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Penelope Trappes: « Penelope Two »

Membre du duo electropop The Golden Filter, Penelope Trappes est également photographe, plasticienne et artiste vidéo. D’origine australienne mais résidant à Londres, elle faisait il y a un an et demi ses débuts en solo avec Penelope One, un opus qui dévoilait son goût pour une pop plus minimaliste et contemplative, aux sons étouffés, lentement dévoilés. Si son deuxième album, le bien-nommé Penelope Two, se situe dans la lignée de ce premier effort, il apparaît aussi comme un aboutissement de la démarche entamée l’année passée, filtrant ce son pour en tirer son essence. Penelope Trappes accompagne cette seconde sortie d’un livre de photographies qui apparaît comme une retranscription sonore de son esthétique dépouillée.

Écouter Penelope Two, c’est donc se plonger dans ces espaces apparemment infinis, dans lesquels se déploient quelques notes de piano réverbérées jusqu’à l’horizon, de vagues textures indéfinies, et la voix de l’artiste, égrenant patiemment ses paroles minimalistes. On pense, tour à tour, à Slowdive ou Grouper pour ces variations autour d’une pop éthérée, qui semble s’écouler selon ses propres temporalités. L’artiste semble pourtant trouver et suivre sa propre personnalité à l’image du recueil de photographies qui l’accompagne, sa figure nous paraît énigmatique. Sur chacune de ces vignettes, quelques notes, doucement répétées, suffisent à suggérer des ambiances immersives, auxquelles la voix de l’artiste vient, en soufflant quelques mots, donner un caractère, de l’incantation éthérée à la berceuse désabusée. Plus que dans un album, c’est dans un flux sonore que l’on a l’impression de se plonger, flux décliné en dix nuances pour autant de titres. Difficile, dès lors, d’en détacher des motifs particuliers : Penelope Two fonctionne comme un ensemble dont les composantes sont indissociables, brillant chacune d’une lueur spécifique mais prenant sens dans ce délicat cocon.

Ce n’est pas que les temps forts manquent : avec « Connector », Penelope Trappes nous offre ce qui s’apparente à un tube pop sombre soudainement frappé de neurasthénie, conservant tous ses aspects accrocheurs tout en se révélant condamné à un engourdissement des sens. Plus loin, on est frappé par la beauté de l’interlude « Exodu »s, ou par celle de « For You », porté par quelques lointaines notes de piano, d’un éclat froid mais fascinant. Mais c’est bien par sa composition d’ensemble, par cette succession de bulles sonores laissant doucement éclater leurs sensations, que Penelope Two nous renverse, de son ouverture à son dénouement idéal, dans un « Nite Hive » dont on ne sait dire s’il suscite le calme ou l’angoisse. On répondra à la question en revenant au point de départ : l’album durant à peine plus d’une demi-heure, la fin du disque soulève l’immédiate envie d’y replonger, pour retrouver cet univers contrasté mais unique.

C’est donc bien cette impression d’achèvement qui domine à l’écoute de Penelope Two  : Penelope Trappes semble y trouver une forme d’expression adéquate, en parfaite correspondance avec les thématiques abordées dans le livre de photographies qui l’accompagne. Un jeu de nuances, mêlant le calme et le bouleversant, la légèreté et l’intensité. Une œuvre magnifique, où le temps semble s’effacer, et dont les vapeurs reviennent nous captiver écoute après écoute.

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9 janvier 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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