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Colorlist: « Full Circle »

Full Circle se présente comme un hommage à la scène Post-rock de Chicago du début des années 2000 (Tortoise, Jim O’rourke….), fortement influencée par le free-jazz, mais aussi par la musique électronique avant-gardiste ou le krautrock.

A la tête du projet Colorlist, les deux membres, Charles Gorczynski et Charles Rumback reprennent le concept à leur manière, improvisant, enregistrant Live avec divers instruments (bois, guitares cuivres, percussions, synthés…) pour un assemblage musical assez impressionnant, fait de morceaux instrumentaux pour la plupart planants, à l’image du dernier titre « When The Time Is Right ».

Pour ce 4e album, le résultat est donc une fois encore très concluant, avec des constructions d’une grande richesse sonore, sur lesquelles ont collaboré Jeff Parker (Tortoise), Josh Eustis (Telefon Tel Aviv / Nine Inch Nails) et John Hughes). A ne pas manquer.

***1/2

10 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Anna Gordon: « Fern Canyon »

Avec ses tourments entrelacés dans un folk sombre et enregistrés dans la solitude d’une forêt de l’Ouest, Fern Canyon met les pieds dans une profondeur inattendue. Il fallait peut-être ce cadre pour qu’Anna Gordon, musicienne émergente de Seattle, puisse explorer avec une conscience aussi aiguë ce que nous sommes, l’étendue de nos ombres.

Aussi jeune soit-elle, Anna Gordon est capable de reculer assez loin pour faire du minuscule de sa vie une occasion de basculer dans le grand tout. Ce premier album déroule ainsi son existence encore inachevée jusqu’aux cendres de sa mort (« Bury Me High »), dévoile la détresse des dépendances (« Addict’s Plight ») et admet la douleur de fermer à l’autre ses portes intérieures (« Please Refrain »).

Musicalement, tout est d’elle : guitare, piano, percussions, violoncelle — d’ailleurs poignant sur l’interlude Fern Canyon. Ses mélodies parfois faites de dentelle, parfois jouées d’une main lourde ont l’émotion brutale, sans exceptions. Ceci n’est pas du folk ; c’est une confession noire, une mue qui s’est habillée de folk.

***1/2

10 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Frankie Cosmos: « Vessel »

Avec un tel patronyme on comprendra que, sur ce Vessel qui constitue son troisième album, la jeune chanteuse a choisi une thématique tournant autour de la notion d’espace.

Si nous sommes transportés dans un autre monde, cet ailleurs est simple et heureux, fait de jolies comptines aux paroles légères et romantiques.

Avec 18 titres de moins de deux minutes on sait déjà qu’on survole et effleure les choses, sans courir le risque de se lasser. Sans s’éterniser en longueur, Cosmos écrit de fort jolies mélodies dont le mérite est la légèreté, la spontanéité et une insouciance qui n’est pas pour autant de la désinvolture.
Au niveau musical, on retrouve le son caractéristique de sa guitare violette sur quasiment toutes les pistes, une tonalité qui fait lointainement penser à celle des Strokes ainsi que des petites lignes d’accompagnement sautillantes qui marient délicatesse (« Accomodate ») et un rock un peu moins virginal (« Being Alive »).

Globalement, c’est assez épuré ; la très claire et jolie voix de Greta ainsi que les chœurs discrets s’y déposent juste comme il le faut. L’album est rempli de petites surprises : des paroles subtiles et amusantes, des rires à la fin de « This Stuff », quelques instants à capella sur « I’m Fried », un échange avec une voix masculine sur » »Ballad Of R&J », du piano sur un « Ur Up » où on l’entend se planter au début, rigoler, puis recommencer.
Pour résumer… des chansons courtes, de la spontanéité, de la sensibilité, de la bonne humeur : voici les ingrédients que Frankie Cosmos utilise et maîtrise avec brio.

***1/2

10 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire