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Hippo Campus: « BAMBI »

2017 a a été un année florissante pour Hiopo Campus avec leur album Landmark ainsi que leur EP Warm Glow. Satisfaits de ce succès, le quatuor de St. Paul n’est pas du genre à rester les bras croisés et on en veut pour preuve leur successeur intitulé BAMBI.

Une fois de plus, Jake Luppen et ses acolytes comptent se démarquer de la concurrence avec des compositions pop pour les moins audacieuses. Et cela s’entend sur l’introduction cosmique intitulée « Mistakes » totalement surréelle et inquiétante et à mille lieues de ce que l’on a entendu chez Hippo Campus mais aussi sur les sonorités 8-Bit de l’interstellaire « Anxious » ou d’autres plus glitch sur « Doubt ».

A travers ces stonalités inédites tout au long de l’album, le groupe de Minnesota explore les thèmes des angoisses permanentes de Jake Luppen par rapport à la société et ses doutes sur son cercle social qui le rongent jour après jour.

Au milieu des influences multiples qu’habillent des morceaux dominés aux claviers et synthés futuristes comme l’éthéré et avant-gardiste « Think It Over », la montée en puissance de « Bubbles » mais encore du plus percutant « Golden », les guitares ont quand même leur mot à dire sur des titres beaucoup plus indie rock à l’accoutumée comme sur « Why Even Try » et « Honestly ».

En dix morceaux et en 33 minutes de musique, Hippo Campus continue à se réinventer et à exorciser les doutes sur le monde qui les entoure et BAMBI le capture plutôt bien malgré ses moments surprenants.

***1/2

4 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Bob Drake: « L’Isola Dei Lupi »

Bob Drake fait partie de ces musiciens underground, fourmis de l’ombre dont on entend trop peu parler car n’intéressant guère les médias et néanmoins étonnamment productifs. Membre fondateur du groupe d’avant-garde Thinking Plague puis musicien dans diverses formations, il mène également une carrière solo dont « L’Isola Dei Lupi » est le dixième jalon.
Cette île des loups, n’est pas comme son titre pourrait le laisser penser chanté en italien mais en anglais. Sans être véritablement conceptuel, l’album nous invite à visiter cette île et ses multiples allées, escaliers, arches et grottes en 16 courtes chansons. Un joli plan dessiné permet à l’auditeur de se promener sur l’île au fil des morceaux et la pochette également dessinée n’est pas sans rappeler les efforts de Roger Dean pour Yes.
L’album s’ouvre de façon fort originale sur le titre annoncé d’une voix sobre, suivi d’un vigoureux accord de guitare. « Original » est certainement l’un des qualificatifs appropriés à ce disque car Bob Drake a un style très personnel, mélange de mélancolie, de folie douce et de fantaisie débridée. Tout est surprenant, les titres, souvent très courts, multipliant les changements de mélodies, d’instruments, de styles même. Certaines chansons calmes s’emballent brutalement, des instruments exogènes, parfois bricolés par Bob Drake, s’invitent au beau milieu d’une mélodie comme il faut, un thème rock des plus classiques se transforme en titre expérimental, le chant est subitement interrompu par des accords plus ou moins discordants…

N’espérez pas un voyage tranquille, l’inattendu est au détour de chaque mesure. Sans pour autant, et c’est là que réside l’art de Bob Drake, que cela ressemble à un capharnaüm où se perdrait l’auditeur. Bien au contraire, l’album est étonnamment homogène en dépit de ses perpétuels contre-pieds et le mélange de thèmes mélancoliques, de passages nerveux et de purs moments d’euphorie se révèle particulièrement attachant. Si certains titres sont audacieux et réservés à un public averti (« Ycnarr’s Rock Collection Pleached Path To The Cliff » et ses notes de basse sporadiques, « Supplement To The Ritual’ »ressemblant au collage d’une multitude d’effets superposés ou juxtaposés, « The Ascension Of Greyfoot Badger » et son coup de génie, une note de plus en plus stridente tenue sur 2 minutes 15 avant de s’interrompre brutalement, donnant une impression de déflagration), la plupart sont surtout étonnants par le foisonnement d’idées dont ils font l’objet.
Si Bob Drake joue de nombreux instruments (dont certains n’existent pas), les titres sont le plus souvent assez dépouillés, le chanteur privilégiant la guitare acoustique ou le banjo pour s’accompagner la plupart du temps. Sa voix au timbre fragile se tient toujours sur la limite escarpée de la justesse sans jamais tomber du côté de la fausseté. C’est ce travail d’équilibriste qui rend ces chansons intéressantes, l’auditeur ressentant la même impression que le spectateur assistant au cirque à un numéro de funambule, frissonnant à chaque fois que celui-ci menace de tomber de sa corde tremblante, pour mieux respirer quand il rétablit l’équilibre.
Au final, l’écoute de L’Isola Dei Lupi s’avère passionnante et fertile en frissons que ne manquera pas de générer le timbre de Bob Drake. L’artiste américain associe la créativité d’un Peter Hammill à la mélancolie d’un Robert Wyatt et à la folie décalée d’un Syd Barrett, le tout dans un style qui n’est pas sans rappeler les Who ou les Kinks. Un travail unique sur lequel tous les amateurs de musique non formatée seraient bien inspirés de prêter l’oreille.

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4 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Sonder Bombs: « Modern Female Rockstar »

La scène pop-punk américaine regorge aussi pas mal d’originalité et The Sonder Bombs en est un des ses manifestations. Il s’agit d’un quatuor de Cleveland formé par la charismatique Willow Hawks au chant, à la guitare et au ukulélé (sic!). Ça peut sembler surprenant au départ mais, pourtant à l’écoute de leur premier album, Modern Female Rockstar, l’idée s’avère plutôt bien trouvée.

Avec une interprétation des plus flamboyantes de la part de notre hôtesse, la musique ukulélé punk (parce que c’est le cas ici) de The Sonder Bombs fait plutôt effet à l’écoute des titres bien emballants comme « Atom » en guise d’introduction mais encore « Pot & Kettle » et « Wild ». Ici, Willow Hawks se montre autoritaire et en a gros sur la patate comme l’atteste la chanson « Title » où elle prône pour l’égalité des sexes et l’équité dans le milieu de la musique mais encore sur le très court mais explosif « Shoot 2 Kill » où elle s’imagine un acte de vengeance sur un ex.

Avec ces neuf titres que composent ce Modern Female Rockstar, The Sonder Bombs fourmille d’idées pour les moins originales et arrive à nous convaincre que l’ukulélé dans le monde du pop-punk peut être sympathique. Chapeau à Willow Hawks et ses sbires pour cette idée ingénieuse.

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4 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jupiter Styles: « Be Good »

Lorsqu’il n’officie pas chez Ratboys, Sean Naumann possède un autre side-project beaucoup plus radical qu’auparavant. Il s’agit de Jupiter Styles qui s’éloigne du mélange indie rock/country-folk pour aller chercher vers les sonorités plus emo et indie rock lo-fi comme l’atteste son premier album intitulé Be Good.

Voici donc dix morceaux qui ne dépassent jamais les trois minutes, à l’exception faite de l’émotif et passionnant « Life Like », où Jupiter Styles nous montre l’étendard de son talent avec des titres incisifs et allant droit au but de « Surefire Way » à « Over and Over » en passant par les intonations à la Dinosaur Jr. sur « The Same » et « Hour Ago ».

Avec l’aide de Dave Sagan de Ratboys (guitare, piano), Seth Engel de Lifetime Bells (guitare), Marcus Nuccio de Pet Symmetry (batterie) et de l’ex-Pinegrove Nick Levine, Sean Naumann est dans son élément tant son univers rappelle aussi bien Oso Oso que Superchunk (« Made A Moon ») mais aussi Joyce Manor (« Stick Around »).

Après une conclusion plus sobre et acoustique des influences alt-country nommée Baby Steps, Jupiter Styles s’achève sur une note plutôt prometteuse ave un opus qui inaugure que du bon pour un artiste qui prouve ainsi qu’il sait être polyvalent sans se perdre.

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4 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Laura Meade: « Remedium »

Si le nom de Laura Meade n’évoque pas forcément de souvenirs immédiats, celui du groupe au sein duquel elle évolue va sans nul doute attirer l’attention puisqu’elle est ni plus ni moins qu’une des voix de Izz, groupe plusieurs fois salué pour la qualité de son rock progressif inventif et foisonnant.
Evoluant cette fois-ci en solitaire, bien qu’accompagnée d’une part par la quasi-totalité de son groupe d’origine, mais également par quelques pointures au sein desquelles nous retrouvons notamment Jason Hart (Renaissance), l’artiste nous propose un concept album autobiographique narrant son combat personnel contre la sclérose en plaques qui l’affecte, le tout avec des paroles dotées d’une très forte puissance évocatrice.
Sur le plan musical, l’univers de Laura Meade est bien éloigné de celui de Izz et ne présente que peu d’accointances avec le rock progressif. Pourtant, le splendide « Sunflowers at Chernobyl » va nous démontrer le contraire, avec ses claviers introductifs qui renvoient à Marillion, avant que la suite ne se rapproche de Magenta : intonations vocales à la Christina Booth, basse chantante très présente et un magnifique tricotage basse/claviers pour finir placent d’entrée de jeu cet album sur de très bons rails.
Passée cette première plage, la suite va nous proposer des titres plutôt courts, où Laura Meade évolue dans un univers situé entre Kate Bush et Tori Amos, non seulement sur le plan vocal, mais également au niveau instrumental puisque l’on retrouve le piano très présent dans l’esprit de la seconde (« The Old Chapel at Dusk », « Irradiation’» et le côté parfois expérimental de certaines mélodies et orchestrations de la première. 


A cet ségard, il faut également souligner que les accompagnements instrumentaux sont souvent dépouillés, offrant une belle mise en valeur de la voix de l’interprète. C’est ainsi qu’un simple ukulélé suffit à venir habiller de manière on ne peut plus élégante une mélodie aussi simple qu’accrocheuse (« Home Movies ». Mais, loin de simplement singer ces deux illustres aînées, Laura Meade introduit beaucoup de sonorités modernes et notamment quelques touches d’electro voire trip-hop, comme par exemple sur « Dragons’ » deuxième titre epic de l’album, qui s’ouvre par une mélodie poignante rendue sur un mode acoustique, avant que le titre ne prenne de l’ampleur et un rythme entraînant que même la batterie électronique ne parvient pas gâcher.
Les dix morceaux présents sur Remedium sont autant de pièces finement ciselées, rendues par des instrumentistes et une interprète de premier plan et ce, dans un style vraiment original. Un opus qui constitue un vrai remède.

****1/2

4 décembre 2018 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire

Giana Caliolo: « Float »

Giana Caliolo est une chanteuse et musicienne new-yorkaise qui essaie de se trouver une niche au milieu du cercle déjà bien encombré des artistes de indie rock féminin.

Pour cela elle s’appuie sur des compositions plutôt bien fichues allant entre le rock bien tranché (« Night Owl », « Until The Last Time » et les romances sentimentales essaimées d’humeurs bluesy (« What If », « Stay For A While » ou « So I’m Told »).

Entre cela, la mélancolie douce de titres comme « Market », et « Now I See It All » era vectrice d’émotions cosy épithète qui pourra s’appliquer également à des morceaux « bedroom pop » comme « Rob’s Song ». De cet assemblage qui peut sembler hétérogène on retiendra pour la bonne cause un « Anchor Park » composition emblématique si on veut parler de « building up song » et de montée en puissance.

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4 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire