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Jo David Meyer Lysne: « Henger I Luften »

Jo David Meyer Lysne cultive l’acoustique et le spontané. Pour celat, tou n’est chee lui qu’instruments à cordes frottées cuivres bouchés, guitares métalliques qui bourdonnent, contrebasses sèches et flûtes disruptives.

Henger I Luften signifie « prendre l’air » et il est vrai que cet album semble se déplacer sans trop savoir où il va, dirigé par les courants d’air que sont l’instrumentation éparse et la mise en place de cheminements qui se font, qui confortables, qui malséants.

Si la plupart des timbres que l’on peut entendre sur le disque paraissent a priori purement acoustiques (à part quelques discrètes incursions synthétiques, comme sur les mouettes lointaines de « Februar »), bien souvent des manipulations électroniques se cachent derrière, contrôlant la manière dont le son nous parvient… mais ces manipulations sont si subtiles que l’on y voit que du feu, sans se douter qu’une des raisons qui fait que ce que l’on entend sonne avec une telle précision, ou si certains timbres accrochent curieusement l’oreille, c’est qu’ils sont passés par un traitement minutieux en studio.
Tout cela n’est pas gratuit, car en somme cela permet aux musiciens d’affiner l’intensité et la couleur des paysages hivernaux auxquels ils tentent de donner vie. Et plus encore, cette subversion douce des timbres acoustiques, experte mais jamais démonstrative, crée des impressions impossibles, comme celle d’être emmitouflé dans une couverture faite de neige et de coton, quand bien même le froid peut se faire mordant et l’obscurité parfois nous rattrape. Très simplement, un album rude mais accueillant.

***1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Pianos Become The Teeth: « Wait for Love »

Ce quatrième album de Pianos Become The Teeth poursuit la mue effectuée avec leur arrivée sur un nouveau label : oubliés le screamo et les mouvements rageurs, le groupe se consacre désormais à un rock plutôt émo agrémenté de longues plages contemplatives dignes d’un post-rock chanté. La distorsion choisie pour les guitares caresse les oreilles, majestueuses et douces, elles cajolent plus qu’elles ne bousculent. Parfois, le rythme s’accélère mais le chant de Kyle Durfey tempère les ardeurs et recouvre de ouate l’atmosphère. Le travail de production de Will Yip est, à cet égard, très soigné sait très bien mettre en avant leus talents dePianos Become The Teeth

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Les musiciens de Baltimore arrivent à écrire de jolies chansons hors des canons habituels avec des ambiances particulières, rapidement installées et aussi vite remplacées par d’autres sans que l’auditeur ne se perde, tant la teinte de cet album reste, malgré le défilement des titres. Si on est en quête d’un album de rock électrique et capable de de prodiguer tranquillité, ce Wait for Love fera l’affaire.

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7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sulphur Aeon: « The Scythe of Cosmic Chaos »

De quintette passé à trio, Sulphur Aeon a profité de cette mutation pour ajouter des vocaux lumineux à son arsenal ,Le résultat en est un registre plus clair et contemporain. ce qui a pour effet de donner un côté encore plus contemporain à ses titres.

Succès aidant, les moyens de production sont plus conséquents, chose qui se vérifie sur leur dernier opus du combo, un The Scythe of Cosmic Chaos qui démarre avec  Cult of starry wisdom » sur une atmopshère post-metal, un riff mélodique et puissant de cette puissance qui a nom retenue et qui s’avère d’autant plus anvoûtante qu’elle ne se veut pas effrénée.

Le riff introductif de « Yuggothian spell » nous terrasse d’entrée de jeu emais le chant s’y fait clair déclamatoire et proche de l’épique. « The Summoning of Nyarlathotep »mid-tempo et malfaisant s’ajustera sur du Behemoth tout comme « Veneration of the Lunar Orb ».

« Sinister Sea Sabbath » confirmera cette forte inclinaison pour les titres brutaux d’autant plus retors que la rythmique n’est pas trop speed et que priorité est donnée à l’effort mélodique de l’attaque de la la guitare et à un solo irréprochable.

La suite sera du même acabit avec une grandiloquence qui refera surface. Les bilan restera alors mitigé et on ne pourra qu’être songeur voire réservé et sceptique sur les capacités du groupe et sa tendance à faire des choix pas toujours indiscutables.

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7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Emanuele Errante: « The Evanescence Of A Thousand Colors »

Quelques semaines après le disque publié en trio avec Dakota Suite et Dag Rosenqvist, Emanuele Errante reste fidèle à Karaoke Kalk pour son album solo. Poursuivant ses travaux ambient assez minimalistes, l’Italien y livre un disque courtmais empreint d’une beauté fragile, tenant par la minceur des contours mélodiques convoqués, comme par la vulnérabilité des composantes utilisées. Dans une démarche quasi-électroacoustique, Errante sollicite ainsi des apports dont on peine parfois à déterminer s’ils sont électroniques ou réels (le clavier et les cordes de « Shiver », par exemple). Cette indécision ne s’avère toutefois pas perturbante, en tant qu’elle participe du climat qu’entend mettre en place le Transalpin, jouant sur les rencontres et les mélanges, en écho aux visuels de pochette où des pigments de poudres colorées sont prêts à être amalgamés.

 

De petites granulosités ou perturbations grésillantes peuvent également venir bouleverser un peu l’ensemble, comme un nouveau composant chimique viendrait mettre du trouble dans une préparation trop lisse (« Comhaltas »). Dans un autre registre, un propos plus politique s’invite dans la musique d’Emanuele Errante avec un extrait de discours de l’universitaire Pratyusha Pilla, dans lequel la jeune femme traite de la discrimination fondée sur la couleur de peau (« Beauty »). Plus loin, c’est par une instrumentation plus riche et plus scintillante qu’un morceau peut se distinguer (« Komorebi »).

Quel que soit le vecteur choisi par le musicien, demeure pourtant une constante : le caractère chaleureux et accueillant de ses compositions, parfois peut-être un peu trop ressemblantes lorsque les spécificités précitées ne sont pas présentes, mais assurément réconfortantes.

****1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Bob Mould: « Sunshine Rock »

Avec son look de quinquagénaire rangé des affaires, Bob Mould peut tromper don monde. En effet, il avait formé avec feu Grant Hart l’un des groupes les plus excitants du rock indé des US des 80’, Hüsker Dü. Trente ans après Workbook son premier album solo Bob Mould nous montre qu’il toujours dans le coup et publie un impeccable Sunshine Rock.

En un peu moins de quarante minutes, Mould envoie une dizaine de chansons qui pourraient, sans ambages, filer un coup de vieux à toute la concurrence. Le temps qui passe n’a aucune prise sur l’écriture de cet Américain. Toujours fine et incisive, elle a le mérite de nous mettre des uppercuts avec une économie de moyens impressionnante.

Enqgilant les riffs à marche forcée, l’ex Hüsker Dü positive tout ce qu’il trouve pour éviter de tomber dans une dépression qui lui était promise suite aux décès de ses parents.
Sunshine Rock est un disque d’une efficacité redoutable qui double par la droite ses concurrents et sème les autres dans un nuage de poussière.

***1/2

7 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire