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Randall Dunn: « Beloved »

Membre des très mystiques et mélangeurs Master Musicians Of Bukkake et ingénieur du son renommé, Randall Dunn a notamment mis ses talents au service de Six Organs of Admittance, Earth, Mamiffer, John Zorn, Tim Hecker, Black Mountain, Wolves In The Throne Room, Oren Ambarchi ou encore les divers projets de son compère Stephen O’Malley, de KTL à Sunn O))). Excusez du peu ! Il n’a, en outre, besoin de personne pour nous embarquer dans de fabuleux voyages mentaux aux majestueux paysages lunaires et ravagés

Pour Ambarchi et O’Malley, le New-Yorkais tenait également les claviers sur l’halluciné Shade Female From Kairos ux impressionnants crescendos de tension hypnotique et d’errance cauchemardesques. Beloved a plus d’un point commun avec ce dernier opus, si ce n’est qu’il s’avère encore plus magnétique dans ses textures et ambivalent dans ses influences, capable de mêler ambient vocale au chant planant, déstructurations électroniques et incursions free jazz sur le fantasmagorique « Something About that Night » avant de décliner sur les 9 minutes ésotériques de « Theoria : Aleph » un dark ambient de purgatoire pour cordes capiteuses et chœurs synthétiques gutturaux puis d’enchaîner sur le futurisme à la Blade Runner d’un « Mexico City » au lyrisme radiant.

Cette ambition libertaire, le line-up du disque s’en fait le reflet, du génial clarinettiste jazz/ambient Jeremiah Cymerman sur deux titres à l’Islandais Úlfur Hansson (guitare) remarqué dans nos pages l’an dernier en passant par l’omniprésent Shahzad Ismaily (Marc Ribot’s Ceramic Dog, Carla Bozulich, Sam Amidon, Chantal Acda…) à la basse. Quant à Randall Dunn, ses synthés analogiques aux textures mouvantes et organiques contribuent tout autant à donner chair à ces méditations sur ce qu’il nomme « l’angoisse, la paranoïa, différentes nuances d’amour, différentes prises de conscience de la mortalité », qui culminent d’emblée sur un « Amphidromic Point » aux drones cinématographiques particulièrement évocateurs et sur « Lava Rock and Amber » dont le piano sépulcral et les cordes hantées renvoient à une imagerie baroque et horrifique.

« Living, dying, loving… in the midst of nothingness » chante Zola Jesus, autre invitée de marque, sur le planant « A True Home », donnant une dimension presque mythologique à notre humanité en souffrance sur fond de beats aux allures de battements cardiaques et de nappes rétro-futuristes éthérées dignes du meilleur de Tangerine Dream.

Si Randall Dunn parle de nos errances intimes voire subconscientes, alors Beloved en est la cartographie, une allégorie de nos parcours de vie chaotiques et changeants et de leur influence sur nos personæ mais surtout un chef-d’œuvre de musique expérimentale accessible et captivante.

****1/2

18 décembre 2018 - Posted by | Chroniques du Coeur | , ,

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