The Fernweh: « The Fernweh »

C’est sur le terrain de la folk-pop psychédélique, que The Fernweh évolue et il la fait avec maestria, fulgurance et approches et contrepieds lumineux.

Naviguant entre les rues de Liverpool et les vallées du North Yorkshire, le quintet (dont certains des membres ont autrefois officié chez Candie Payne, Edgar Jones ou The Zutons) a consacré trois longues années à l’élaboration minutieuse de son premier essai au point que sa sortie était devenue un véritable fantasme, une légende urbaine.

Dès la première écoute de ces quatorze titres délicieusement anachroniques, fourmillant d’échos de Fairport Convention, de Syd Barrett, de Moody Blues ou de Pretty Things, l’attente se voit récompensée au-delà de toutes espérances.

En effet, il nous faudra sans doute remonter jusqu’aux plus belles heures de The Coral (leurs parrains et modèles) pour trouver la trace d’un groupe anglais aussi brillant, capable de condenser toutes ses nobles influences avec une si gracieuse sophistication et de faire rimer avec autant originalité du propos et flamboyance de l’interprétation (« Is This Man Bothering You? », » Next Time Around »).

Jamie Backhouse (guitares), Ned Crowther (chant, guitare) et Oz Murphy (claviers, saxophone) – un trio d’origine auquel sont venus s’ajouter Maja Angevik (voix, flûte) et Phil Murphy (batterie) – s’autorisent pour leur baptême du feu discographique des audaces auxquelles la scène d’outre-Manche ne nous avait plus habitués depuis longtemps déjà, imposant avec force une glorieuse succession de folk songs diaprées (« One Hundred Flowers Bloom », « Little Monsters »), de compositions instrumentales évocatrices (« Timepiece », « Winterlude ») et de mélodies pop en colimaçon (« Brightening In The West », « New Brighton Sigh) ». Enfin, du psychédélisme qui infuse régulièrement ses œuvres, The Fernweh a su ne retenir que le meilleur : cette relecture moderne et habitée réussit à mettre de côté le maniérisme et le décorum tarabiscoté, tout en conservant le goût de l’expérimentation et l’importance de l’imaginaire (« The Liar », « Dressing Up Box »). Une révélation majeure.

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