No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Sea And Cake: « Any Day »

Depuis 1994, Sam Prekop, John McEntire et Archer Prewitt pourraient être les gens les plus ennuyeux du monde. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. The Sea and Cake est un groupe d’intellos qui fait de la musique pour des intellos mais qui est, paradoxalement, parvenu à être apprécié par presque n’importe  qui. en réalité la capacité évidente d’être aimé par n’importe qui.

C’est un constat implacable qui se manifeste à nouveau quand on écoute ce Any Day. Avec leurs C.V. respectifs, les membres des The Sea and Cake pourraient rouler des mécaniques et enregistrer des titres expérimentaux qui séduiraient n’importe quel lettré.

Au lieu de ça, le groupe de Chicago produit une musique à la simplicité déconcertante et à l’efficacité redoutable. Ce onzième album est court mais il s’insinue dans les oreilles à l’infini. On pourra le comparer à Man-Made du Teenage Fanclub (que John McEntire avait d’ailleurs produit) : voilà un opus que l’on glisse sur sa platine un peu par hasard pour, au final se le mettre en boucle pendant des heures voire des journées.

***1/2

8 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Quiet Dan: « When The Earth Was Flat »

Il y a un petit côté années 70 (on pense par moment à JJ Cale), presque naïf par son parfum idyllique dans cet album, comme du temps où les espaces étaient à la liberté et l’insouciance, avec des images du passé très évocatrices et nostalgiques…

Le groupe Quiet Dan signe là un petit disque charmant comme tout, entre pop, blues, folk, country, avec des chansons fragiles et légères qui s’écoutent et font du bien.

***

8 décembre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Manes: « Slow Motion Death Sequence »

Manes est une énigme. Une entité mutante, mystique, résolument hors-cadre. Formé quelque part dans le courant des nineties, le groupe s’est toujours gardé de lever le voile sur son line-up et ses connexions avec la scène norvégienne. Extrêmement rare sur scène, la formation évolue au gré des envies et revêt occasionnellement de nouvelles identité – Manii pour la facette black, Kkoagulaa lorsqu’il s’agit de s’orienter vers les bidouillages sonores les plus élitistes –. Manes se trouve pour sa part à la croisée des chemins et des univers. En apesanteur, entre rock éthéré, post-metal, électro aliénant et trip-hop torturé. Leur nouvel album, Slow Motion Death Sequence, est à ce titre un disque-synthèse absolument somptueux.

Manes aime emprunter des chemins de traverse. La carrière du combo est à l’image de sa musique, non linéaire. Auteur de deux albums cultes de rock ambiant / expérimental – Vilosophe, 2003, et How The World Came To An End, 2007 –, ce dernier avait explosé en vol malgré l’annonce d’un troisième long-play en gestation. L’album finira par sortir sept ans plus tard. Moins sombre et tortueux, ce Be All End All peinait malheureusement à convaincre sur la longueur, sans que l’on puisse vraiment expliquer pourquoi. Slow Motion Death Sequence rattrape le coup avec une maestria presque isolante. L’album est fabuleux, de bout en bout. Manes couche sur bandes un cauchemar magnifique, une plongée en apnée dans un univers clair-obscur aussi effrayant que réconfortant. Le groupe retrouve ici son aisance à jouer des contrastes, à construire des étendues ténébreuses ponctuées de subtiles percées de lumière. Slow Motion Death Sequence est un album dans sa définition la plus pure, et non un assemblage de morceaux. Les norvégiens y développent une vision, un univers. Le disque s’aborde comme un voyage et n’est assurément pas easy-listening, mais lorsque la mayonnaise prend le travail de Manes s’insinue insidieusement dans l’esprit et sous la peau.

Slow Motion Death Sequence est un opus exigeant, parfois abstrait, souvent ponctué d’envolées planantes d’une infinie beauté. Le groupe joue constamment de cassures vertigineuses – certains riffs électrisent douloureusement avant de s’éteindre quelques secondes plus tard au profit d’une boucle électro lancinante – et transcende sa musique d’un chant haut-perché androgyne. Le songwriting est excellent, bardé de superpositions majestueuses, ponctué de refrains émotionnellement puissants – la pépite « Chemical Heritage » –. C’est peut-être là l’une des plus grandes forces du groupe : toucher en plein cœur sans jamais tirer sur la corde, happer l’attention sans faire preuve de grosses ficelles larmoyantes. Osons les choses : Manes fait de l’art comme peu de groupes savent en faire.

Manes offre avec Slow Motion Death Sequence un trip démentiel et hypnotisant. Un travail d’orfèvre qui se hisse très clairement au niveau des deux maîtres-étalons du groupe et fera date dans la carrière du groupe. On aimerait écouter ce genre de disque plus souvent, si possible au volume maximum. La prod’, impeccable et limpide, autorise à pousser le niveau de votre système hi-fi dans ses derniers retranchements. Ne vous en privez pas, et laissez vous porter.

****

8 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Get Well Soon: « The Horror »

Ce n’est sans doute pas le disque le plus gai de l’année mais c’est sans doute l’un des plus émouvants. Il est l’œuvre de Konstantin Groppe qui, sous le nom de Get Well Soon, a composé sur ce The Horror, une sorte de BO imaginaire pour un film à caractère abominable mais envoûtant…

Mais si on trouve dedans du romantisme et de la mélancolie, le résultat donne un disque de pop orchestrale  qui, plutôt que de servir de repoussoir, s’avère très réussi.

***1/2

8 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Still Parade: « Soon Enough »

Peu se souviennent des High Llamas, le groupe de l’irlandais Sean O’Hagan. Il en reste pourtant sans doute parmi ceux qui ont aimé et aiment ces albums de pop autant inspirés par l’easy listening que par les Beach Boys.

Le style du berlinois Still Parade ressemble pas mal à celui des High Llamas dans son approche de la pop, avec ses mélodies tranquilles et légères. À écouter quand on est d’humeur songeuse vire rêveuse et à déguster sciemment.

***1/2

8 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire