The Good The Bad And The Queen: « Merrie Land »

Malgré sa réputation de chroniqueur de l’Angleterre contemporaine, cela faisait vinct ans que Damon Albarn n’avait pas trempé cette plume musicale qui avait fait de lui un émule de Ray Davies.

Les derniers albums de Blur étaient de nature introspective et le concept Gorillaz n’était que de la crypto-pop qui n’allait pas plus loin que la satire. Merrie Land, le deuxième opus de The Good The Bad And The Queen, « super groupe » qui le réunit avec Paul Simonon, Tony Allen et Simon Tong sera indubitablement un retour à certaines sources socio politiques puisqu’il est un commentaire sur l’Angleterre d’après le Brexit.

L’époque étant au pessimisme, l’humeur s’en fera l’écho avec es textes qui naviguent entre nostalgie, colère et réalisme.

La chanson-titre est vectrice de deuil et aussi d’une poignante amertume à la vision d’une Angleterre ravagée par les scandales politiques. « The Great Fire » dresse un tableau de « Brexiters » apparentés à une armée d’invasion née de ces Anglais englués dans l’mage d’un pays datant des années 50 et stigmatisant la Grande-Bretagne multiculturelle.

Merrie Land n’est pourtant pas un pamphlet politique mais juste un album et il se doit d’enrober ses idées ou thématiques par le biais de la musique et des artistes qui accompagnent Albarn (Tony Allen à la batterie, le bassiste de Clash Paul Simonon, Simon Tong et, à la console, ni plus ni moins que Tony Visconti).

Il y a néanmoins un propos, même si il n’est que constat, et, de ce fait les textes sont à la fois rétrospectifs et proactifs. On y trouvera maintes humeurs ; colère, pessimisme, nostalgie mais aussi réalisme.

Mais Merrie Land est plus un album qu’un pamphlet politique. Le contenu ne prendra sa saveur que dans la manière dont dont le combo a décidé d’emballer le message. La désinvolture musicale et les rythmiques dub ou club se frottent aux arrangements à cordes et à vent britanniques, à un piano de pub gentiment déglingué, sur « Lady Boston » un émouvant choeur gallois ou des échos de guitare folk.

L’allégorie avec une Grande-Bretagne multiculturelle est évidente mais cette faconde qu’a Albarn à composer des mélodies attrayantes permet de diluer la mélancolie ce qui est, à la fois, bonne et mauvaise chose suivant le point de vue par rapport auquel on se place.

S’il s’agit de se référencer aux Kinks chroniqueurs sociaux, on est en droit de préférer l’original à la copie, si on préfère se pencher sur la qualité intrinsèque du métissage musical, on considèrera que le média et le messages sont trop fortement brouillés pour souhaiter un retour à une approche moins axé sur l’air du temps et la branchitude.

***1/2

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