No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Boy Azooga: « 1, 2, Kung Fu! »

Sous le nom atypique et crypto-exotique de Boy Azooga se dissimule un Gallois pur jus, Davey Newington homme-orchestre résident à Cardiff mais aussi batteur du groupe The Keys, combo mélangeant à merveille rock psychédélique, garage-pop et influences glam.

Sur son premier opus, 1, 2, Kung Fu! Ce fils de musiciens de de musiciens de l’Orchestre national de la BBC prouve su’il sait maîtriser avec brio les diverses influences musicales dans lesquelles il a été baigné. On appréciera, dès lors sa versatilité ; le riff endiablé glam-garage qu’est « Loner Boogie » tout comme après l’aérienne introduction de « Breakfast Epiphany ».

Que l’on passe de la délicatesse avec « Jerry », « Taxi To Your Head » et « Loser In The Tomb » à la rythmique entraînante soulignée par « Face Behind Her Cigarette » ou encore la conclusion « Sitting On The First Rock From The Sun » et son riff décapant, Boy Azooga assume parfaitement son côté caméléon.

Le revers de cette médaille est, bien évidemment, la manque de direction stylistique et de cohésion ; rien, peut-on l’espérer que la maturation ne saura pas réguler.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Rabit: « LIfe After Death »

Eric Burton alias Rabit aime contourner les genres et créer des ponts entre ses oeuvres, tout en persévérant à traverser de nouveaux territoires. Life After Death est une proposition assez radicale de par son approche abstraite aux atmosphères floues et assez indescriptibles.

On est balancé constamment par des sonorités qui bousculent nos sens, sans pour autant livrer leur essence, surfant sur des surfaces glissantes, où réverbes et mélodies aqueuses catapultent l’auditeur dans un train fantôme au bord du déraillement.

Rabit se réinvente album après album, ne répétant que son envie de créer des oeuvres conceptuelles chargées de dramaturgie et d’intensité expérimentales, de dérapages ambient et de méditation physique. Life After Death concilie froideur industrielle et effets chaleureux, influences assumées telles que Coil ou le Tubular Bells de Mike Oldfield, le tout enrobé de surréalisme soniques en gravitation. Sans conteste, son opus le plus accessible. Très fortement recommandé.

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2 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Leonis: « Europa »

C’est à un voyage onirique que à travers l’Europe nous convie Leonis car, si chaque titre porte le nom d’une capitale européenne, c’est comme pour mieux semer le trouble et perdre l’auditeur dans son dédale de samples et de rythmiques abstraites et hip hop, déballant leur lot de climats cinématographiques, entre étrangeté de série Z et beauté en cinémascope.

Europa développe des ambiances douces bercées de mélancolie funambule, où effluves jazzy, cordes liquides et noirceur sous jacente forment un tout fait de boitillements et d’accroches déviantes échappés d’un Barnum de freaks en cavale.

L’esprit de fête foraine n’est jamais très loin, résonnant en écho, avec ses orgues crasseux et ses mélodies clownesques à la tristesse grise.

Leonis emballe nos sens, les empaquette dans un tourbillon de sonorités familières, dépoussiérées et lustrées pour un plus grand confort de traversée, aller sans retour vers des pays imaginaires échappé d’un livre de contes pour adultes à l’esprit d’enfant. Vivifiant.

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2 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Puce Mary: « The Drought »

La Danoise Frederikke Hoffmeier alias Puce Mary, sort son nouvel opus The Drought, opérant une transition par rapport à son album précédent, le bien nommé The Spiral, un opus fait d’ambiances torsadées et chargées d’effluves industriels et de bruitisme trépidants.

Puce Mary semble s’être assagie livrant des titres moins frontaux qui font place à des atmosphères plus chargées de détails, travaillant le son différemment avec plus d’éléments et une spatialisation tournoyante.

The Drought porte bien son nom, tant l’aridité de l’ensemble laisse parfois un peu sur sa faim. En effet, la trop grande uniformité de l’ensemble et le manque de disparité donne la sensation que le disque n’évolue pas vraiment, malgré la grande qualité de réalisation sonore.

Puce Mary semble moins acharnée que par le passé, oubliant parfois de changer de braquet pour nous surprendre,offrant un disque qualitatif mais sans véritable surprise, ses compositions s’inscrivant dans les codes du genre.

Un disque mi-figue mi-raisin qui sera l’occasion pour les néophytes d’apprécier les talents de la jeune danoise, dans sa version la plus abordable, en attendant quelque chose de plus entreprenant et convaincant.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Josh T. Pearson: « The Straight Hits! »

Cela fait maintenant plus de 20 ans que Josh T. Pearson occupe le terrain sur la scène musicale américaine. L’ex-membre de Lift To Experience natif de Texas avait publié son premier album solo Last of The Country Gentleman en 2011 opus qui a rencontré un certain succès. Sept années plus tard, il décide de faire son retour et va droit au but avec son successeur intitulé The Straight Hits!

Comme la majorité des Américains, Josh T. Pearson est estomaqué par les élections américaines de 2016 et décide de parler son mécontentement à travers ces dix morceaux comportant le mot « straight » et un schéma classique (couplet-refrain-pont) avec une première partie bien énergique dont l’introduction country-punk nommée « Straight To The Top! », « Give It To Me Straight » et autres « Straight Laced Come Undone ».

Tout au long de ce nouvel album, Josh T. Pearson respecte sa démarche en voulant délivrer ses frustrations par rapport à ses élections qui ont bouleversé pas mal de gens pour des vibes plus positives à coup de synthés 80’s et d’explosions saturées comme sur « Straight At Me ». Pourtant, la seconde partie de l’opus est remplie de ballades plaintives comme « The Dire Straits Of Love », « Damn Straight » et autres « A Love Song (Set Me Straight) » qui compensent largement ce second disque.

On appréciera certains moments nostalgiques comme « Loved Straight To Hell » qui ravira les fans de Lift To Experience mais en somme, The Straight Hits! ne sera pas réellement mémorable en raison de son côté trop appliqué. Josh T. Pearson peine à convaincre avec ce second opus qui manque de spontanéité, à trop vouloir être direct.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Manonmars: « Manonmars »

Le trip-hop est un genre qui a tenté et réussi, au moins un temps, de substituer la morosité ambiante et l’immobilisme musical en hybridant le hip hop et la musique électronique en amplifiant cette atmosphère poisseuse et mélancolique que la scène urbaine dans laquelle il évolue a su si bien retranscrire.

Depuis quelques années cet idiome se cherche un futur. Manonmars sur cet album éponyme se charge, si ce n’est de cette mission, du moins de lui apporter quelque chose de concluant.

Quand « Blood » débarque très vite que s’installe un brouillard et que la température descend en flèche. Le disque, ne vous arrachera aucun sourire, aucun soupir de satisfaction et ne nous promettra pas des jours glorieux

Ici, c’est l’ambiance générale qui prime ; elle est sombre et dépressive de cette dépression qui nous fait cadeau de jours monotones et perclus d’ennui. Manonwars s’accompagne alors de climats faits de titres fantomatiques et crasseux. C’est un disque qu’on a envie de découvrir et dans lequel on craint de tomber. Pour en être rafraichi on attendra une suite, plus emplie de gloriole de préférence.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gabriella Cohen: « Pink Is The Colour Of Unconditional Love »

En 2016, Gabriella Cohen a connu la consécration avec son premier album Full Closure No Details ce qui a permis à la jeune australienne de se faire une place devant une scène indie de Melbourne des plus concentrés. Son retour, avec Pink Is The Colour Of Unconditional Love, la voit aborder une suite de carrière de manière plus sereine.

Pour ce successeur, Gabriella Cohen a définitivement pris son temps et s’est laissée emporter par son éventail d’influences musicales. Il n’est pas rare de croiser des sonorités rock’n’roll vintage sur l’introduction « Music Machine » et « Mercy » ou bien même « Baby » aux allures surf avec ses cuivres triomphants arrivant vers la toute fin par exemple. Avec sa voix de velours, on se laisse emporter facilement.

A côté de ces passages entraînants, on peut aussi relever des moments de grâce comme les ballades folk que sont « Miserable Baby » et « Recognize My Fate » ou encore d’autres titres plus cools comme la bossa nova de « Morning Light » et « Hi Fidelity ». La musicienne de Melbourne n’hésite pas non plus à rendre hommage à ses idoles avec le bien nommé « Neil Young Goes Crazy » résolument nonchalant comme on aime.

Avec ce second opus, Gabriella Cohen met à plat toutes ses influences pour aire de son melting-pot musical une expérience qu’il ne serait pas scandaleux de partager.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Myra Folick: « Premonitions »

Les premiers EPs de Miya Folick ont fait de cette jeune auteure-compositrice californienne un des possibles relèves de la pourtant toujours relativement jeune scène Folk-Rock américaine, quelque part entre Angel Olsen et Sharon Van Etten. Plus rock et rageuse que ses aînées (voir son « Trouble Adjusting ») elle a toujours eu les yeux rivés vers l’avenir et une terrible envie d’indépendance. Voici chose faite avec ce premier album.

« Premonitions », c’est un peu le virage Pop de Miya Folick avant l’heure, mais dans le bon sens du terme. Co-produit avec Justin Raisen (Sky Ferreira, Charli XCX, Santigold et… Angel Olsen) son disque bénéficie de l’expérience effectivement plus pop du premier de ses collaborateurs, mais sans sacrifier pour autant ses compositions sur l’autel du succès auquel elle a d’ailleurs furtivement goûté en voyant l’une de ses chansons, « Talking With Strangers », utilisée dans la série de Netflix 13 Reasons Why.

Plus ample, plus aventureux, ce premier album a au moins l’avantage de répondre à l’exigence des attentes suscitées par ses débuts, et notamment la chanson-titre. Du coup son univers se rapproche aujourd’hui beaucoup plus de celui de la jeune britannique Pixx, en mêlant claviers et guitares, pop et rock certes, mais en observant aussi le monde de son œil d’artiste.

Beaucoup de morceaux traitent plus ou moins directement de l’image que l’on renvoie à soi-même et au monde, des chansons d’amour et de confiance en soi particulièrement bien écrites, notamment « Stock Image » et le tubesque « What We’ve Made » avec son envoûtant refrain aux sonorités 80’s. Miya Folick semble très à l’aise lorsqu’il s’agit de naviguer entre joie et tristesse. Il y a notamment un côté le très enjoué « Leave The Party » dont l’approche rythmique oscille entre la Soul music et les compositions aux rythmiques élaborées de David Byrne et St. Vincent, puis le léger et très 80’s « Stop Talking », et de l’autre le noir et absolument imparable « Deadbody ».

Miya Folick devrait parvenir à séduire sans mal grâce à la variété et l’originalité de ses compositions à condition qu’elle ne tombe pas dans la facilité, surtout lorsqu’elle explore des contrées plus pop.

***1/2

2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Barely March: « Barely March »

Barely March est un autre de ces projets solos ; ici , c’est celui de l’auteur-compositeur-interprète Chris Keough, qui balance du pop-punk bien énervé su côté de Long Island.

Marely Barch en est une illustration concrète. Enregistré sur l’ordinateur de sa mère, cet opus tente de cicatriser une rupture amoureuse qui s’est faite dans la douleur.. Et on sent le chemin dès l’introduction faussement calme nommée « Carol No. 6 » avant d’attaquer sauvagement avec des riffs bien gras et des rythmiques bien agressives.

On peut citer d’autres exemples allant de « Santa Emoji » à « Shamble Claus Is Coming To Town » en passant par « I Was A Teenage Rudolph (The Red-Nosed Reindeer) » et « The 12 Better Days Of Christmas ».

Pour qui est amateur de pop-punk bien gras Barely March s’en tirera avec les honneurs. Que ce soit sur sa reprise de son voisin Jeff Rosenstock (autre figure-phare de la scène locale) avec « Bonus Ho-Ho-Hoceans » ou sur d’autres titres de ce calibre avec « Merry As I’ll Ever Be » entre autres, le New-yorkais fait une entrée fracassante et originale dans ce genre.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire