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Night Beats: « Myth of a Man »

Night Beats est un groupe américain qui s’était jusqu’ici surtout fait connaître pour sa musique mêlant Garage Rock et Blues texan, état dont est originaire le chanteur Danny Lee Blackwel. Au fil des albums ils ont progressivement fait évoluer leur Rock terreux et énergique pour arriver à ce quatrième opus, « Myth of a Man », qui marque un tournant dans leur discographie.

Moins Blues, plus Soul, Night Beats semble avoir tourné son regard vers Nashville tout en conservant un jeu de guitare teinté de psychédélisme 70’s. A vrai dire, cet album s fait beaucoup penser à Arctic Monkeys, ou ce à quoi aurait pu ressembler son successeur s’ils étaient restés concentrés sur les guitares, notamment parce qu’il y a indéniablement quelque chose d’Alex Turner dans la façon de chanter de Danny Lee Blackwell. Une voix plutôt chaude, un petit côté crooner qui fonctionne à merveille sur des titres posés et particulièrement mélodiques tels que « (Am I Just) Wasting My Time ».

L’aisance du trio dans cet exercice de style confère à Myth Of A Man le son d’un autre temps, très 60’s à de nombreuses reprises (« Eyes On Me » ou « Stand With Me » dont l’introduction fait beaucoup penser à la version originale de « Layla »).

Ajoutons quelques titres vraiment marquants comme « Her Cold Cold Heart », le plus direct « One Thing » ou le beau final rêveur et magnifiquement orchestré qu’est « Too Young To Pray ».

Avec un pied du côté de Black Rebel Motorcycle Club, et un autre vers chez Jack Whit, voilà un bien jloli disque réalisé avec maîtrise et cœur, personnalité et complétude.

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29 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Swervedriver: « Future Ruins »

Rescapés du bouillonnement rock des 90s, Swervedriver continue à prodiguer aujoirdhui une pop énervée sur fond de murs de guitares explosives. Parmi les derniers représentants du shoegaze encore en activité, le combo livre un album en forme de déclaration d’amour à ce genre enseveli et à la puissance de l’électricité servie par la six cordes.
Le groupe taquine ainsi la mélodie un peu à la façon les Écossais de Teenage Fanclub mais avec un goût plus appuyé pour les arrangements propulsés à la distorsion et aux roulements de caisse claire. « Mary Winter » qui ouvre ainsi l’album se révèle comme le titre le plus réussi de ce Future Ruins, grâce à un cantilène qui s’incruste dans le pavillon auditif pour ne plus en sortir. « The Lonely Crowd Fades In The Air » poursuivra le même registre pop sans se révéler, toutefois, aussi frappant. Plus loin, « Drone Lover » vrombira comme une pépite et le plus power pop « Spiked Flower » se révèle ra tout aussi attachant..


Le reste des morceaux peinera néanmoins à convaincre. La faute à une son monolithique et répétitif et une voix fragile qui manque de charisme pour transformer l’essai de ces brûlots sur la longueur « Golden Remedy » ou « Good Times Are So Hard To Follow , titre on ne peut plus ironique.

La même remarque pourra être également faite sur ce « Everybody’s Going Somewhere & No-One’s Going Anywhere » qui semble, lui, aussi, n’aller nulle part.

Jormis la nostalgie sympathique d’un son anachronique, il ne reste malheureusement pas grand-chose à se mettre sous la dent. Swervedriver auraient sans doute gagné à expérimenter davantage et à débrider leur créativité sur ce Future Ruins, quitte à l’éloigner des codes balisés d’un idiome qu’il a déjà bien longtemps exploré.

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29 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Alice Merton: « Mint »

Un joli minois avec une pochette pour le moins aguicheuse ; il n’en faudrait pas plus pour cataloguer Mint de Alice Merton comme un produit de consommation pop-rock soigneusement empaqueté et ficelé.

« Learn To Live » qui entame l’album ne dissipera qu’à moitié les réticences ; entre pop et variété a quelque chose de séducteur un peu trop séduisant. Il faudra pousser le bouchon un peu plus loin, sur « Two Kids » par exemple pour que le clou ne soit enfoncé et de manière bien profonde.

La suite sere, certes prévisible, mais , qu’on le veuille ou non, positive et même addictive. « No Roots » puis « Funny Business » montreront que la demoiselle puise son inspiration là où il lui sied avec bonheur (la dance pop sur « Funny Business », le groove harmonieusement cadencé avec « Speak Your Mine » voire le tragique et poignant « Honeymoon Heartbreak »).

« Why so Serious » résumera ainsi sur quel registre Mint doit être considéré: pétillant et sexy comme sur « Lash Out », dans l’air du temps quand celui-ci se veut ensoleillé (« Trouble In Paradise »); en bref, un album qui puise dans ses références qu’il ne se permettre pas de qualifier de racines.

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29 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sneaks: « Highway Hypnosis »

Ce titre rend bien l’ambiance de ce troisième opus d’Eva Moolchan, alias Sneaks. L’hypnose, elle est dans les subtiles nuances, l’apparent minimalisme instrumental, la répétition et l’allitération, les percussions tout en lenteur chez cette artiste qu’on aura aussi bien classée dans le post-punk que dans le hip-hop par le passé. Objet protéiforme, donc. Moolchan prend son temps ici : Highway Hypnosis respire avec allégresse et même alacrité. Quel effet sur l’esprit ressortira alors gagnant de ce duel entre aliénation et transe ?

Misant parfois sur le grotesque (« Addis », « The Way It Goes ») et parfois sur l’apaisement du trop alangui (« Saiditzoneza », « Money Don’t Grow on Trees »), cette nouvelle oeuvre de la musicienne de Washington agit bel et bien sur le corps. Difficile de ne pas rapprocher Moolchan d’autres artistes femmes sans peur, comme M.I.A. (« Hong Kong to Amsterdam »), Sudan Archives ou Princess Nokia (« Ecstasy »).

***1/2

29 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire