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Yak: « Pursuit of Momentary Happiness »

Pursuit of Momentary Happiness est le second album de ce combo londonien et, pour un groupe qui s’est formé en 2014, il brille grâce à une production brute et taillée pour un vinyle qui serait sorti tout droit d’un studio de Nashville. Le résultat est pour le moins revigorant : une sorte de punk arty british enrobé de cuivres soul et de guitares made in America.
Le disque mêle ainsi mélopées bruitistes à la Sonic Youth, paroles haranguées avec un accent Cockney tranché et un sens du groove qui fait mouche. On pense notamment au bouillonnement arty de la scène new-yorkaise du début des années 2000.
L’album démarre pied au plancher, avec l’excellent single « Bellyache » qui justifie à lui seul l’écoute de l’album. Un groove quasi hip-hop, des riffs massifs, un falsetto, des chœurs : pour peu on se croirait chez les Queens Of The Stone Age qui auraient grandi dans l’East End londonien. L’arrivée inattendue des cuivres sur le final propulse définitivement la chanson vers la stratosphère. Morceau de bravoure suivi d’un « Fried » qui amplifie un peu plus cette lancée. La voix d’Oliver Henry Burslem y évoque un jeune Bowie glam qui aurait eu un penchant pour les murs d’amplis façon Dinosaur Jr.


Sur Pursuit Of Momentary Happiness Yak pastiche d’abord une bluette 50’s avant d’exploser en déluge bruitiste. Dans un registre proche, la très belle ballade « Words Fail Me » feramouche grâce notamment à un magnifique final cuivré qui aurait pu figurer sur certains titres des Raconteurs. La suite de l’album permet tra à Yak d’afficher une belle maîtrise des atmosphères et des dynamiques, alternant entre moments apaisés et explosions rock’n’roll gorgées de fuzz, parfois à la limite du Hardcore. « Layin’ It On The Line » sera, ainsi, parmi les plus réussies du lot, avec un couplet groovy psychédélique mutant en une soul décapée à la moulinette électrique à mi-morceau.
Les morceaux les plus bruitistes, Blinded By The Lights ou White Male Carnivore, pencheront, eux ,du côté d’IDLES ou des Sex Pistols et achèvent de faire de ce Pursuit Of Momentary un album passionnant. Affichant une volonté évidente de casser les codes, Yak fusionnent punk, soul et rock’n’roll avec un enthousiasme fdébridé réjouissant. Un peu d’expérimentation qui fait le plus grand bien dans ce monde de streams.

***1/2

2 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Tallies: « The Tallies »

The Tallies est un groupe bâti sur les cendres d’une précédente formation qui n’existe que depuis un an. Précoce, ils sort un premier album éponyme qui a fait qu’on l’a surnommé «  le nouveau meilleur groupe du monde » et qu’il a été ét étiqueté « Album of the month » dans les boutiques Rough Trade Records.

The Tallies constituent un formidable croisement entre Lush, les Cocteau Twins, The Sundays, les Smiths ou même Saint Etienne lorsque la boite à rythme prend le dessus sur la batterie comme dans « Giving Up »).

Il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans et ça n’était sans doute pas l’objectif du combo. Ici, il s’agit d’un disque qui s’écoute comme un petit bijou 90’s, qui se révèle particulièrement brillant. Ça scintille du début à la fin, et on ne s’ennuie pas une seconde : il y a des hits en puissance (« Trouble », « Mother », « Midnight », « Have You », « Not So Proud », « Beat The Heart » ou « Easy Enough »), la batterie de Cian O’Neill ne laisse aucun répit, et la guitare de Dylan Frankland virevolte de cascade en cascade.

Il y a surtout cette voix de Sarah Cogan propre,et qui emmène lauditeur vers une autre dimension. Les Canadiens ne se contentent pas d’exhumer, ils explorent et ressuscitent le passé – avec la nostalgie qui va avec – en lui offrant une éternelle jeunesse. Il y a cinq ans, la ville de Toronto nous avait envoyés Alvvays ; peut-être aurons-nous droit aujourd’hui à The Tallies.

***

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Weezer: « Teal Album »

Y a-t-il plus délinquants garnements que les vieillissants ados de Weezer ? Comme ça, pour le plaisir de faire ce qu’il ne faut pas faire, et pour tuer le temps jusqu’au prochain disque de matériel original, messieurs Cuomo, Bell, Wilson et Shriner se sont offert une salve de reprises anti-insolentes. Exprès. Revisiter l’« Africa » de Toto, symbole du commerce pop le plus lisse qui soit ? Oui. Et « Take on Me » de a-ha, à l’identique ? Oui. C’est tout juste s’ils flanquent du riff bien dégorgé sur leur galette bien composée, pour rester dans l’époque : les guitares grinçantes, c’est tout ce qui distingue leur « Happy Together » de l’originale des Turtles.

Un quart de siècle après leur « Buddy Holly » (dont le clip parodiait la série Happy Days), nos gamins quasi cinquantenaires ne respectent vraiment rien : pensez, leurs vilaines versions sont méchamment jolies. Blasphématoires puisque, comme le disait si bien Oscar Wilde, « La Jeunesse est un Art ».

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

FEVER333: « STRENGTH IN NUMB333RS »

Après un premier EP, FEVER333 remet le couvert avec STRENGTH IN NUMB333RS, leur « debut album ». Pour rappel, le line-up de la bande, c’est un peu le all-star band de l’emo/hardcore déjanté avec Jason Butler de Letliv., le guitariste de The Chariot et le batteur des fabuleux Night Verses. Et puis, pour couronner le tout, aux manettes de ce premier effort, on retrouve John Feldmann et Travis Barker. Et dès les premières notes, la production est énorme et met en valeur toutes les facettes de la bande : explosif et propre. De l’émo, du néo-metal, du hip-hop, vous entendrez tout ça chez FEVER 333, un opus chaotique mais ultra accesssible.

« Burn It » démarre sur les chapeaux de roue avec un riff digne de Rage Against The Machine pour arriver à un refrain emo en diable et surtout addictif en diable. La suite navigue entre passages hip-hop (« Animal », « One Of Us »), passages electro (la douce « Inglewood/3 »), post-hardcore (« Out Of Contro/3 »l et « Prey For Me/3 » qui renouent avec le Letlive.des grandes heures).

La folle ballade qu’est « Am I Here » prenra bien soin à proposer des refrains accrocheurs au possible quitte à empiéter sur les plate-bande de Linkin Park à certains endroits (le refrain de « The Innocent »’’ ou encore le final « Coup d’Etalk »).

Au final, on ne pourra que s’incliner devant les forces en présence et écouter en boucle cet album à la fois novateur et accessible d par sa section rythmique, ses riffs démentiels, ses mélodies imparable et ses vocaux ahurissants. La moindre des choses eu égard aux CVs le ses membres.

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Croatian Armor: « ISA »

Loke Rahbek alias Croation Armorn’en finit plus d’élargir sa palette, déjà large, avec la sortie de son nouvel opus ISA, dont les qualificatifs manquent pour tenter d’en retranscrire la teneur.

Futuriste et avant-gardiste, ISA l’est sans conteste, pris dans une tourmente de machines cousines du HAL de 2001, L’Odyssée de L’Espace accompagné de sonorités organiques échappées d’un espace-temps indéfinissable.

Si les voix invitées sont au centre de ce projet, de Frederikke Hoffmeier (Puce Mary) en passant par Alto AriaJonnine Standish Soho Rezanejad, elles deviennent entre les mains de Loke Rahbek un amas de mots issus de la bouche de chanteurs-conteurs devenant anonymes, les timbres se voyant pitchés ou passés par des effets, pour devenir des outils dont le but est de servir la narration et de rendre perceptible l’imperceptible, de flirter avec la poésie pour s’envoler vers des contrées audacieuses à la beauté crépusculaire.

Les contrastes se chevauchent et se percutent avec délicatesse, bâtissant des atmosphères fragiles baignées de science-fiction éblouissante et de sensations étranges qui parcourent l’épine dorsale pour exploser doucement dans nos neurones gorgés de bulles chromées. Croatian Amor file seul pour ouvrir la route, bâtissant album après album un univers aux allures de grande aventure humaine, gorgée d’amour et d’intensité émotionnelle.

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mono: « Nowhere No Here »

Cela fait 20 ans que Mono engrange les tournées annuelles de plus de 150 concerts et ce dans pas moins de 55 pays. Les Japonais sortent ici leur dixième album, une savante mixture de ost-rock orchestral et de shorgaze bruitiste avançant au rythme de crescendos euphoriques. Sublimée par la beauté comme la mélancolie s’échappant des fidèles piano et cordes (« Far and Further », « Parting »), cette nouvelle salve a elle aussi comme but avoué de capter ce contraste saisissant entre obscurité et lumière, entre calme et chaos : l’écrasant « After You Comes The Flood », comme le tentaculaire « Sorrow » se chargeront à ce titre, à nous le rappeler.

Mono innove cette fois encore en ajoutant à ses arrangements de toujours – majoritairement cinématographiques – de subtiles touches électroniques (un « Funeral Song » assorti de cuivres) que son guitariste Takaakira Goto semble avoir ramené de sa brève collaboration avec John McEntire (Tortoise, The Sea & Cake…), mais aussi le chant désormais assumé avec brio par Tamaki sur un « Breathe » somptueusement aérien

Magnifiquement produit par un Steve Albini qui nous fait découvrir sa capacité à retranscrire tant de délicatesse, Nowhere No Here n’aura pour autant rien de totalement dépaysant pour les amateurs du groupe. Le combo élève ici le post-rock au niveau du grand art ; une exécution appliauée avec expérience et maîtrise mais aussi vectrice d’émotions dans un registre qui en réserve peu. Impressionnant.

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Dandy Warhols: « Why You So Crazy »

The Dandy Warhols sont l’emblème de ce que le rock peut véhiculer en termes de roublardise ; jeu sur l’image, fasse candeur, appropriation de certains clichés du rock and roll en faisant mine de les détourner.

Il y a toujours eu chez eux ce que les Sitationnistes affectionnaient : le détournement des objets et des icônes. Bref, les Dandy Warhols étaient sans doute le combo idéal pour mettre en scène la fin d’un époque et d’un millénaire.

À l’instar de Bowie, Courtney Taylor-Taylor était le dandy en chef de ce message, à la fois blasé, hédoniste, désinvolte et cool dans un registre musical qui était le leur ;entre glam, indie, et rock and roll et une belle dose d’impertinence.

Au fond, s’il est un combo à qui on devait comparer The Dandy Warhos, ce serait, non pas Bowie ou Lou Reed, mais, tel un Caïn devenu Abel ; son frère de coeur, Anton Newcombe and the Brian Jonestown Massacre.

Temps aidant, foin d’excès pourtant et moins de références au « rock and roll lifestyle », l’attitude changera donc et le groupe, plus discret en terme de présence et de retombées est toujours là, leçons tirées par un Taylor-Taylor qui admet lui-même qu’il est trop vieux « for this shit ». Après une tournée européenne « sold out », histoire de fêter leur 25 ans d’existence le groupe sort alors un tout nouvel album intitulé Why You So Crazy.

Ce disque est à l’image de ce qu’ont toujours été les Dandy Warhols : fun, élégant , étrange et parfois angoissant. Cela va donner alors un côté obscur à ce Why You So Crazy quasi-schizophrène. Avec des passages réjouissants et ultra-pop, tendance « western – country – surf » colorée d’enluminures flios: « Motor City Steel », « Small Town Girls », la formidable berceuse pour cowboy en fin de carrière « Sins Are Forgiven » ou encore « Highlife », avec Zia McCabe au chant. Et d’autres moments beaucoup plus sombres et synthétiques, où les guitares – si elles sont encore là – sont délibérément reléguées au deuxième, voire au troisième plan.

Sans clairement virer electro, « Next Thing I Know » se voudra atmosphérique. « Thee Elegant Bum » et « Terraform » bénéficieront d’une basse plus prononcée et dansante, mais sont aussi à ranger dans la partie « expérimentation » de cet album qui cache d’autres curiosités. Ce sera alors le cas de la ballade gothique accompagnée au piano piano qu’est « Forever ». Premier « single » et autre grande réussite (en forme de mise au point avec l’industrie du disque), aux côtés de l’inquiétante et tortueuse « To The Church », clin d’œil à l’église dans laquelle veut entrer Bowie au temps de son « Modern Love ».

L’efficacité de « Be Alright »t et sa progression de guitares sera, de ce fait, eut être un bon point d’appui pour tenter d’apprivoiser le neuvième épisode de la saga Dandy Warhols. D’ailleurs, Why You So Crazy n’est pas un disque à effet immédiat. Riche, rempli de fausses pistes, il se conclut même par une sonate au piano de plus de six minutes. Comme si Courtney Taylor-Taylor décrétait le retour au calme avec cet espoir, un jour, de retrouver l’image que l’on a pu avoir de la « classe américaine », celle fantasmée par des Dandy Warhols toujours aussi fantasques et aventureux, anachroniques mais résolument modernes ; même après ce quart de siècle que personne n’aura vu passer !

****1/2

2 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Fahrland: « Oneness »

Derrière le pseudo Fahrland on retrouve l’allemand Alexander Geiger pour un disque avec voix passée à l’Auto-Tune. Habituellement ce genre de disque n’a aucune chance de dépasser le cap des deux écoutes. Exception pourtant ici pour ce procédé vocal : Onenes mélange trip-hop / soul / r’n’b, de manière fluide et charmante.

On mettra en exergue ces qualités pour oublier cette envahissante présence vocale robotique qui, aujourd’hui, pollue trop d’albums du même style.

***

2 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire