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El Búho: « Camino de Flores »

Robin Perkins et un producteur de musique britannique qui travaille sous le nom de scène El Búho. Non seulement est-il dépourvu d’attaches géographiques, son répertoire musical semble vouloir s’apparenter à ce même cheminement Camino de Flores, son deuxième album, est une escapade de sons ambient en plusieurs lieux frémissants — jungle, plage, espace, piste de danse — qui ne se décrit pas tout à fait unilatéralement.

El Búho aime en effet superposer des couches mélodiques, où se distingue néanmoins toujours un droit fil, et jouer sur des sons trompe-l’oeil : ce bruit d’insectes (véritable), ne serait-ce pas finalement des percussions ? Très inspiré par la nature, cet album divertissant est parfois calme (« Mirando el Fuego »), mais sa ligne est surtout pulsatile, façon électro de jardin, avec un bel enrobage de rythmes latins, avec flûtes et vents andins — sorte de joie insouciante qui, parfois, trempe dans une vase inquiète (« Mot Mot »). Voilà le travail curieux d’un vrai caméléon.

***1/2

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Jimmy Rankin: « Moving East »

Célébrée, essentielle est la famille Rankin dans le paysage folk). Être un Rankin tient du privilège et du devoir de mémoire. Pas facile quand la famille nous y rappelle tout le temps. C’est le lot de Jimmy Rankin, qui a trimé dur pour s’établir à Nashville, sans pour autant rompre les liens du sang et de la tradition. Cela s’entend sur ce disque, le septième du fils Jimmy depuis 2001.

Entre la 12-cordes électrique façon Byrds de « Thin Ice » et le violon dansant du « Cape Breton Fiddle », il y a des années de chemin parcouru dans les deux sens, une longue valse-hésitation. Ce qui s’entend plus fort, c’est que le cinquantenaire a fini par trouver sa bonne place : son country-folk urbain, dans l’air salin, sert mieux que jamais les histoires des h

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Twilight Sad: « It Won’t Be LIke This All The Time »

Plus de 4 ans sont passés depuis le dernier album des Ecossais de The Twilight Sad, Nobody Wants To Be Here And Nobody Wants To Leave. Beaucoup de choses ont changé dans la vie du groupe : le départ de leur batteur Mark Devine, l’intégration de Brendan Smith et Johnny Docherty, auparavant musiciens de tournée, en tant que membres permanents du groupe, un nouveau label, une tournée avec The Cure et la naissance d’une amitié proche avec Robert Smith.
Il n’est guère étonnant de constater que le combo a évolué musicalement et que ce cinquième opus est placé, comme son intitulé l’indique,sous le signe du changement.
Ce qui est le plus frappant est l’orientation plus électronique que sur les précédentes œuvres du groupe. Les synthétiseurs sont désormais omniprésents, ce qui confère au disque un air de New Order, Depeche Mode, Editors ou encore The Cure puisque Robert Smith a accompagné la genèse du disque et donné quelques conseils.
L’album ouvre avec « [10 Good Reasons For Modern Drugs] », un choix sur lequel on peut s’interroger, car le titre ne facilite pas forcément l’entrée en matière. Avec ses riffs de guitares répétitifs et le chant torturé de James Graham, on a du mal à accrocher dès la première écoute. « Shooting Dennis Hopper Shooting », une chanson également intense, mais plus mélodique que le premier titre, prépare la voie pour « The Arbor » et « VTr », deux titres aux sonorités New Wave qui laissent la part belle aux synthés et qui semblent tout compte fait plus lisses, mélodiques et accessibles que les deux premières chansons de l’album.


Le premier « single, « I/m Not Here [missing face] » met en valeur la voix du chanteur et une composition dont l’intensité monte crescendo.

Plusieurs morceaux marquent, à ce propos, un semblent de dialogue entre le chanteur et lui-même, tiraillé qu’il est par des émotions contradictoires.

Ainsi, « I/m Not Here [missing face] » illustre de manière emblématique cette tension entre espoir et résignatio, problématique qui court tout au long du disque.

En comparaison avec les albums précédents du groupe, It Won’t Be LIke This All The Time paraît moins sombre. L’ambiance générale reste, certes, mélancolique, mais la musique offre pléthore de contrastes et, par conséquent, plus de répits.
Notons, par exemple, le contraste entre l’épuré et mélancolique « Sunday Day13 » et « Let/s Get Lost », titre rapide rappelant les albums précédents de The Twilight Sad avec la présence prononcée des guitares shoegaze. « Videograms », deuxième « single », clôt d’ailleurs l’album en beauté. L’arrangement avec ses nappes de synthétiseurs montre clairement les influences de The Cure, et traite d’un des sujets de prédilection du quatuor : les chagrins d’amour.

Certaines choses ne changent donc jamais, en revanche, The Twilight Sad ont montré qu’ils étaient en mesure d’évoluer et que ce changement leur va bien. Avec ce cinquième opus, le groupe réussit à innover sans se réinventer complètement, mais sans rompre avec leur historique. It Won’t Be LIke This All The Time est un bon petit album dont on peut apprécier apprécier toutes les nuances.

***1/2

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sharon Van Etten: « Remind Me Tomorrow »

Depuis 10 ans l’auteure-compositrice-interprète Sharon Van Etten s’efforce constamment de peaufiner son art. Après deux premiers albums assez anonymes, mais appréciés de la critique (Because I Was in Love et Epic), l’Américaine nous gratifiait de l’excellent Tramp (2012), un disque aux allures folk rock, réalisé par Bryce Dessner (The National). Ce sera avec l’émouvant Are We There en 2014 que Van Etten confirmera son talent avant, aujourd’hui, de lancer son cinquième album studio :Remind Me Tomorrow.

Il s’agit d’une création écrite et composée pendant qu’elle était enceinte de son premier enfant ce qui lui fait prendre en compte son rôle de femme, mère, actrice et chanteuse et assumer toutes les passions inhérentes. Dotée, en outre, d’un diplôme de psychologie, Van Etten n’a pas souhaité chapeauter sa réalisation mais déléguer le travail à une oreille extérieure qui pourrait lui faire modifier son modus operandi. Elle a donc remis la réalisation entre les mains du réputé musicien, producteur et ingénieur de son, John Congleton (St. Vincent, Swans, Angel Olsen) et a également confié les versions démos de ses nouvelles chansons à Congleton pour, qu’ensemble, ils puissent retravailler les arrangements et, de manière à faciliter cette démarche inédite pour elle, aucune partie de guitare be serait au programme.

Après avoir écouté les créations référentielles des formations Suicide et Portishead, ainsi que Skeleton Tree de Nick Cave, Van Etten a plongé corps et âme dans un univers en toc, aux ascendants parfois gothiques… et ce changement de paradigme est totalement réussi. Orgue, piano, synthés, harmonium passé dans le tordeur de la distorsion, boîtes à rythmes, tout sur ce disque est synthétique, et pourtant, l’émotion est au rendez-vous. Qui plus est, il n’y a aucun racolage et aucune chanson faisant office de remplissage, malgré la facture légèrement plus pop qui distingue cette production.

Parmi les bons coups ? L’électro-pop « Comeback Kid, » la poignante « Jupiter 4 », le plus Springsteen que Springsteen « Seventeen », les synthés dissonants dans « Hands », l’orgue dans « Your Shadow » ainsi que la conclusive « Stay ».Malgré unei ntroduction moins saisissante (« I Told You Everything », « No One’s Easy to Love » et « Memorial Day) », le disque prendra sérieusement son envol à partir de « Comeback Kid » pour ne plus redescendre.

Si Are We There plébiscitait Sharon Van Etten comme interprète hors pair,  Remind Me Tomorrow confirm, qu’en étant capable de se remettre en question et de se transformer avec autant de pertinence, sa carrière est devant elle, peut-être même la carrière d’une grande artiste en devenir.

****

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Dean Wareham Vs. Cheval Sombre: « Dean Wareham Vs. Cheval Sombre »

Bien que Luna soit réactivé depuis maintenant 2014, Dean Wareham n’entend pas pour autant se consacrer entièrement à son second amour de jeunesse ; après Galaxie 500. Le chanteur et guitariste s’autorise une excursion en collaboration avec le songwriter new yorkais Chris Porpora alias Cheval Sombre. Intitulé de circonstance Dean Wareham Vs. Cheval Sombre, l’album contient dix reprises country/folk, réparties équitablement au chant et, tel qu’il est décrit par les deux intéressés comme un  : «  western sous thème dream pop » .

L’ex Galaxie 500 maîtrise parfaitement l’exercice de la reprise, qu’il pratique régulièrement depuis 30 ans, et toujours avec un goût certain.On est donc peu surpris de la sélection proposée sur papier : une rareté bien sentie de Dylan, une pépite desperado de Townes Van Zandt, le classique outlaw « Wayfaring stranger » choyé de cordes, et puis des pépites country méconnues notamment « If I Could Only Fly » de Blaze Foley (1949-1989), transformé en hit US par Merle Haggard dans les années 2000.

Pour embellir cet écrin, Wareham a sollicité Jason Quever de Papercuts (un proche de Devendra Banhart et Cass McCombs), avec qui il avait travaillé sur A Sentimental Education et dont le savoir-faire en matière d’ornementation réverbérée figure parmi ce qui se fait de mieux dans le giron indépendant. Signalons le renfort dans cette chevauchée de la muse Britta Phillips (Luna, Dean & Britta), ainsi que Anthony LaMarca (The War on Drugs) et Will Halsey (Sugarcandy Mountain). Toutes sont imprégnées d’une atmosphère cotonneuse, un imaginaire émanant des phrasés crooners façon cow-boy de Lee Hazlewood et bien sûr les clins d’oeil spaghetti au maestro Ennio Morricone.

Par ailleurs, au-delà des titres susmentionnés, l’aspect le plus intéressant du disque concerne les chansons tirées de westerns hollywoodiens, sélectionnées avec le bagout légendaire de Wareham. Tel ce « Wand’rin’ Star », tiré du film La Kermesse de l’Ouest ou encore « My Rifle, My Pony and Me” originellement interprété par Dean Martin et Ricky Nelson dans le classique Rio Bravo. Ces deux titres sont interprétés par Weeham,qui se les réapproprie en une magnifique comptine rêveuse et lancinante.

Wareham et Sombre se partagent donc le micro tout au long de ces dix titres. Si les murmures du dernier manquent parfois de caractère, ils nous convaincront sur le final crépusculaire « Grand Canyon » de Stephen Merritt et finiront par nous laisser embarquer sans la moindre résistance dans cette séduisante chevauchée sauvage.

***1/2

19 janvier 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire