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Geir Sundstøl: « Brødløs »

Deux ans après Langen Ro, Geir Sundstøl qui, profitant toujours de la richesse de la structure norvégienne à laquelle il appartient, a choisi de s’entourer à nouveau de nombreux invités et élargir sa palette à des musiciens et compositeurs anglo-saxons.

Par rapport à l’effort précédent, l’aspect jazz semble ici renforcé, notamment par la présence de la trompette de Nils Petter Molvær, propre à apporter une ampleur supplémentaire (comme sur « Leben » ou »Kraag »), à la basse à six cordes de Jo Berger Myhre ou au xylophone d’Erland Dahlen (« Blunder) ». Si la volonté de jouer sur les « grands espaces », voire la dimension « cinématographique », qu’appellent évidemment de tels truchements, peut paraître un peu forcée et cliché, la cohérence du propos de Geir Sundstøl joue en sa faveur, à partir du moment où le Norvégien est coutumier de ce mariage entre jazz et blues, voire entre une forme de musique ambient et blues.

Dans ce contexte, retrouver, au milieu du disque, une reprise du « Warszawa » de David Bowie n’est pas forcément surprenant de par son caractère quasi-instrumental et la conjonction synthétiseurs et vocalises. Ici, ce titre se trouve croisé avec une relecture de l’« Alabama » de John Coltrane, dans une hybridation habile qui permet à Sundstøl de s’inscrire dans les pas de musiciens ayant parvenu à conjuguer expérimentations et large reconnaissance.

Pris dans les volutes et slides lascifs des différentes guitares utilisées, l’auditeur ne pourra donc que regretter la relative brièveté de l’album (huit morceaux pour trente-six minutes) et être incité à, très vite, reprendre le disque dès son début.

***1/2

20 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Fist Of Facts: « Fugitive Vesco »

Ce petit bijou est sorti en 88 des caves sombres du Lower East Side new-yorkais, projet protéiforme qui a suivi la fin de Liquid Liquid, groupe phare de la no-wave des années 1980. Fugitive Vesco, l’album, est aussi élusif et énigmatique que le visuel qui coiffe sa pochette : il a certes une forte notion de contraste entre les différents éléments constituants, avec, en première ligne, les percussions colorées et fluides.

Dans cette optique, la parenté avec Can la krautrock et Fela Kuti est palpable. Mais on parlait de contraste : la voix de fausset chargée d’invectives de Salvatore Principato, à la tête du projet, surplombe une instrumentation parfois cassante, cérébrale (on reste bien dans le genre post-punk), mais aussi donc un groove langoureux, un jazz amoureux et lumineux.

***1/2

20 janvier 2019 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

James Blake: « Assume Form »

Assume Form… mais laquelle, au juste ? À ses débuts, le compositeur James Blake tissait de complexes toiles électroniques avant-gardistes, parfois ornementées de son falsetto caractéristique. Dix ans, quatre albums et plusieurs rencontres en studio (Beyoncé, Frank Ocean, Kendrick Lamar) plus tard, l’expérimentaliste a mué en auteur-compositeur au goût juste et à l’âme plus légère que sur ses précédents disques. Les structures soul-pop classiques comme celles des superbes ritournelles « Into the Red », « Can’t Believe the Way We Flow » et « I’ll Come Too », le duo avec Rosalía et le titre, presque house, avec André 3000, font la preuve par cinq de l’expérience acquise depuis les grooves abstraits de son premier album.

Blake privilégie désormais la mélodie, le texte et l’interprétation vocale, épurant au passage les orchestrations, dont les effets de studio pouvaient parfois barrer la route à un bon refrain. Tout n’est pas parfait ici (« Power On » par exemple ou quelques incursions hip-hop pour le moins simplettes), mais sa forme de crooner pop inspiré est pleinement assumée.

***1/2

20 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire