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Steve Mason: « About The Light »

Steve Mason avait révolutionné les 90’s à plus d’un titre : avec ses bricolages sonores au sein du Beta Band mais aussi en ayant, peu ou prou, pavé le chemin pour Radiohead.

Depuis, s’est, en quelque sorte, assagi et il poursuit une carrière solo studieuse. About The Light en est le cinquième exemple et, pour cet effort, il s’est acquis la collaboration de Stephen Street (The Smiths, Lloyd Cole, à qui il a ouvert les portes de son studio.

Les titres de ce nouvel opus ont, plus ou moins, été rodés quant Mason a décidé de les enregistrer avec les membres de son groupe dans des conditions live ce qui explique, sans doute, en quoi il diffère de ses précédents efforts.

Le temps des aventures sonores de Monkey Minds In The Devil’s Time semble définitivement terminé et Mason se concentre sur ses chansons en filant droit à l’essentiel. About The Light est un disque pop avec les morceaux emblématiques du genre comme « Walking Away From Love » et « No Clue » mais les amateurs d’expérimentation ne seront pas laissés de côté avec des compositions et des bidouillages efficaces, rigoureux et soigneusement tripatouillés.

Mason reste fidèle à lui-même, conserve son intégrité artistique en refusant de s’y laisser enfermé : un bel exemple d’évolution pour un artiste qui est tout sauf un caméléon.

***1/2

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Maria w Horn: « Kontrapoetik »

Maria w Horn nous catapulte dans Ångermanland, région de Suède chargée d’histoire, de chasse aux sorcières et de révolution. Sa démarche se veut être est une décharge d’adrénaline et de beauté mouvementée, tout en dégageant simultanément une sensation de calme. Le point d’ancrage est alors pour elle, la déviance que ce soit sans l’agitation ou dans la tranquillité.

Elaboré à base d’orgue d’église, de synthétiseurs, de bruits ambiants, de samples divers et de manipulations subtiles, Kontrapoetik est une oeuvre intense, chargée de frictions et de souplesse narrative, de volubilité émotive et de de profondeur astrale.

On est littéralement captivé par la force de cette oeuvre presque discrète, livrant ce qu’elle cache dans sa singularité, à coups d’atmosphères envoutantes. Maria w Horn signe un disque d’une délicatesse flirtant avec le divin. Fascinant.

****

3 janvier 2019 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

A Forest Of Stars: « Grave Mounds And Grave Mistakes »

Grave Mounds And Grave Mistakes, le cinquième opus de A Forest Of Stars, présente une fois de plus au programme, du Black Metal, du Progressif, du Whisky hors d’âge, du tabac de luxe, du paranormal et du thé noir. Les participants à cette réunion sont les mêmes que ceux présents sur le daguerréotype du précédent cénacle, Beware The Sword You Cannot See.

Au fil des années et des sorties, le Black Metal Progressif et victorien des Anglais s’est affiné, affirmé et diversifié. Même si les claviers, la flûte et le violon ont toujours joué un rôle important dans leur son, petit à petit, ils ont su profiter de la longueur des titres (pour pour développer une musique faite de circonvolutions et arabesques. C’est encore plus vrai aujourd’hui, mais A Forest Of Stars a toujours su mettre en place des ambiances décadentes et paranormales ;sorte de croisement entre la filière Edgar Poe / Huysmans s’acoquinant avec le doom-rock.

On le sait bien, ils adorent jouer sur les contrastes et le plus doivent une fois de plus avec brio: par exemple le délicat et éthéré « Taken By The Sea », mené par la voix de Katheryne qui est suivi par un « Scriptually Transmited Disease » claudiquant. Le phrasé suit également ce chemin, en se montrant moins monocorde et monotone que sur les trois premiers albums de groupe, mais en conservant son aspect vénéneux comme une antique malédiction égyptienne.

Chaque titre se construit comme une pièce baroque, à la fois imposante, finement ciselée et extrêmement variée, entrecoupés de moment de pure grâce comme l’est « Tombward Boun ». Sans se perdre dans une complexité rébarbative, A Forest of Stars navigue constamment entre agression, mélodies, diversité et avant-garde, pour au final nous offrir un album majeur dans ce genre trop souvent décrié.

****

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Deerhunter: « Why Hasn’t Everything Already Disappeared? »

Le leader de Deerhunter, Bradford Cox, est un authentique génie de la pop allumée, il l’a prouvé à maintes reprises avec des disques totalement lunaires faisant de son répertoire une pop accrocheuse tout en se situant à son avant-garde. En se jouant admirablement de toutes les frontières musicales, le combo d’Atlanta sort d’un long silence avec Why Hasn’t Everything Already Disappeared?, un disque à la fois aventureux et riche de quelques hits potentiels, et des es pop songs élégiaques et désespérées.

« Death in Midsummer », « No One’s Sleeping » (où le chanteur, fan des Kinks, parle de « Village Green »), « Element » et « What Happens To People? » en sont, ici, de savoureuses illustrations.

Derrière la beauté des compositions et des arrangements (clavecin trippant, synthétiseurs de l’espace etc.) se cache beaucoup de mélancolie et de nostalgie, des sentiments provoqués par la lente déliquescence de notre civilisation vers le néant et l’explosion finale.

Mais s’il est d’humeur chagrine, le disque regarde les étoiles en face, essayant de tirer vers le haut ses auditeurs et lui laisse, avant tout, humer ce qu’est la beauté.

Entre les enluminures pop, Deerhunter propose des interludes intersidéraux de haute qualité psychédélique, comme l’enlevé et stellaire instrumental « Greenpoint Gothic », l’excellent « Tarnung » ou le dérangeant « Détournement ».

Bradford Cox a parfaitement conscience que des échéances funestes sont proches, mais il n’en oublie pas pour autant de nous laisser savourer ces brefs interstices de vie et de joie qui demeurent vecteurs d’espoir.

***1/2

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Chabanel: « Play Queue »

Dans cet ouvrage sonore ténébreux et anxiogène ce duo  de Montréal nous concocte une dystopie quasi survivaliste à forte dose de synthés froids. Le siège en et les galeries et les tunnels d’un futur monde souterrain où les humains auront creusé pour échapper à l’apocalypse climatique. Le drone dur et métallique de Chabanel coulera alors abondamment de toutes les enceintes.

La voix frontale, inquisitrice, sans artifices et franche de Jordan Torres Bussière (« Jamais, Personne » ou « Body ») surplombe une coldwave ambiant et crue, une basse faite de distorsions de bruit blanc, accentuant un sentiment d’inconfort, comme quand on se sent épié par un inconnu. On est tour à tour en transit (« Le Vide l’attente »), en repli, avec un sentiment d’insécurité. C’est très cérébral, tout ça, mais ça n’empêche pas de sentir le cœur du truc : il bat dans chaque pièce.

***1/2

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Stine Janvin: « Fake Synthetic Music »

La chanteuse et interprète norvégienne Stine Janvin, a une manière de décliner sa voix sous de multiples facettes, la travaillant telle une matière plastique malléable, combinant textures charnelles et synthétiques : bref à a rendre performante au même titre qu’un instrument

Fake Synthetic Music est un album conceptuel qui demande un peu d’effort afin de se laisser subjuguer par le travail opéré autour de son timbre, à coups d’effets divers et de chirurgie auditive, de manipulation esthétique et de poésie provocatrice.

C’est à une véritable expérience qu’elle nous invite alors en créant des loops qui nous font oublier leur origine première, se mutant en des chants de sirènes enivrants et entêtants qui nous font perdre le nord. L’approche minimaliste de l’ensemble accentue le coté radical et pourtant extrêmement sophistiqué des 9 titres. Un album qui cherche à semer le trouble entre réalité et fiction, mensonge et vérité. Abrasif.

***1/2

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Vive La Void: « Vive La Void »

Moon Duo etant désormais aux abonnés absents ses deux membres suivent des chemins divers ; ainsi, la claviériste du duo Sanae Yamada présente son nouveau side-project nommé Vive La Void.

Ne s’éloignant jamais de l’univers musical qui a fait le succès du duo, Vive La Void nous entraîne avec ce premier album qui brouille les pistes entre krautrock et dream-pop. Il en résulte sept morceaux hypnotiques aux boucles ensorcelantes et ses couches de synthés qui n’en finissent pas, par exemple l’entrée en matière « Matter » qui conne le ton maisa ussi « Death Money » et le plus saccadé « Smoke » qui flirte avec le cosmique

Avec la voix rêveuse et brumeuse de Sanae Yamada, ces sept compositions sombres et éthérées s’élèvent parfaitement. Il n’est pas rare que l’on soit fasciné par des sommets comme le céleste « Blacktop » et l’ambitieuse « Devil » tellement Vive La Void arrive à nous transporter dans des dimensions spatiales jamais atteintes jusque-là.

***1/2

3 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire