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Clarence Clarity: « Think:Peace »

Trois ans entre deux album c’est un peu long, Think:Peace était prévu l’année précédente ; reste don à savoir si l’attente était justifiée par rapport à un No Now qui avait rencontré l’adhésion.

On peut le dire d’entrée, Clarence Clarity frappe très fort avec ce disque. On y retrouve le joyeux bordel, ces sonorités bien représentative de sa patte déglinguée. Lui qui produit presque plus pour les autres que pour lui même et, dans tous les morceaux, aucun ne pourrait se suppléer à l’autre.

« W€ Chang£ » est du pur Clarity tant il parvient à rendre bancale une pop song élémentaire tout comme l’est sa manie de singer les titres de ses compositions . Ainsi, « Nayseyer Godslayer » devient « Naysayer, Magic Obeyer » et « Vapid Feels Are Vapid » va se transformer en « Vapid Feels Ain’t Vapid ».

Pour enfoncer le clou, le bonhomme joue sur les cassures, les changements surprenants, il brouille les pistes et les sons d’une manière plutôt iconoclaste.

Entre le classique (« Next Best Thing ») et l’effrayant («  Fold’em/Silver Lake Reservoir »), on a la sensation que le disque se veut être une playlist jouée de manière aléatoire où expérimentation le dispute à amateurisme désinvolte.

L’impression générale sera celle d’un « concept album » sans concept, d’un opus ambitieux travaillé comme un bricolo ; sur ce chapitre-là il est en bonne compagnie, entre Beck et Kurt Vile on peut difficilement à meilleurs apparentements.

***1/2

2 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wolf Parade: « Cry, Cry, Cry « 

Les Canadiens de Wolf Parade avaient suscité beaucoup d’attentes avec la sortie d’un EP en 2016. Le groupe est, ensuite, reparti en studio et Cry, Cry, Cry arrive donc à point nommé dans les bacs après une assez longue attente.

Il faut dire que Boekner et Krug, les deux têtes pensantes du groupe, sont du genre à collectionner les projets et groupes indés parallèles. On leur pardonnera leur excès de bougeotte et d’hyperactivité, tant on prend du plaisir à l’écoute de ce nouvel opus. Malgré les années, le groupe a su garder sa ligne directrice et on pourrait presque affirmer qu’ils se sont simplifiés la tâche pour rendre quelque chose du plus direct, de plus efficace, sans artifice et sans fioriture.

Le groupe a toujours revendiqué des influences post-punk, on les remarque sur certains titres, mais ils arrivent aussi trouver une certaine cohérence pop à la manière de leur grand frère Arcade Fire. Dès l’entrée de « Lazarus Online », du truculent « You’re Dreaming » ou du bel hommage à Léonard Cohen (« Valley Boy »), Wolf Parade nous emporte dans son univers si accrocheur où la folie rejoint la cohérence. À ne pas rater non plus l’excellent « Baby Blue » qui part un peu dans tous les sens où l’impertinent « Who are Ya ».

Cry, Cry, Cry est un album engagé, avec plein de nuances, plein de subtilités, plein de rage. Et même si on pleure toujours Léonard Cohen et David Bowie, avec ce disque on se sent un peu moins seul.

***

2 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Amber Arcade: « European Heartbreak »

D’assistante juridique au tribunal international des crimes de guerre à auteure-compositrice-interprète, Amber Arcade de son vrai nom, Annelotte de Graaf est fascinante. Après avoir enregistré elle-même un album avec toutes ses économies afin d’obtenir un contrat d’enregistrement pour un premier album, Fading Lines (2016), cette jeune femme a non seulement trouvé une vocation en musique qui lui va à ravir, mais elle récidive avec un remarquable second opus, European Heartbreak.

Avec cet opus, elle délaisse le côté électro/dream-pop de Fading Lines, acclamé par la critique, pour des sonorités un peu plus indie folk. Faut-il s’en inquiéter? Absolument pas, puisque l’on y gagne beaucoup en matière d’écriture, d’interprétation et particulièrement de conception.

European Heartbreak débute avec « Simple Song » une pimpante chanson composée d’une brillante rythmique dont il est impossible de ne pas se dandiner ou bien de taper du pied. On ne peut résister par la suite à la voix chaude et éplorée de Annelotte de Graaf sur « Hardly Knew », « Oh My Love (What Have We Done »), « Self-Portrait In A Car At Night » et notamment l’introspective et touchante ballade » Goodnight Europ »e.

De la chanson lente à la plus rythmée, il y a une agréable variété d’ambiance sur ce disque; tel qu’en témoignent deux titres : « Alpine Town », un charmant morceau intimiste et « Where Did You Go, » une piste sautillante assortie de solides riffs de guitare, d’un brillant jeu de batterie et d’un thème musical qui persiste pendant des heures. C’est édifiant, c’est nostalgique, c’est lancinant et captivant.

Enregistré et co-produit à Los Angeles avec Chris Cohen et à Richmond avec Trey Pollard, on baigne dans un registre sophistiqué et parfumé d’influences sixties, bordées d’incursions seventies. Les paroles sont belles et sincères, les mélodies sont agréables et les parties de guitares, de percussions et de cuivres sont astucieusement bien pensées, et ce, sans s’enfoncer dans le trop criant ou le trop planant. Ces détails permettent à l’album de ne pas sombrer dans le linéaire offrant au final un lot de très beaux moments. Il n’y a pas de haute-voltige musicale, pas de tentative de réinventer la roue, mais tout simplement des compositions bien construites avec une palette de couleurs typiquement rétro.

European Heartbreak est un disque musicalement riche et émotionnellement puissant où chaque ingrédient est parfaitement dosé. Résolument alimenté par son propre rayonnement, il s’écoute naturellement et apporte un grand vent de fraîcheur sur la scène indépendante féminine actuelle.

***1/2

2 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Buttertones: « Midnight In A Moonless Dream »

Les Californiens de The Buttertones nous offrent un rock épidermique et courroucé ; un « surf rock » survolté qui n’a que peu à voir avec celui, lénifiant, véhiculé par les épigones du genre.

Rien de bien neuf, certes, sur ce Midnight In A Moonless Dream mais des salves qui se veulent salvatrices voire éjaculatoires avec des six cordes poisseuses et, entorse à la règle, un saxo qui pourrait s’échapper d’un filme de Tarantino.

Opus déglingué donc, (« Baby C4 ») mais aussi indolent et glauque (« Dont’ Cry Alone ») avec, pour clore sur une humeur moins débridée, un « Brickhead » tout en retenue.

Entre référence, révérence et déboulonnage, voilà un album parfaitement aiguisé et amadoué.

***

2 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Will Driving West: « Silence »

Le bouche-à-oreille ne suffit plus. Le groupe de folk atmosphérique formé autour de ce tandem canadien se fait entendre comme jamais sur ce quatrième album, un opus qui a des ailes, de l’envergure, de l’espace de résonance, de l’horizon.

On dirait même de l’ambition dans les sons : les tambours tonnent dans « Cannonball », la guitare explose à la Pink Floyd première époque dans « Wings », les cordes hachurées tournoient à en perdre le nord dans « Waltz of Life ».

Ces éclats égratignent, ces grandes saillies piquent, mais sans dénaturer WDW. Les harmonies des tourtereaux ne bercent pas moins les mélodies qu’avant, et les refrains ne sont pas moins naturellement porteurs.

Oui, ça remue, ça brasse, ça pose des questions aiguës sur l’engagement, les enfants, et même la potentielle fin du monde, mais à la fin, ça fait surtout du bien. La douceur l’emporte. Un peu moins en vain : c’est le but. Atteint.

***1/2

2 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Pale Saints: « The Comforts Of Madness »

The Pale Saints est un combo dont un nom s’impose à l’esprit, à l’écoute de l‘album The Comforts Of Madness, c’est celui se My Bloody Valentine.

On pourrait même dire que le groupe mené par Ian Masters leur a volé la vedette tant ces derniers semblent s’être désabonnés de tout.

Le disque claque donc comme il se doit, et ce, sans aucune pause. On aura donc droit à un grand renfort de vibratos, de guitares en travers, de voix vaporeuses dont le point focal sera le diptyque « Way The World Is » et « You Tear The Word In Two ».

The Comforts Of Madness est un opus addictif et volontaire ; sa verve nébuleuse ne demandera qu’à nous envelopper.

***1/2

2 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire