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Mint Field: « Pasar de Las Luces »

Du shoegaze venu yout droit de Tijuana au Mexique ; c’est ce que nous propose Mint Field, un duo féminin à peine âgé d’une vingtaine d’années et qui est composé d’Estrella Sanchez (chant, guitare) et d’Amor Amezcua (batterie, synthés) qui possède un pied dans la shoegaze et un autre dans la dream-pop comme l’atteste leur premier album intitulé Pasas de las Luces.

Voici donc treize morceaux sentant la tristesse, la frustration et le chagrin de leurs existences parfaitement agencés en textures aussi bien oniriques qu’orageuses. Mint Field maintient ses influences musicales comme jamais avec ses riffs tantôt fuzzy tantôt mélodiques à travers des épopées touchantes comme l’introduction nommée « El Parque Parecía No Tener Fin » mais également « Ojos En El Carro » qui suit et « Temporada De Jacarandas ».

Il est clair que c’est très loin d’être la joie tout au long de ce Pasas de las Lucas où le tandem dépeint un Tijuana où il ne fait pas bon vivre entre taux d’homicide qui double et crise migratoire qui continue d’en faire des siennes sur « Ciudad Satélite » mais aussi avec ce temps paresseux et se languit sur « Cambios del Pasar » etqui s’exprime au travers de la tristesse personnelle exprimée sur « Para Galli ».

La voix d’Estrella Sanchez tente de se faire entendre au milieu de ses ambiances krautrock psychédéliques nuageuses, ses basses vrombissantes et ses caisses claires qui cognent fort avec « Cambios del Pasar » et « Boötes Void ».

Il arrive que des moments plus enlevés surgissent sur ce premier album comme « Quiero Otoño de Nuevo » dont la rythmique a de quoi rappeler Neu! et mettant un peu de piquant tout au long de ce tourbillon de mélancolie et de désespoir qui s’achève avec un « Club de Chicas » mémorable.

Pour un premier album, Mint Field place la barre très haute et leur mélange de shoegaze, krautrock et dream-pop orageux fait des merveilles avec ce Pasar de las Luces. Chaudement recommandable !

6 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Gudrun Gut: « Moment »

Artiste incontournable de la scène allemande, Gudrun Gut fait partie de ces personnes qui ont bouleversé la musique dans les années 80, via des formations comme, pour parmi les plus célèbres, Einstürzende Neubauten. C’est dire si Gudrun Gut a suffisamment de talent et qu’elle fait montre, depuis presque 40 ans de sa capacité à évoluer constamment.

Avec Moment, elle conjugue habilement ses multiples facettes, avec une audace qui marque les tympans, alliant zones expérimentales et instants de dancefloor langoureux, à l’urbanité caressante.

Moment est sans conteste son meilleur album de par une diversité toute en subtilité et sa concision artistique, sillonnant des océans électroniques au minimalisme fulgurant et des vocaux quasi susurrés qui agissent comme des décharges sensuelles hypnotiques. Très fortement recommandé.

***1/2

6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Downtown Brown: « CaliFlorida »

CaliFlorida este le septième album de Downtown Brown, combo rap/metal californien qui s’inscrit dans la mouvance Faith No More, Green Day, Offspring ou autres adeptes de l’éclectisme musical proto-punk-ska voire rap tel qu’il avait connu son heure de gloire sur les plages dans les années fin 80 début 90.

Le titre le plus emblématique de leur démarche sera un « Cool » qui n’aurait pas déparé un album se Eminem alors que « Yer So Cute », lui, s’emploiera à élargir cet horizon dans un océan bruitiset qui dézingue et dans lequel on orra reconnaître des fragments rock, pop, ska, punk rock, soul, skatecore (excusez de peu).

CaliFlorida est un disque survitaminé et infectieux qui se prête à toutes leu audaces (les cuivres sur « Love Kitchen ») dans lequel le boost est mis fièrement en avant sur l’option super-bass.

C’est un disque dans lequel l’optique funky est clairement assumée et assurée avec un un bonheur pas toujours très heureux mais qui emporte la partie pas KO dès la fin de ses onze titres.

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6 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Peter Mannerfelt: « Daily Routine »

Peut-être est-il nécessaire de présenter Peder Mannerfelt producteur entre autres pour Fever Ray, Glasser ou Blonde Redhead, moitié du duo Roll The Dice aux cotés de Malcolm Pardon et auteur de quatre albums solo, en incluant Daily Routine.

L’artiste suédois est un véritable forcené de travail, déblayant constamment la scène électronique sans se prendre au sérieux, avec la volonté de repousser les genres et de ne pas s’enfermer dans une quelconque forme de mélancolie ou d’hommage.

Daily Routine est un album de post-techno avant-gardiste, qui sait prendre des tangentes anguleuses et rieuses sous les mains d’un artiste semble connecté à un futur rempli de données fractionnées, composant des ambiances multiples aux connections pas toujours évidentes et qui prennent tout leur sens une fois l’album terminé.

Daily Routine est un voyage chaotique dans notre monde d’aujourd’hui, prémices d’une sortie de route dont nous serions les témoins impuissants mais fascinés par un monde sombre, cynique et pourtant fondamental.

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6 janvier 2019 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Alison Sudol: « Moon »

Alison Sudol n’en est pas à ses premières musiques : on lui doit trois albums et une certaine vie de scène sous le nom d’emprunt A Fine Frenzy. Mais la musicienne et actrice américaine (Fantastic Beasts) est maintenant loin de ce moi ancien. Moon témoigne en effet d’une période noire marquée par une séparation et un diagnostic de dépression et d’anxiété — lâcher cet album a été, pour elle, un exercice souffrant en plein état de dévastation. Le résultat est impressionnant : avec le producteur Ali Chant (PJ Harvey), l’Américaine a construit une matière intime, lente, longue, légèrement changeante, où ne domine aucun genre.

Avec son piano « ambient », « Escape the Blade » a très peu en commun avec le dream pop percussif de « Lonely Love « ou les traînées récitatives sur « The Quickening ». L’ensemble reste pourtant mystérieusement cohérent. La recette ? Alison Sudol ne s’impose jamais ; elle laisse sa voix forte sciemment sous-joué se faire ampoule , une lueur qui éclaire faiblement mais qui, éclaire… tout en nous incitant à l’écouter patiemment.

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6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

John Mellencamp: « Other People’s Stuff »

Le Great American Songbook ? C’est ce que dit John Mellencamp dans son livret accompagnant les chansons rapatriées ici : on en est pas là, contentons-nous d’évoquer le Great Americana Songbook : des morceaux qui sont la chaux, le sable, les éléments constitutifs de la maison américaine.

Notre vétéran troubadour a ainsi rassemblé et réenregistré les pièces qui l’ont fondé : le country de chez Jimmie Rodgers (« Gambling Bar Room Blues »), du country-soul de chez Mickey Newbury (« Mobile Blue »), du gospel texan de 1927 (« In My Time of Dying »), du reportage country-folk de la même époque (le fameux « Wreck of the Old 97 »), du protest song des années 1960 (« Eyes on the Prize »), et même du soul de chez Stevie Wonder (« I Don’t Know Why I Love You) ». Arrangements purs et durs, intention claire, revisite sincère : tout ça compose un album fait pour inspirer. L’heure peut, en effet, s’y prêter.

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6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire