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Ryley Walker: « The Lillywhite Sessions »

En plus d’être un compositeur et interprète au talent immense, jamais Ryley Walker ne s’endort sur ses lauriers ni ne sombre dans la facilité. Après un disque paru voilà quelques mois, un Deafman Glance, qui abandonnait son folk circa 67 pour des escapades beaucoup plus urbaines et jazzy, il rehausse encore sa palette avec son nouveau projet.

Ryley Walker a donc choisi de remettre au goût du jour un album « fantôme » du Dave Matthews Band. Entre 1999 et 2000, Dave Matthews enregistre avec son groupe un album sous la houlette de Steve Lillywhite, le renommé producteur. Ledit disque sera entièrement refusé par le label et Dave Matthews ira enregistrer du coup un album solo avec un autre metteur en sons. Plusieurs morceaux de ce disque jamais paru referont surface quelques années plus tard, réenregistrés pour un nouvel album du groupe au complet. Mais les sessions avec Steve Lillywhite vont tout de même connaître une vie de clandestines, ces versions studio réapparaissant aux balbutiements du peer-to-peer dans les tuyaux parallèles d’internet. C’est certainement par ce biais que Ryley Walker découvrira ces rares enregistrements qui ont créé le « buzz » parmi les fans.

Choix pour le moins surprenant donc tant les deux univers de ces artistes semblent évoluer à l’opposé. D’un côté, la « rock star » et son super groupe de musiciens de studio hyper produit, taillé pour remplir des stades made in U.S.A., de l’autre l’artisan besogneux qui écume les bars et petites salles d’un périple intimiste.

Pourtant, à l’écoute des Lillywhite Sessions, point n’est besoin de connaître les originaux pour en apprécier l’acide saveur. Il n’empêche que ce disque impeccable titille amplement la curiosité et l’envie de les découvrir. Si Ryley Walker continue toujours son chemin vers un folk jazz épuré, on sent derrière ses interprétations l’hommage appuyé et le respect pour les talents de songwriter de son aîné. Dans une intonation – la ressemblance de timbre et de rythme est parfois troublante, dans un phrasé, l’on se rapproche petit à petit de la fêlure originelle tapie derrière le décorum de la grosse cylindrée. Une brèche qui redonne sens à l’envie de Dave Matthews d’écrire des chansons et de les offrir au monde.

Si jamais l’on venait à douter du grand écart qui séparerait les deux artistes, le saxophone free qui s’exprime chez Ryley Walker n’est pas sans rappeler celui, souvent très calibré, qui se manifeste dans le Dave Matthews Band. S’il y a au plus profond de chaque chanteur américain le désir d’augmenter son niveau de jeu, d’audience et des velléités à devenir en quelque sorte le nouveau Springsteen, rien n’empêche alors le rocker dans l’ombre de rendre hommage aux talents multiples de celui qui a explosé en pleine lumière. Ils sont faits du même bois. Cela n’enlève alors du mérite ni à l’un ni à l’autre.

***1/2

16 janvier 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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