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Ian Brown: « Ripples »

On ne présente plus cette icône de la scène rock britannique des années 90 qui a influencé bon nombre de musiciens depuis la sortie du premier album éponyme de son groupe The Stone Roses. Dix ans après son dernier effort, My Way, le « Monkey Man » revient avec un Ripples qui tente de relancer sa carrière sous les meilleurs auspices.

Pour cela, dix morceaux des plus efficaces, directs et, de ce point de vue, se voulant authentiques composent ce nouvel opus comme pour témoigner de l’intégrité sans faille de son boutefeu qui a su rester loyal à ses premières amours musicales ; des résonances dance-rock avec un œil tourné vers quelques effluves contemporains.

Tandis que « First World Problems », « The Dream and The Dreamer », « Ripples » ou encore « Black Roses » fleurent bon la scène originale de Madchester, certains titres se démarquent par leurs ambiances délicates presque vulnérables que Ian Brown habille d’une voix à la fois maîtrisée et conquérante (« From Chaos to Harmony », « It’s Raining Diamonds »).

Dans ce maelstrom de mélodies théoriquement disparates, les morceaux s’enchaînent avec une complicité assez déconcertante, passant littéralement du « chaos à l’harmonie » avec des mentions spéciales à « Blue Sky Day » d’une pureté étonnante et « Break Down The Walls (Warm Up Jams) » avec son superbe final a capella.

Éminemment fidèle à lui-même, Ian Brown délivre un septième album en solo tout en nuances comme pour soigner à la fois le velouté des roses et leurs épines.

***1/2

6 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Black to Comm: « Seven Horses For Seven Kings »

Le musicien allemand Marc Richter, l’homme derrière Black to Comm, s’est constitué progressivement une solide discographie en créant surtout des bandes sonores pour performances, pièces théâtrales ou encore films. Ce registre artistique n’est pas un élément anecdotique, dans le sens où ses expérimentations sonores prennent pour chaque occasion une allure précise.

L’expérience de ses différents albums démontre  que Richter est loin d’être un musicien avare en terme de contenus sonores proposés, et Seven Horses for Seven Kings ne déroge absolument pas à la règle. Mais il y a sûrement, vis-à-vis de l’accessibilité de la musique de Richter, un tournant subtil ici qui se manifeste par une démarche assez composite mêlant drone, expérimental et éléments orchestraux.

Sur Seven Horses for Seven Kings cette méthode est poussée à son paroxysme comme l’atteste l’ouverture de l’album (« Asphodal Mansions ») où les cuivres sont annonciateurs d’un théâtre sonore plutôt obscur dont la latence se retrouve dans la plupart des productions du musicien.

Cela se confirmera sur « A Miracle No-Mother child at your Breast » avec les échos ténébreux des rythmes se mêlent à des sons électroniques tranchants qui grésillent, crépitent et forment un délicieux tourbillon.

Les compositions font rarement de place à des propriétés minimalistes, puisque Richter prendun malin plaisir à saturer les couches sonores et jouer avec les intensités. Cela peut même se dérouler à l’intérieur d’un morceau, comme dans « Ten Tons of Rain in Plastic Cup », où le musicien n’hésite pas à casser le mouvement ascendant de la ligne sonore avec un brutalisme inattendu.

En outre, cela participe d’une recherche plus générale r de l’éclatement des sonorités, où les instruments comme la clarinette (« Licking the Fig Tree »), le piano (« Double Happiness in Temporal Decoy ») mais aussi les percussions ou les voix (« If Not, Not ») semblent davantage fonctionner comme des prétextes, des outils, afin d’élargir un maximum les effets horizontaux de sa musique.

La production de l’album est en ce sens à la hauteur, puisque toutes les orchestrations sont rendues selon leurs justes valeurs incisives et riches. Le revers de la médaille sera une systématisation des procédés qui peut tendre à lasser mais aussi à perdre le fil de l’écheveau sonique alors que nous avons été assujettis àmaints procédés hétéroclites.

Autant dire que Seven Horses for Seven Kings apparaît comme un album hautement exigeant, laissant peu de place à la distraction consolatrice ou à des moments de répit. Ce sera le prix à payer pour apprécier pleinement toute composition de Richter qui, au final, s’élabore comme des fragments qui répètent inlassablement la sensation d’une fin des temps et dont l’issue se trouve à chaque fois retardée.

***1/2

6 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Building Instrument: « Mangelen Min »

Album après album, le trio norvégien Building Instrument, alias Mari Kvien Brunvoll, Øyvind Hegg-Lunde et Åsmund Weltzien, s’est construit un univers dont les variables forment un ensemble de titres à la beauté captivante, dont Mangelen Min en est la quintessence.

Difficile de décrire la musique de leur nouvel album, tant celle-ci fait appel à ses propres racines, ancrées dans la diversité des genres qu’ils explosent en les exposant à une lumière subtile, qui flirte avec l’évanescent et le liquide, l’aérien et l’aquatique.

Building Instrument captive nos sens en les attachant à des filins de soie, pour les enrouler autour d’un ADN torsadé au groove extra-terrestre. Le passé traverse le présent de sessions d’enregistrements, pour se muer en un futur nuageux sur lequel flotte la voix de sirène de Mari Kvien Brunvoll.

Mangelen Min nous abreuve ainsi de musiques uniques au pouvoir hypnotique dans lequel chaque sortie est un événement que l’on se doit de saluer, celui d’un combo faisant partie de ces formations qui marquent l’imaginaire via leur insatiable création.

****

6 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Cherry Glazerrr: « Stuffed & Ready »

Après une poignée d’albums, Cherry Glazerr a véritablement connu la consécration avec Apocalipstick ce trio de Los Angeles formé par la pétulante Clementine Creevy sortait des sentiers battus avec undie rock grungy et, en même temps, acidulé. C’est toujours avec cette optique qu’ils reviennent avec leur nouvel opus intitulé Stuffed & Ready.

A chaque album son remaniement. Pour Stuffed & Ready, le line-up change quelque peu avec la claviériste Sasami Ashworth qui a quitté le groupe pour se lancer en solo et est remplacée par Devin O’Brien. Cela n’empêche pas Cherry Glazerr de conserver sa virulance avec des titres implacables comme « Ohio » aux riffs bien sentis, mais aussi « Daddi » et « Wasted Nun » qui ouvrent le bal avec hargne et véhémence. Comptant dans ses influences The Pixies et Sonic Youth (« Stupid Fish » par exemple) ou encore The Breeders et Siouxsie and The Banshees, Clementine Creevy fascinera ici de par son art du songwriting.

Monopolisant ainsi l’attention, elle livre avec des excellents titres plus pop comme « Self Explained » et « Isolation » ses textes les plus percutants à ce jour, paroles dans lesquelles elle s’insurge contre une société devenue de plus en plus cynique. Elle pourra, à ce propos, compter sur la participation de Delicate Steve dans « That’s Not My Real Life » ou des influences bedroom-pop comme « Juicy Socks » et « Pieces » lui permettant ainsi d’appuyer ses propos avant d’envoyer tout valser sur une conclusion des plus fougueuses et des plus électriques : « Distressor ».

Avec Stuffed & Ready, Cherry Glazerr signe un album passionant ; le groupe californien continue de s’appuyer sur ses influences tout en restant efficace grâce à des textes viscéraux et altiers qui ne peuvent que susciter notre allégeance.

***1/2

6 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire