No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Didi: « Like Memory Foam »

Il y a maintenant trois ans, Didi avait fait ses premiers pas avec un premier album. Le quatuor originaire de Columbus, dans l’Ohio, avait remis au goût du jour la noise-pop des années 1990 avec finesse et élégance. Et ils comptent remettre ça avec leur successeur nommé Like Memory Foam.

Toujours inspiré par Dinosaur Jr. et Sonic Youth, Didi passe la seconde et nous délivre des brûlots doucement noisy avec entre autres « Haru », « Sinking-Floating » mais également « Circles ».

Entre les guitares rugissantes et les rythmiques quelque peu décontractées, le groupe est en parfaite osmose d’autant que l’alchimie entre Kevin Bilapka Arbelaez qui a l’honneur de chanter en espagnol sur « Muerde », Meg Zakany et Leslie Shimizu fonctionne impeccablement comme sur « It Floods » ou « Heavy Ghosts ». Avec Like Memory Foam, Didi signe un retour bien classe et en grâce tout comme on aurait pu en rêver.

***1/2

27 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Doe Paoro: « Soft Power »

Avec ses deux albums que furent Slow To Love en 2012 et After en 2015, Doe Paoro s’est imposée sur la scène comme bon lui semble. De son vrai nom Sonia Kreitzer, elle remet au goût du jour les influences soul vintage à travers son indie pop des plus aventureuses et elle continue sur cette lancée avec son successeur nommé Soft Power.

Pour ce nouveau disque, elle s’est entourée du producteur Jimmy Hogwarth (Amy Winehouse, Sia, Paolo Nutini…) afin de revenir à la source de la soul après des escapades électroniques de son prédécesseur. Cela n’empêche pas pour Doe Paoro de conserver une part de modernité comme l’atteste des titres plutôt honorables que sont « Over », « Guilty » et « Lose Plans ».

Des harmonies vocales dignes de The Ronettes surgissent tout comme les arrangements musicaux nous ramenant cinq décennies en arrière se manifestent tout au long de ce Soft Power avec « Cruelty of Nature », le plus pop « Fading Into Black » contrastant avec le fiévreux « The Projector ». Il y en a pour tous les goûts dans ce Soft Power, à savoir les sonorités gospel de « Cage of Habits » qui cohabitent aux moments plus soulful comme le final cotonneux intitulé « The Vine ». Il en résulte un disque plus varié et plus abouti que ses prédécesseurs et c’est sans compter sur la versatilité fluide de Doe Paoro qui continue de nous surprendre avec ses interprétations visant toujours aussi juste.

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26 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Get The Blessing: « Bristopia »

Le jazz-rock détonant de Get The Blessing est de retour ! Composé en partie de membre de Portishead, le collectif poursuit sa quête vers une musique jazz souterraine et complexe, faite de sinuosités, de torsions et d’entrelacs sonores.

Une musique jamais avare d’’expérimentations, capable de surprendre l’auditeur sur chaque titre ou presque. Une véritable performance !

***1/2

26 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Intersphere: « The Grand Delusion »

The Intersphere sait se faire désirer. Il aura donc fallu patienter quasi cinq ans pour s’envoyer le successeur de Relations In The Unseen. Pour autant le combo de Mannheim n’a jamais vraiment été inactif avec pas mal de tournées en contrées teutonnes principalement.
Pour leur cinquième opus, Christoph Hessler aux vocaux, Thomas Zipner aux grattes, Moritz Müller aux baguettes et leur nouveau bassiste Daniel Weber ont reconduits la formule des deux galettes précédentes. Les quatre larrons ont choisi d’enregistrer ensemble tous les instruments en prises directes dans le studio pour capter et restituer l’énergie des concerts. Ce parti pris s’avère judicieux. Musicalement, nous naviguons ici en territoire de Rock metal alternatif bien moderne.

Les chansons se veulent archi-mélodiques et souvent bien accrocheuses. Plusieurs titres (« Antitype », « Linger »»ou bien encore le nerveux morceau éponyme) s’installent délicatement dans nos esprits : hyper accessibles, les hits Pop/Rock en puissance s’enchaînent et sont distillés avec énergie et conviction. Entraînante, entêtante même (« Overflow »), qu’elle soit dynamique ou plus légère, chaque piste est redoutable d’efficacité. Les riffs metal (« Secret Place’ » côtoient des moments d’agressivité maîtrisée (« Mind Over Matter ») et d’autres plus modérés (« Don’t Think Twice’ ». Hessler alterne entre chant apaisé (« Shipwreck ») et parties plus énervées (« Smoke Screen ») avec la même antienne ; mélodies, phrasés, refrains, choeurs, rien ne sera délaissé en matière de formules archétypales.

Néanmoins, tout cela marche à merveille faisant de The Grand Delusion une oeuvre travaillée, à la production léchée comme il faut. The Intersphere nous livre un rock metal alternatif résolument moderne, énergique et convaincant qui justifie l’attente qu’il a suscité.

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26 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sun Young: « Tiles »

Sun Young est un trio indie rock venu de Boston. Composé de Damien Scalise (chant, guitare), John Cushing (chant, basse) et de Jeff Balter (chant, batterie), le combo avait publié un premier album il y a deux ans et ils jouent aujourd’hui la carte EP : Tiles.

En cinq titres, Sun Young nous concocte un indie rock bien noisy et abrasif comme la scène bostonienne en est féconde. Un produit 100% local donc qui comprend des morceaux bien acérés comme « Friends » et « Getting High » en guise d’exemple.

Entre riffs gras, interprétations désinvoltes et section rythmique rutilante, le trio s’amuse comme il peut comme l’atteste « Rabbit » et « Water ». Si on veut du rock tapageur, nous voilà servis.

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26 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Soft Center: « No Pattern »

Soft Center est le nom d’un duo originaire de Brooklyn. Composé par deux amis d’enfance que sont Gina Pensiero (chant, guitare, percussions additionnelles) et Sean Lango (guitare, autres instruments), ils font de la musique depuis plusieurs années et ont décidé de tenter leur chance avec leur premier album intitulé No Pattern.

Résolument indie rock dans l’âme, Soft Center a de quoi rappeler Wye Oak à leurs débuts avec des titres plutôt bien pensés et réfléchis comme « Alt Endings » qui ouvre le bal avec son rythme chaloupé et ses synthés en arrière-plan soutenus par ses guitares mélodiques. On pourra d’ailleurs en dire de même pour les riffs acoustiques entraînants de « Loose Ends » et du morceau-titre.

Pour un « debut album », le combo fait montre de classe et d’assurance que ce soit sur les passages tranquilles comme « Fireworks » et « Undressed » ou les plus rythmés avec un « 2008 » qui nous transporte du côté des Laurel Canyon ou, également, « Remember To Vote ». Entre l’interprétation sobre et élégante de Gina Pensiero et ses instrumentations riches en surprises avec « East Jesus » en ligne de mire, il n’y a qu’un pas et ce No Pattern ne déroge pas à cette règle exploratrice qui sous-tend tout premier album.

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26 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Colorlist: « Full Circle »

Full Circle se présente comme un hommage à la scène Post-rock de Chicago du début des années 2000 (Tortoise, Jim O’rourke….), fortement influencée par le free-jazz, mais aussi par la musique électronique avant-gardiste ou le krautrock.

A la tête du projet Colorlist, les deux membres Charles Gorczynski et Charles Rumback reprennent le concept à leur manière, improvisant, enregistrant lLive avec divers instruments (bois, guitares cuivres, percussions, synthés…) pour un assemblage musical assez impressionnant, fait de morceaux instrumentaux pour la plupart planants, à l’image du dernier titre « When The Time Is Right ».

Pour ce 4e album, le résultat est donc une fois encore très concluant, avec des constructions d’une grande richesse sonore, sur lesquelles ont collaboré Jeff Parker (Tortoise), Josh Eustis (Telefon Tel Aviv / Nine Inch Nails) et John Hughes (Hefty Records). A ne pas manquer !

***1/2

26 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Holygram: « Modern Cults »

Le monde du post punk et du shoegaze vit un renouveau depuis quelques années, ce n’est un secret pour personne. Alors qu’un groupe noir charbon aux mélodies glaçantes comme Holygram puisse débarquer subitement de son Allemagne natale n’a rien d’étrange. Sauf que son origine géographique n’est pas neutre. En effet les Allemands sont assez friands de genres cousins : la dark wave et le rock gothique. Et Holygram, s’en défendrait-il bec et ongles, leur doit également beaucoup. Et ça, pour moi, ça fait la différence. Parce que ce son de guitare et de basse échappés de Pornography est saisissant. Parce que, aussi, ce chant clair noyé d’écho est comme une berceuse .Parce que, encore, ce côté sobrement noisy et cette brume perpétuelle a quelque chose d’ensorceleur. Et parce que,enfin, ces gars-là savent écrire de bonnes chansons.

La recette est vieille, certes ,mais elle n’a rien d’éculé. Une fois la cauchemardesque intro « Into the void » passée, on entre dans le vif du sujet avec une « Modern cults » d’anthologie, que l’on croirait sortie d’un This Burning Effigy. Rien de moderne oui, mais pourquoi bouder le plaisir d’une réécoute puisqu’elle n’est pas redite ? Modern Cults n’a rien d’irréprochable c’est certain, mais ses quelques bons titres sont suffisants pour chatouiller nos oreilles de manière non négligeable.

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25 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Uncle Acid And The Deadbeats : « Wasteland »

En l’espace de quelques années, Uncle Acid And The Deadbeats est devenu un groupe iconique de la scène stoner / doom / psyché grâce à la qualité constante de ses productions. Wasteland, le cinquième effort de la formation de Cambridge, prolonge ses innovations stylistiques empruntées aux années 70, plongeant l’auditeur dans un paysage brumeux où seuls les élans mélodiques réussissent à percer la morosité ambiante.

De prime abord, La production peut paraitre perturbante par sa dimension « lo-fi » assumée, et, grésillant de toutes parts, c’est sur le malaisant « I See Through You » que débute la découverte de ce nouvel effort. Ouverture à grand coups de butoirs, sur des guitares qui semblent déclencher des arcs électriques jusqu’aux amplis Orange, Uncle Acid And The Deadbeats assène un véritable mur de son cradingue dont les chœurs illuminent le refrain. L’orgue renforce le ressenti d’une mélodie à la spiritualité décadente, alors que tout le reste ne semble qu’abrasion. Wasteland est un album qui s’écoute fort, très fort.

Plus le son crépite, plus on apprécie l’âpreté des morceaux. Les envolées à la six cordes de « Shockwave City », inscrivent le single directement dans la lignée d’un Black Sabbath survitaminé et corrosif. Il faut dire que la formation emmenée par Kevin Starrs a tendance à jouer plus rapidement que sur les opus précédents, à l’instar de « Blood Runner », un morceau cadencé par une batterie binaire, ou du sulfureux « Stranger Tonight », aux lignes de chants caustiques.

Pour un bref instant, Uncle Acid And The Deadbeats débranche les amplis, pour nous submerger dans une étrange mélancolie, en s’improvisant sur un jam progressif le morceau qui donne son titre à l’album). Plus surprenant encore, on notera des arrangements audacieux, que ce soit avec des claviers qui s’immiscent subtilement, où mieux encore des cuivres, comme sur l’étonnant « Bedouin », véritable ovni dans la discographie des anglais, à l’opposé de titres tels que « No Return » ou « Exodus », qui nous enterrent à coups de pioche, dans un doom-rock d’une morbidité absolue, où semble régner un futur sans espoir de lendemain, si ce n’est celui d’un ultime solo de six cordes qui s’éteindra dans le déraillement d’une ligne d’orgue, ponctuée d’une marche militaire.

Avec brio, Uncle Acid And The Deadbeats met en harmonie une musique profondément contrastée, entre lumière et noirceur, entre crasse et élégance, et cela s’appelle une terre en friches nommée Wasteland.

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24 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sylvaine: « Atoms Aligned, Coming Undone »

Atoms Aligned, Coming Undone et le nouvel album de Sylvaine, cette multi-instrumentiste norvégienne qui est, en effet, de retour avec son projet aux multiples dénominations. Perdu dans un philtre de doom, de shoegaze, de blackgaze, de post-rock ou de post-black, ce nouvel opus traite à peu près toute la gamme d’émotions que l’existence humaine et terrestre peut offrir. À ce titre, il est une narration des conflits intérieurs de l’artiste, de son inadaptation, de sa catharsis, du sentiment d’être piégé et prisonnier d’une enveloppe charnelle…

Sur le papier, on ne peut s’empêcher de penser à Myrkur, une autre artiste scandinave oeuvrant dans le « metal », mais en beaucoup plus post et moins « pagan-folky », ou encore à Alcest (à juste titre d’ailleurs puisque Neige participe à l’album ) et bien sûr à pas mal de groupes versant dans le shoegaze. Cependant, plusieurs écoutes de l’album rendent cette comparaison totalement injuste face au travail et à l’élégance de Sylvaine qui, ici, développe sa propre vision et qui fait de sa voix, de son écriture atypique une force qui plonge l’auditeur dans quelque chose d’esthétiquement sombre, d’atmosphérique, d’expansif et pourtant de relativement minimaliste.

Côté production, on part du son de Wistful ( 2016) et on l’enrichit, on l’amplifie, on le mature, on essaye de lui offrir plus de contraste. On garde donc ce son archétypal de Sylvaine mais on voit bien que l’artiste a accordé une attention toute particulière à faire sonner chaque instrument, chaque voix comme un tout et surtout elle a essayé d’apporter une dynamique commune à tous ces éléments pour mieux capturer l’essence de ses ondes sonores.

Ainsi,« Mørklagt » sera une longue plage, une progression émotionnellement lourde mais toujours dynamique. C’est une piste qui représente parfaitement bien l’album et toutes ses variations. Sylvaine y montre toutes ses forces, créant texture et atmosphère, faisant se rencontrer méticuleusement voix et musique. Son chant clair n’a d’ailleurs jamais été aussi bon et aussi adéquat, se déployant comme un léger voile sur une toile, une aurore boréale sur les étoiles… Puis arrive le contraste total, la rage transcendantale, le cri. Ce souffle de souffrance pure qui accompagne une mélodie épique fait soudainement basculer le titre du calme amniotique et séraphique au blizzard noirci.

Inversement, sur des titres plus fluides comme « Abeyance » ou « Worlds Collide », l’artiste explore des territoires plus profonds, plus post-rock. Avec une belle et intelligente écriture ainsi que des chorus percutants, les titres sonnent comme une déclaration noyée de nostalgie, baignée de réverbération et d’écho de soi. Un style qui sied plutôt bien à Sylvaine, qui nuance encore plus son album et lui ouvre les portes du fragile équilibre entre sérénité et chaos.

toms Aligned, Coming Undone est donc un très bel album, flirtant entre le blanc éclatant et le noir lugubre. Il affirme définitivement le talent musical de l’artiste Que ce soit en termes de composition comme en termes de production, il est une avancée majeure dans le monde obscur de la vocaliste ; Sylvaine y pousse encore plus loin le thème de la dualité entre ses mondes, entre le beau et l’extrême, entre le monde extérieur et les confins d’un for-intérieur. À sa manière, Atoms Alinged, Coming Undone agit et agira sur l’auditeur comme un ascenseur cosmique, tellurique et liturgique.

****1/2

24 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire