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Workin’ Man Noise Unit: « It’s Not Nothin’ »

Ne pas se fier aux roses de la pochette. It’s Not Nothin’ n’en a clairement pas l’odeur même s’il en conserve les épines. Débridé et punk, ce nouveau Workin’ Man Noise Unit s’avère fortement jubilatoire.

Trois années ont passé depuis Play Loud et Workin’ Man Noise Unit n’a presque rien changé. Guitare carnassière, basse affolée, batterie trépanée et grouillements synthétiques viennent épauler les deux voix travaillée et mises au service de morceaux qui se veulent grossiers. Envoyant tout valdinguer, la musique des Anglais explose toujours les limites strictes du bon goût.

Voici donc It’s Not Nothin’ et ses onze éructations revendiquées comme débordant du cadre et mettant en avant leur côté punk dévridé, bien plus que sur leur album précédent. À ce stade, c’est déjà très séduisant. Mais Workin’ Man Noise Unit ne s’en tient pas là et leur grand truc, c’est cet habillage synthétique qui fournit aux morceaux un souffle décidément bien singulier. L’amalgame n’est certes pas nouveau mais entendre ici ces riffs massue chevillés à une ossature électronique bruitiste précipite chaque titre dans une sorte d’entre-deux indéterminé. Hésitant en permanence entre arrachage et trip cosmico-barré, It’s Not Nothin’ ne fait jamais mentir son titre. Les onze brûlots se succèdent sans temps morts et balancent des brûlots à tire-larigot où s’entremêlent garage, sludge, quelques pincées hardcore, un soupçon de stoner et beaucoup de punk et de rock’n’roll.

Dès qu’un riff devient trop pachydermique, une zébrure synthético-distordue vient immédiatement le taillader pour le délester de ses kilos excédentaires, quand l’électronique devient trop perchée, la rythmique indéboulonnable la ramène tranquillement au sol, seule compte la course en avant que rien n’arrête.

D’emblée, le bien nommé « Opener » annonce la couleur : chaotique mais surtout carré, la voix (qui rappelle de loin celle de Joe Strummer) s’ébroue à la fois vive et exténuée. Mis derrière le bruit, partout, en grattant la crasse, on décèle des morceaux très bien écrits. « Turn It Off », « Workin’ Man Blues » ou « Rathaus », montrent un groupe à même de sculpter ses échardes et de broder un canevas étonnamment subtil de ses doigts gourds. Partagé entre écume punk et psychédélisme plombé, It’s Not Nothin’ file à la vitesse de l’éclair, ne s’égare jamais et se révèle franchement jouissif. Sur l’ultime et charmant « Become The Scum », Workin’ Man Noise Unit lève même le pied, quitte ses guenilles hirsutes et met en avant toute sa sensibilité. On l’avait pressenti,, cette chouette collection d’aigreur cache en son sein un spleen profondément insulaire. C’est sûr, c’est plutôt moche et ça ne sent pas vraiment la rose mais c’est aussi très prenant et on a l’impression de partager avec la Noise Unit quelques ecchymoses dont l’ADN correspond à un album qui ne pouvait qu’être une incontestable réussite. Et cela, bien sûr, ça n’est pas rien.

****1/2

13 décembre 2018 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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