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Pavo Pavo: « Mystery Hour »

On avait pu tomber sous le charme de Young Narrator In The Breakers, le premier album de Pavo Pavo, qui avait su développer une atmosphère intimiste dans sa musique, un climat autre, celui d’un couple, Eliza Bagg et Oliver Hill, Un couple qui s’est séparé entre la sortie du premier album et l’écriture du nouveau venu, Mystery Hour

Loin de marquer un coup d’arrêt à leur carrière, cette séparation a été signe d’un nouveau départn our le combo de Brooklyn. Ce nouvel opus est particulier car il relate ladite rupture mais le fait sous la forme d’une collaboration artistique entre les deux ex-partenaires ; démarche suffisamment atypique pour être soulignée.

En dehors des qualités d’écriture et d’arrangements pléthoriques de l’album, c’est aussi cette singularité de situation qui donne à Mystery Hour sa force poétique et esthétique. La richesse des arrangements, les états d’âmes variables, liés à un questionnement du couple sur leur nouvelle place respective sont ici exploités pour faire de Mystery Hour une sorte de road album sentimental, dont chaque piste serait un épisode nouveau, teinté d’une atmosphère différente, oscillant entre le détachement, l’enthousiasme, et une mélancolie presque glaçante.

La musique de Pavo Pavo est référencée, pour ne pas dire savante : le couple s’est rencontré à Yale ou ils appartenaient au même quatuor à cordes. Ainsi, la couverture du disque, qui figure le duo se faisant face, à distance, sur une plage, pourrait être tirée d’un film d’Antonioni, et le groupe cite autant Ingmar Bergman que David Hockney comme influences.

La profusion de tessitures et de timbres (clarinettes, claviers, cordes, voix pitchée) est savamment arrangée, tout en conservant la tonalité et la finalité résolument pop des intentions musicales du couple, soulignée par les stimulantes et entêtantes lignes de basse. On pense tour à tour à Robert Wyatt, aux sixties des Beach Boys à l’écoute du son de guitare de « Close To Your Ego », et même furtivement à Metronomy pour les sons de claviers et de basse).

Le climax de cette épopée ayant la séparation pour fil rouge se situe naturellement à la toute qui clôt Mystery Hour, avec un magnifique morceau conclusif ; « Goldenrod », un titre sur lequel Eliza Bagg et Oliver Hill chantent à l’unisson avec des voix manipulées à l’autotuning, pitchées et méconnaissables, offrant à l’un et à l’autre, ainsi qu’à l’auditeur, une altérité transformée et résolument originale. Plus que nouveau départ, Mystery Hour est une nouvelle envolée.

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1 février 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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