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Black to Comm: « Seven Horses For Seven Kings »

Le musicien allemand Marc Richter, l’homme derrière Black to Comm, s’est constitué progressivement une solide discographie en créant surtout des bandes sonores pour performances, pièces théâtrales ou encore films. Ce registre artistique n’est pas un élément anecdotique, dans le sens où ses expérimentations sonores prennent pour chaque occasion une allure précise.

L’expérience de ses différents albums démontre  que Richter est loin d’être un musicien avare en terme de contenus sonores proposés, et Seven Horses for Seven Kings ne déroge absolument pas à la règle. Mais il y a sûrement, vis-à-vis de l’accessibilité de la musique de Richter, un tournant subtil ici qui se manifeste par une démarche assez composite mêlant drone, expérimental et éléments orchestraux.

Sur Seven Horses for Seven Kings cette méthode est poussée à son paroxysme comme l’atteste l’ouverture de l’album (« Asphodal Mansions ») où les cuivres sont annonciateurs d’un théâtre sonore plutôt obscur dont la latence se retrouve dans la plupart des productions du musicien.

Cela se confirmera sur « A Miracle No-Mother child at your Breast » avec les échos ténébreux des rythmes se mêlent à des sons électroniques tranchants qui grésillent, crépitent et forment un délicieux tourbillon.

Les compositions font rarement de place à des propriétés minimalistes, puisque Richter prendun malin plaisir à saturer les couches sonores et jouer avec les intensités. Cela peut même se dérouler à l’intérieur d’un morceau, comme dans « Ten Tons of Rain in Plastic Cup », où le musicien n’hésite pas à casser le mouvement ascendant de la ligne sonore avec un brutalisme inattendu.

En outre, cela participe d’une recherche plus générale r de l’éclatement des sonorités, où les instruments comme la clarinette (« Licking the Fig Tree »), le piano (« Double Happiness in Temporal Decoy ») mais aussi les percussions ou les voix (« If Not, Not ») semblent davantage fonctionner comme des prétextes, des outils, afin d’élargir un maximum les effets horizontaux de sa musique.

La production de l’album est en ce sens à la hauteur, puisque toutes les orchestrations sont rendues selon leurs justes valeurs incisives et riches. Le revers de la médaille sera une systématisation des procédés qui peut tendre à lasser mais aussi à perdre le fil de l’écheveau sonique alors que nous avons été assujettis àmaints procédés hétéroclites.

Autant dire que Seven Horses for Seven Kings apparaît comme un album hautement exigeant, laissant peu de place à la distraction consolatrice ou à des moments de répit. Ce sera le prix à payer pour apprécier pleinement toute composition de Richter qui, au final, s’élabore comme des fragments qui répètent inlassablement la sensation d’une fin des temps et dont l’issue se trouve à chaque fois retardée.

***1/2

6 février 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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