No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Julian Lynch: « Rat’s Spit »

Après un hiatus de six années le guitariste et musicologue des Real Estate renoue avec le mode solo, un septième oups aux climats un brin expérimentaux et psychédéliques mais avant tout abondamment rêveurs. La production est complexe et luxuriante, l’agencement sonore s’empile en couches denses et déstructurées liés les unes aux autres par une pléthore d’instruments et d’effets.

Rat’s Spit septième opus de sa discographie en solo n’est en aucune façon calqué sur son collectif du moment. Les climats sonores développés sont un brin expérimentaux et psychédéliques mais avant tout abondamment rêveurs. La production est complexe et luxuriante, l’agencement sonore s’empile en couches denses et déstructurées liés les unes aux autres par une pléthore d’instruments et d’effets. Seul maître à bord sur ce nouvel LP Lynch y joue de tous les instruments, chante de sa voix relaxante et fragile et assure aussi la production. La paternité de ce nouvel album est donc sans équivoque.

Rat’s Spit (nom inspiré par un personnage du film « Dungeon Master ») a été mené en parallèle avec sa thèse d’anthropologie mais le traumatisme de l’élection américaine de 2016 lui fournira également ses dernières cartouches et apportera à son projet son lot de mauvaises et alarmistes vibrations.

« Catapulting » nous projette spectaculairement dans un voyage aux couleurs musicales riches et luxuriantes. Très orchestral et ambitieux ce morceau flotte comme la voix de son maître. Point de tempo aux crescendos explosifs mais un mantra alimenté par un synthé aérien et quelques soubresauts de guitares saturées. Le single « Meridian » est un cas d’école, Julian Lynch y combine les mélodies et génère des dissonances ; le tempo et la pulsation de la batterie et de la basse sont feutrés, mais, sous-jacente, une guitare saturée menace et gronde. Ici est bien résumé toute la particularité de cet opus : sa lecture et sa découverte se font sur plusieurs niveaux.

L’éponyme « Rat’s Spit » est sur le même registre mais il va se densifier au moyen d’effets luxuriants à grands renforts de suppléments d’électroniques. Lynch n’abandonnera pas pour autant son instrument fétiche ,la guitare mais sil s’ingéniera à rendre sa 12 cordes méconnaissable sur « Floater ».

Toute apprêtée qu’elle soit, la musique de Lynch demeure organique, elle renvoie par instant aux ambiances sonores crées en son temps par Ian Master (Pale Saints) via sa formation Spoonfed Hybrid, on peut aussi y entendre un peu de Slowdive ou de Spiritualized. Son style musical est à la croisée d’un post-rock serein, d’une indie planante ou d’une dream pop orchestrale et ambiante. Le songwriter et guitariste du New Jersey n’endosse pas ici le rôle d’un professeur. Cet album de pop moderne n’est pas réservé aux érudits, il est juste bien agréable à l’écoute et très abordable. Il résume en tout cas le travail d’un musicien appliqué et concerné.

****

25 janvier 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :