale qui semble l’envelopper

Si Drift Code fait parfois penser à Bowie, il évoque encore davantage Robert Wyatt. Comme chez lui, Paul Webb est au-delà du rock ou du jazz, inventant un langage musical nouveau, loin des archétypes traditionnels. C’est ce qui donne toute sa force à ce Drift Code et le rend intemporel.

Nombre de titres de l’album pourraient avoir été enregistrés en 71 s’il n’y avait cette modernité dans la production. Cet amour de la musique permettra à Webb d’intégrer des éléments rock, jazz et d’autres encore qui rappellent la belle tradition du folk anglais.
L’album s’avère d’une grande cohérence. Il est impossible d’y détacher un titre plutôt qu’un autre tant cet album a été fait « à l’ancienne », à une époque où l’on se préoccupait davantage de sortir des œuvres qu’une compilation de singles. On sent à son écoute que chaque détail y a été pensé, comme pour ce court instrumental, « Euphonium Dream » qui pourrait n’être qu’une sorte d’interlude  succinct mais s’avère bien plus que cela. De « Vanishing Heart » à « All Summer », Drift Code sera, à cet égard, pensé et conçu comme un voyage. Celui-ci, enregistré dans l’Essex, aura un apaisant côté pastoral éloigné du tumulte des villes; excursion dont on aura peine à se défaire tant elle est une oasis de fraîcheur qui méritait qu’on patiente dix-sept ans pour l’avoir entre les oreilles.

****

8 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Andrew Wasylyk: « The Paralian »

Après Themes For Buildings And Spaces Out Now inspiré l’architecture de la ville de Dundee, Andrew Wasylyk rend, cette fois, hommage au Comté d’Angus en Ecosse dans un superbe nouvel album.

Multi-instrumentiste, scénariste et producteur, Andrew Wasylyk (de son vrai nom Andrew Mitchell) propose asur cet opus, inspiré par sa région de naissance, de nous faire voyager dans cette contrée et de nous faire découvrir les régions côtières de la mer du Nord au travers de sa musique.

Pour cela, il a rassemblé une somme d’instruments les plus divers (piano, trompette… hautbois, cordes, Fender Rhodes…) plus une harpe du XIXe siècle. Le résultat donne un disque très cinématographique aux ambiances nocturnes et parfois mystérieuses ou mélancoliques.
A la fois, Jazz, Modern Classical ou Ambient, The Paralian berce l’auditeur avec ses mélodies suaves et ses rythmes langoureux et confirme Andrew Wasylyk comme un grand compositeur doublé d’un arrangeur hors-pair.

****

8 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Andy Burrows: « Reasons To Stay Alive »

Depuis qu’il a quitté Razorlight, Andy Burrows a opéré un retour vers une pop plus commerciale. Sur son nouvel album, il s’est adjoint la collaboration de l’auteur de best sellers Matt Haigs pour mettre en musique le roman éponyme que ce dernier a publié ce dernier sur sa dépression et son chemin pour s’en sortir. Au-delà de son titre révélateur, Reasons To Stay Alive en est donc la résultante
Premier constat : l’exercice ne semble jamais forcé. Les paroles ont été parfaitement adaptées pour que la prose épouse à merveille les compositions. Côté thématique ;, la rédemption, sujet toujours riche en saisissements demeure toujours au cœur des propos. Entre éloge à la femme salvatrice (« Hero »), récit d’une journée où l’on se sent bien tout simplement (« Lucky Song ») ou raisons de lutter contre la dépression (la chanson-titre) on suivra le patient Matt Haig au travers des différentes étapes de sa guérison comme s’il s’agissait d’un road album passionnel.
Musicalement, on restera en territoire britannique ; on passera sous silence les références à Elton John ou Robbie Williams et on insistera sur les Beatles et Paul McCartney comme pouroyeurs les plus évidents ét réjouissants. Les lignes de basse vrombissent, les pianos s’épandent en belles balades, quelques éparses touches plus modernes viennent réveiller les arrangements. Nous avons ici affaire à un travail artisanal on ne peut plus méticuleux.

Au rayon réussites, citons les guitares slide et le piano sautillant d’un « A Different Game » qui n’aurait pas déparé des entregistrements faits à Abbey Road et, dans un registre aussi proche, « Handle With Care » une très belle pop song à la mélodie intemporelle et dont les réponses chant / contrechant finales se révèlent d’une redoutable efficacité.

Au niveau des surprises, on retiendra « How To Stop Time », ballade ciselée aux orchestrations ambitieuses et le groove quasi hip-hop de « Reasons To Stay Alive ».

Au chapitre des la surconsommation on se gardera du « single » « Barcelona » un peu trop emmitouflé dans la saccharine tout comme « The Story Of Me » : un regard qui se tourne plus vers la variété qu’en direction de la pop et, une oreille pointée vers le grandoloquent et l’ampoulé.

Reasons To Stay Alive est un album honorable, qurtout quand il s’inspire de ce que la pop peut réserver de titres racés. Avec une production un peu moins soignée, bref un tropisme plutôt Lennon que McCartney, il aurait pu être un très bel exemple de ce que les Fab Four auraient pu générer.

***

8 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire