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Juliana Hatfield: « Weird »

Weird est quand même le dix-septime album de cette vétérane du rock féminin dont la dernière manifestation avait ét un disque de reprises de Olivia Newton-John (sic!)

Placé sous le signe du retour aux sources, la légendaire membre des Blake Babies et autres Lemonheads fait ce qu’elle sait faire de mieux: des chansons indie rock implacables avec un goût de la narrativité bien prononcé. C’est à coup de reverbs fuzzy et de rythmiques efficaces comme « Staying In » qui ouvre le bal mais également « It’s So Weird » qui symbolise à elle seule le style musical et « No Meaning ». La cinquantenaire sait maîtriser son affaire entre brûlots garage (« Paid To Lie », « All Right, Yeah ») et indie plus classiques (« Broken Doll », « Everything’s For Sale ») sans oublier sa ribambelle de ballades (« Receiver », « Lost Ship »).

Même si la scène indie rock féminine est dominée par de jeunes pousses qui ont plus de la moitié de l’âge de Juliana Hatfield, cette dernière réaffirme sa position de vétéran dans le domaine. Weird n’en reste pas moins un disque sympathique allant droit au but même si il ne révolutionnera ni le genre ni la grande discographie de cette grande dame qui a déjà suffisamment donné pour qu’on ne se montre pas trop exigeant.

***1/2

24 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Amp: « Entangled Time »

Duo basé à Londres, composé de Richard Walker et Karine Charff, Amp a déjà une belle carrière derrière lui avec une quinzaine d’albums au compteur. Ils sont de retour avec cinq longues nouvelles compositions où l’on découvre des climats brumeux avec un mélange de post-rock, de shoegaze et d’ambient music.

Evoquant tour à tour Windy & Carl, Sigur Ros ou Fennesz, la musique de Amp vous enveloppe tout doucement pour ne plus vous lâcher, développant au fil des minutes des motifs de guitares lents accompagnés de nappes de synthés, de cordes et de voix éthérées presque indistinctes.
Un disque convaincant, aux contours délicieusement flous, comme s’il avait été composé dans la brume hivernale londonienne.

***1/2

24 janvier 2019 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Black Foxxes: « Relðl »

Black Foxxes est un trio originaire d’Exeter et, si pour ce deuxième album ils nous demandent dentendre leur rage, Relðl en Islandais, ile ne la traduisent pas de manière virulente. Les dix titres de ce deuxième album sont de teneur mélancolique et, si iles expriment la saouffrance, elle est de nature mentale plutôt que physique. La musique balance en effet entre britpop et rock indé avec des titres de facture classique comme « Sæla » ou « Take me home » et une construction, elle aussi, conventionnelle.

On a donc droit à des démarrages très épurés (une voix et quelques arpèges) pour une montée en puissance progressive, et de la pop de base comme sur « Am I losing it ».

Seul « Joyk » verra Black Foxxes sortir un peu les crocs mais l’essentiel ne sortira pas du segment indie pop bien construite, neurasthénique et un poil annuyeuse avec des mélodies agréables et sans réelle prise de risques.

**1/2

24 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Lost Under Heaven: « Love Hates What You Become »

Quelques années ont passé, depuis le premier album de ce duo originaire de Manchester. Lost Under Heaven a mûri ce sequel abrasif comme un retour en force, une délivrance des malédictions d’antan. Mais au prix d’un réel renouveau. Ebony Hoorn et Ellery James Roberts en ont déjà battu, des démons. Formé en 2016 après la fin du projet WU LYF, le couple a façonné dans l’ombre l’un des plus beaux albums de ces dernières années, Spirituel Songs For Lovers To Sing. Un recueil de chansons aussi poignantes que saillantes, délivrées depuis le cœur de ses musiciens. Lost Under Heaven est très vite considéré, à raison, comme un souffle nouveau et bienvenue sur l’art rock indé. Le temps et la prolifération des nouvelles scènes auront, en effet, eu raison de cet opus dont la prise de risque initiale a été si décriée qu’il est surprenant de voir le duo revenir, chargé d’un nouvel album.

Après la catharsis, Love Hates What You Become peut paraître comme étant une suite mort-née. Dépasser les limites imposées par le premier opus, était-ce possible ? Au-delà de l’attente, l’impatience qu’on pouvait ressentir à l’attente ce disque, il y demeurait aussi la peur que le groupe se noie dans son propre concept, dans la redondance.

Mais il est plus question ici de renaissance. Après l’ode à la nuit, le groupe tente une proposition plus organique et brute, moins synthétique. Comme une aube, annonçant le renouveau, Love Hates What You Become devient, au fil des écoutes, d’autant plus palpable et émouvant. Lost Under Heaven n’est plus ce mystérieux duo brumeux, dont les souffrances ternissent les sonorités. Cela n’a jamais été un défaut en soi. Cependant, le groupe semble aujourd’hui beaucoup plus en phase avec son tiraillement et ne se cache plus derrière l’électronique.

Si ces dix nouveaux morceaux n’atteignent pas l’intensité effleurée par le premier album, LUH n’est plus l’ombre de lui-même, et c’est une bonne nouvelle. Le duo va de l’avant et élargit ses sonorités.

De l’aventure shoegaze digne de l’époque Disintegration des Cure (« Most High »), au coups-de-poing électrisant « Come », le groupe a cette fois-ci décidé de privilégier l’outil, l’instrument de musique.

« The Breath of Light » et « Black Sun Rising » sont suspendus dans un univers commun. Celui où Hoorn et Roberts percutent la folk de leurs voix évasives et éraillées. Le terrain est fertile pour le morceau éponyme – l’un des plus réussis. « Love Hate What You Become » raisonne comme une ballade faisant office de chemin de croix. Une remise en question de l’amour dans son état le plus primitif. L’étrange « Savage Messiah » fait écho au segment blues-rock dans lequel le groupe se complait désormais, à l’image du single « Bunny’s Blues ».

Le disque propose dans sa conclusion un déversement de nostalgie. Retour en 2016 avec le très beau « Post Millennial Tensio »”, qui dans sa construction rappelle fortement les débuts. De la même manière, le riff épuré débutant « For The Wild” »nous propulse une dernière fois à l’état sauvage, de la plus belle manière qui soit.

Dans l’absolu, Loves Hates What You Become suscite un intérêt qui, malheureusement, n’est pas aussi marquant que son prédécesseur. Lost Under Heaven fait parti de ces groupes précoces, qui ont atteint, dès leurs débuts, l’apogée. Moins aérien et contemplatif, le duo matérialise son énergie dans l’essence même de la musique. À ne pas méprendre : physique et musclé, ce deuxième volet peut aussi être, à posteriori, un miracle pour Lost Under Heaven. Une remise à niveau, un retour sur Terre qui imposera, par la suite, à prévoir un nouveau départ en orbite. Pour aller encore plus loin.

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24 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire