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Jayle Jayle: « No Trail and Other Unholy Paths »

Jaye Jayle est une surprise savoureuse avec un deuxième album intitulé No Trail and Other Unholy Paths. Le quatuor de Louisville nous plonge dans l’austérité et la noirceur d’une americana minimaliste, portée par les incantations mystiques d’Evan Patterson. Jaye Jayle s’était déjà illustré en 2016 avec House Cricks and Other Excuses to Get Out et en 2017 avec un split album, qui n’était pas passé totalement inaperçu, en compagnie d’Emma Ruth Rundle, The Time Between Us.

Adepte du « less is more », Jaye Jayle épure toute complexité, en déconstruisant chaque composition pour n’en retenir que la plus subtile essence, afin de nous accompagner sur les chemins d’une transe chamanique ; un peu comme si nous étions transportés autour d’un grand feu, illuminant la nuit, dans une forêt noire, effrayante et aux présences menaçantes. Sur « No Trail: Path Two », la voix d’Evan Patterson fait écho de toute sa pesanteur, à celle d’Emma Ruth Rundle, perçant les ténèbres d’une longue complainte ambient. Le duo est étrangement comparable à celui de Mark Lanegan / Isobel Campbell, puisque le timbre de voix caverneux des chanteurs se ressemble.

Plus loin, « Ode to Betsy » s’avère être le morceau le plus addictif avec son mélange des genres entre drone et blues, où l’omniprésence d’une basse ronflante s’épanouie sur des plages de synthés lancinantes. Ces sonorités synthétiques mettent en mouvement toute la magie d’un titre comme « Cemetery Rain », dont la puissance mélodique semble éclore dans un final extasié.

Jaye Jayle s’efforce de déployer des ambiances spectrales, comme sur « As Soon As Night », dont se dégage un appel à la rédemption tandis que les guitares s’embrasent. Sur « Accepting », la répétition d’un refrain équivoque (« If I had a needle… ») vire à l’obsession, tandis que des cuivres font dérailler l’ambiance légère et brinquebalante qui pouvait régner en introduction. Enfin, ce deuxième album se conclue par l’orageux Low Again Street » dont la progression dessine les contours d’un chemin sans espoir ; un « road-album » gothique dans toute sa vénéneuse splendeur.

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15 décembre 2018 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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