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Grai: « Ashes »

Rares sont les groupes russes à parvenir jusqu’à nos oreilles. Raison ; ça doit forcément être pour une bonne raison. Grai est un groupe de folk metal qui sort avec Ashes son quatrième album. «Grai » signifie « le pleur de l’oiseau » ; on se doutera bien à l’entendre que sa musique ne respire pas la joie de vivre. « Haze » introduira le disque de façon à la fois inquiétante et riche de tensions nous laissant dans l’expectative d’un gros riff bien noir qui ne viendra pourtant pas.

« Song of dead water » prolongera alors ce moment en introduisant les éléments folk (ici, une flûte et un chant féminin inspiré) et les éléments metal (des accords bien épais à consonance dark). « A water well » mêlera une guimbarde à un grognement et « Darkness with me », plus posé et sombre, creusera un tunnel entre le rock indé et le dark folk. Avec « Donya » ce sera , enfin, un retour vers le folk metal plus classique.

Grai n’’est certes pas un combo très original mai il s’évertue à varier les plaisirs en articulant son style plutôt passe-partout au travers de titres en équilibre entre la puissance du riff, la légèreté des éléments folk et le côté grave du chant féminin. Cela fonctionne plutôt bien même si on se dit que sa musique bénéficierait d’un traitement plus acoustique ou démesté des éléments metal.

On passera ici un bon moment, mais Ashes restera un disque parmi beaucoup d’autres ; ses racines exotiques ne lui permettant pas de dépasser le sdae de la simple curiosité et de l’anecdote.

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7 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cantique Lepreux: « Paysages polaires »

Avec le black metal québécois, on sait souvent à quoi s’attendre ; une musique glacée et haineuse à souhait, avec une production rugueuse et froide, une certaine importance accordée aux ambiances, un mysticisme chevillé au corps, et des textes francophones. Une identité forte qui se traduit également par une démarcation sémantique : on parle ici (et depuis quelques années) de « metal noir québécois ». Musicalement, ça ressemble beaucoup à la scène norvégienne des années 90, couturée de black cru et atmosphérique.

Au niveau paroles, on s’oriente ici vers quelque chose de moins satanique et plus dans l’esprit du noir canadien où les expériences de randonnées jouent un rôle important dans des textes ont on parvient à saisir quelques bribes sans les avoir sous les yeux.

En revanche pour trouver les textes de la trilogie Paysages polaires du poète québécois méconnu René Chopin, lon fera plutôt chou blanc. Cela ne doit pas vous empêcher de profiter de ce deuxième opus qui remplit largement son cahier des charges : les émotions transcrites sont largement transmissibles sans le médium de la langue, ce pour quoi d’ailleurs le black de la belle province parvient à se frayer un chemin vers les tympans des fans, d’où qu’ils proviennent. Alors si vous aimez votre black glacial et agrémenté de nappes de claviers encore plus froides et de vocaux décharnés, suivez cette route longue, glaciale et escarpée.

***1/2

7 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Winterfylleth: « The Hallowing Of Heirdom »

Il y a quelques années, alors que Winterfylleth foulait ses premières scènes, on découvrait en lui un nouveau chantre du black metal épique et atmosphérique. En fait, on y a très vite perçu une certaine bipolarité ; entre le black atmo et le dark folk, le groupe avait du mal à choisir. Cinq disques plus tard, il semble que le combo anglais a fait un choix. En effet, ce sixième album marque la totale absence des riffs et du chant black metal, pour se concentrer sur un style qui se rapproche beaucoup plus d’une dark folk mélancolique, poétique et d’une beauté simple mais touchante.

L’instrumentation riche en outils acoustiques, rehaussée de quelques claviers et choeurs épiques. Assez généreux, Winterfylleth nous en sert quasiment une heure, et prend bien garde de ne pas nous assommer avec des redites d’un titre à l’autre : on appréciera la démarche mais on apprécie encore plus la manière dont sont (joliment) agencés les douze titres de cet album, belles pièces sachant autant jouer la sobriété et le minimalisme qu’user d’une orchestration luxuriante et grand angle.

Et c’est là sans nul doute la marque d’un grand pas et d’une approche et que les contempteurs du metal noir ne pourront plus nier.

***1/2

7 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Machinefabriek: « Entropia »

Pour leur cinquième collaboration ensemble, ces artistes originaires de Rotterdam, Michel Banabila et Rutger Zuydervelt, à savoir Machinefabriek, transportent l’auditeur sur des territoires aux fluctuations souterraines, faites de drones aux débris indus et de micro sonorités exposées aux souffles de l’improvisation. Entropia est une oeuvre qui accumule les énergies et les renverse sur des zones d’expérimentations hantée.

Ils écorchent ainsi les « field recordings » pour les faire coexister aux cotés de machines indéfinies et de sources sonores floutées par les chemins qui s’ouvrent devant eux, avant de sombrer dans des marécages recouverts de végétation perturbée.

Banabila & Machinefabriek est une oeuvre dense et complexe, faite de résonances chaotiques et de fragments enregistrés, extraits de leur nid pour vriller nos sens et redessiner un monde parallèle, aux dimensions schizophrènes. Annihilant.

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7 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

22: « You Are Creating Limb 1 & 2 »

Derrière ce nom étrange de 22 se cachent quatre musiciens norvégiens réunis depuis une petite décennie autour de leur amour du rock. En 2010, le quartet sort un premier album intitulé Flux, totalement passé inaperçu dans nos contrées. Vont s’écouler sept années avant que la formation ne fasse son retour avec la première partie d’un You Are Creating qui aura un écho un peu plus important. Vingt mois plus tard les Norvégiens offrent la seconde partie de ce projet et pour l’occasion sortent la totalité de You Are Creating Limb 1 & 2 sous forme d’un double-album.
22 pratique un rock alternatif particulièrement varié, dynamique et original qui fait mouche au premier contact mais qui recèle de nombreux détails pour permettre une multitude d’écoutes à chaque fois sources de découverte. La marque de fabrique de 22 réside dans un savoir-faire constitué de riffs inventifs, portés par une sonorisation plutôt brute avec l’utilisation approfondie des potentialités de chaque instrument (la basse est particulièrement mise en valeur), de subtils arrangements qui n’étouffent jamais l’énergie déployée et de thèmes très axés sur la mélodie. L’autre point fort de 22 se trouve chez son chanteur Per Kristian Fox Trollvik capable de passer de voix de poitrine au fausset avec une insolente facilité. Deux autres musiciens du groupe interviennent très régulièrement dans les chœurs pour consolider le registre vocal du groupe et le porter à un degré de densité que l’on peut rapprocher de The Dear Hunter, Von Hertzen Brothers et Biffy Clyro.


Ces évocations, auxquelles on peut ajouter
Muse et Queen, n’ont rien de fortuites eu égard aux régulières parentés entre 22 et ces groupes aux fortes personnalités. Avec les deux premiers, 22 a en commun la même façon de ficeler les compositions avec classe et fluidité comme dans le percutant « Staying Embodies » aux mélodies entêtantes ou l’épique « V » La référence à Biffy Clyro, que l’on complétera avec un soupçon de The Mars Volta, traduit cette fougue qui jaillit alors que l’on s’y attend le moins comme par exemple dans la cassure de « A Mutation of Thrushes », tout au long du débridé et dissonant « Adam Kadmon Body Mass Index », dans le finement arrangé « Inspec’ »ou le saccadé « You Are Creating’ ». Mais ces références ne restent que des filiations qui ne réduisent en rien la spécificité de l’écriture de 22.
L’essence la plus pure des Norvégiens surgit plus particulièrement dans l’exceptionnel « Call Em Trimtram », le meilleur titre du double-album (et chanson rock de l’année), parfait dosage entre puissance et finesse, l’ingénieux « Autumn Stream » qui pose des chants éthérés sur un rythme funky qu’on croirait issu de « Smooth Criminal » de
Michael Jackson ou le contrasté « Sum Of Parts » avec ses couplets apaisants et ses refrains à l’entrain fédérateur. 22 atténue ponctuellement la débauche d’énergie déversée avec quelques rares moments plus calmes comme avec la belle ballade ‘ »ctypes » à la fragilité toute façon Bucley dont les harmoniques naturelles renforcent le côté cristallin ou le mid-tempo « Dilleman`s Clarity » aux sublimes harmonies vocales et à l’ascension finale irrésistible d’émotion.
Cette jubilatoire découverte a toutes les qualités pour hisser le groupe vers les sommets avec son rock hybride dont les contours sont fluctuants et que l’on définit, faute de mieux, de rock alternatif. Pour les amateurs du genre et des groupes référencés, les Norvégiens frappent un grand coup.

***1/2

7 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Ratchets: « First Light »

The Ratchets se font une joie de nous jouer du punk rock depuis pas mal d’années. De façon sporadique, certes mais il faut dire que First Light fait suite à un premier album sorti en 2006, opus qui avait bien fonctionné dans les mileux concernés. First Light c’est donc un punk plus rock qu’autre chose, un peu dans le veine qu’avait su si bien véhiculer Social Distortion.

Bon, bien sûr, Mike Ness n’est pas là, alors il manque à ce disque la touche de classe et d’authenticité qui transforme une œuvre sympathique et bien troussée de celles qu’on ne peut décoller du lecteur. Mais on y trouve des titres efficaces, directs et qui ont assez de potentiel pour mettre la pèche à qui les écoute. Résultat, un effort louable et appréciable par les amateurs de bon rock. Reste à en satisfaire d’autres, aux demandes tout aussi légitimes.

**1/2

7 janvier 2019 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire