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Born Of Osiris: « The Simulation »

Born Of Osiris est un combo très puissant techniquement mais il est également très attaché aux mélodies. Ce groupe a un vécu certain et, pour cette raison, il peut être sujet à des pannes d’inspiration, ou une routine qui réduit la portée de celle-ci surtout quand on considère un registre bien balisé et dans lequel il est aisé de verser dans la complaisance.

: Le groupe a choisi, pour ce cinquième album, de placer un single sur la ligne de départ; « The accursed » est un bon titre dans la mesure où il respecte les canons du genre. De ce point de vue, le morceau en devient si prévisible qu’on n’est pas loin du « pompier ».

« Disconnectome » qui lui fait suite est plus profonf dans le registre deathcore assez sobre alors que « Under the gun », lui, agrémente avec efficacité sa qualité mélodique à à refrain hip-hop et RnB.

S’ensuivra un court interlude (« Recursion ») durant lequel on se retrouve en terrain plus connu alors que « Analogs in a Cell » enchaînera avec un refrain très pop qui passera encore mieux avec des soli velus et des ambiances limites malsaines. « Silence the Echo » est le premier single officiel avec un le refrain assez typé et si homogène qu’il évite de peu le convenu.

Le dernier morceau, « One without the oOher », permettra d’aborder les choses de manière qui se veut plus conclusive en mixant les genres et les ambiances et en faisait se cohabiter heavy metal et rock plus mélodique. On regrettera que cette bonne idée ne se soit pas élargie à tout un album qui va indéniablement plus dans la « simulation » que dans la vivacité discursive.

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22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Night Flowers: « Wild Notion »

Night Flowers est un quintet londonien formé par la chanteuse Sophia Pettit et qui virevolte entre indie rock, dream-pop et shoegaze. Après avoir publié une poignée d’EPs et de singles afin de faire parler d’eux, les voilà qu’ils présentent leur premier album intitulé Wild Notion.

Après avoir tourné auprès de The Pains of Being Pure At Heart, il était clair que l’on allait déceler chez eux des sonorités du groupe new-yorkais, à savoir des morceaux doux-amers et planants. lntre riffs lumineux et rythmiques sobres, Night Flowers nous propose du dream-pop/shoegaze plutôt propret avec des titres comme l’introduction « Sandcastles » mais également un « Resolver » aux chœurs entraînants ou « Let Her In ».

Night Flowers maîtrise son affaire et on se laisse bercer facilement par la voix de Sophia Pettit qui arrive à élever ces morceaux irréprochables que sont « Losing The Light », « Hey Love » ou « Fireworks ». On relèvera cependant quelques morceaux qui sortent un peu du lot comme le plus bouleversant « Head On » ou encore les grosses guitares de la conclusion « Cruel Wind ».

Sur ce premier album, le quintet londonien démontre une grande maîtrise dans ses composition même s’il peine encore à faire montre d’originalité dans un secteur fort concurrentiel. Un second opus sera, peut-être, plus concluant.

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22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Kartikeya: « Samudra »

Le sextet métal russe Kartikeya a cette particularité depuis pas mal d’années d’intégrer dans son cocktail électrique, fait de death et de thrash, des influences indiennes, plus précisément de la musique hindou. Cette dernière caractérisée par la structure et l’improvisation s’est de nouveau fait une (petite) place sur Samudra, le troisième album du combo 6 ans après le précédent. C’est d’ailleurs et surtout sur le titre « Kannada » que l’alliance entre les deux univers est la plus réussie grâce à la participation de Karl Sanders de Nile, un habitué des musiques ethniques contemplatives et de Sai Shankar.

Le reste du temps, on ne sera pas gavé de ragas mais plutôt dune grosse rythmique bien percutante et de riffs étoffés comme il se doit. Grosso modo on a droit à une interprétation qui rappellera Lamb Of God, très bien exécutée entrecoupée de passages aux ambiances plus éthérées ou reposantes « Samudra », « Kumari Kandam »). Sans revisiter le genre, Samudra plaira très probablement aux mordux de métal qui se passionnent pour le symbolisme et la culture hindou.

**1/2

22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Adam Basanta: « Intricate Connections Formed Without Touch »

En même temps qu’une tournée en duo avec le saxophoniste Jason Sharp, Adam Basanta publie ici un album solo. Connu pour ses travaux électroacoustiques, comme pour ses propositions plastiques, le Canadien s’attache à livrer six morceaux et un remix dans lesquels les improvisations de sa guitare sèche se trouvent découpées, remontées et agrémentées de divers apports.

Comme souvent dans un tel registre, les interventions de l’instrument acoustique prennent plus ou moins de place, et sont plus ou moins perdues dans les expérimentations électroniques. C’est ainsi qu’on passe d’un morceau où les cordes de la guitare sont très identifiables (le morceau-titre, qui ouvre l’album) à une piste beaucoup plus ambient, dans laquelle affleure à peine le nylon et le métal de la six-cordes (« Flora & Fauna) », puis à une autre plus abstraite et remplie de fluctuations électroniques (« Joy »).

Les tapotements, ici présents, peuvent, au regard des conditions d’enregistrement de cet album, être lus comme des petites frappes d’Adam Basanta sur les cordes de sa guitare, captées par ses micros et retraitées par la suite. En vérité, on se rend alors compte que, plus le musicien s’écarte de son postulat de départ, plus il se fait pertinent, à l’image de « 1000 Tunnels » et sa confrontation entre pépiements électroniques et petites bribes mélodiques, jouant habilement sur le caractère aigu des sonorités convoquées.

Forts d’un tel déroulé, nous ne serons pas surpris de parvenir alors au remix de « Flora & Fauna », intitulé « Alien Architecture », où la présence de la batterie de Basanta donnera encore davantage de corps à l’ensemble.

***1/2

22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Buke And Gase: « Scholars »

Il est des musiques autant épuisantes qu’inspirantes. Le duo new-yorkais Buke and Gase fait certes partie de cette frange marginale de la musique indie pour qui le goût de l’expérimentation l’emporte sur le désir de jouir d’un succès de masse. Six ans après l’excellent General Dome, Arone Dyer et Aron Sanchez remettent ça avec Scholars, où post-punk, prog et pop baroque font encore bon ménage.

Buke and Gase (autrefois épelé Buke and Gass) ont souvent fait parler d’eux pour la singularité de leur proposition. À la fois musiciens et inventeurs, les deux comparses ont littéralement créé leurs instruments de leurs propres mains : un ukulélé baryton pour « Dyer ») et une guitare composée à la fois de cordes de basse et de guitare (la gase) pour Sanchez. À cela s’ajoutent divers instruments de percussions actionnés par les pieds et des pédales d’effets faites maison. Le résultat sonore est forcément un peu éclectique, et le duo a su se forger un style quasiment inimitable.

Dans sa critique de General Dome en 2013, on peut s’étonner que le succès de Buke and Gase demeure encore modeste malgré la voix superbe de Dyer et l’inventivité des mélodies. On aurait pu croire également que le fait d’avoir été recruté par la maison de disques des frères Dessner (The National) allait assurer au duo une certaine visibilité médiatique, mais ça n’a pas été le cas. La raison en est peut-être que le groupe peine à s’affranchir de son étiquette de simple « curiosité », alors que sa musique mériterait pourtant d’être écoutée pour ses qualités, aussi inclassable soit-elle, et non pas seulement comme un phénomène un peu bizarroïde.

Scholars permettra peut-être à Buke and Gase de dépasser le stade de la confidentialité. Certains éléments peuvent le laisser penser. Sans avoir perdu de sa prédilection pour les constructions complexes où les rythmiques binaires et ternaires s’entrechoquent parfois, le duo offre ici quelques chansons un peu plus accessibles malgré leur hyperactivité, et qui lui vaudront sans doute certaines comparaisons avec le travail de St. Vicent. C’est notamment le cas de « Derby », extrait lancé en octobre dernier, où la voix puissante de Dyer, sorte d’hybride incongru entre Victoria Legrand de Beach House et Gwen Stefani, surfe sur une pulsation lourde et inquiétante. On pense aussi à « Grips » ou « Flock, » qui flirtent avec le R&B et même le hip-hop, mais dans une esthétique qui n’a bien sûr rien à voir avec les canons du genre.

Sur le plan instrumental, le jeu de Dessner (non seulement sa « gase » mais aussi la multitude d’effets qu’il lui applique) continue de s’abreuver à diverses traditions de musiques hors normes. Sa façon d’attaquer les notes graves dans l’intro du morceau-titre rappelle le travail de This Heat, un des groupes les plus inventifs de la vague post-punk de la fin des années 70 et du début des années 80. Les amateurs du groupe de rock progressif King Crimson (la période post-1970) reconnaîtront aussi certaines envolées dignes d’un Adrian Belew sur une composition comme « Pink Boots ».

Si Scholars s’avère un album tout à fait réussi qui plaira aux amateurs de musiques aventureuses de toutes sortes (le duo a déclaré qu’il faisait du chamber punk), il n’en demeure pas moins que Buke and Gase peut parfois épuiser nos oreilles. Entre les manipulations appliquées à la voix (oui, il y a de l’auto-tune) et le vrombissement des percussions, le groupe ne nous laisse pas beaucoup de temps pour reprendre notre souffle. Mais on ne peut pas lui reprocher de faire dans la facilité.

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22 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire