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Snail Mail: « Lush »

Lindsey Jordan est une artiste folk-grunge récemment signée qui a affublé son groupe du sobriquet de Snail Mail. Voilà un terme qui convient parfaitement au répertoire du combo, un rock indolent et minimaliste qui s’ajouterait aisément à une cure d’antidépresseurs mais dans sa phase ascendante.

On pense, à cet égard à Waxahatchee (en moins organique) mais on ne peut nier à la chanteuse une force d’évocation dans sa voix. Celle-ci peut transfigurer ce spleen ambiant qui se colle souvent à la peau.

La demoiselle est encore post adolescente et, toute bien dégrossie qu’elle puisse être, une langueur gémissante se fait parfois un peu trop jour.

Entre Dinasaur Jr et Liz Phair, Lush s’écoutera sans déplaisir avec des titres comme « Pristine » ou « Golden Dream » ; restera à Jordan de se frotter à des climats moins indolents.

**1/2

29 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Tia Gostello: « Thick Skin »

Cette jeune Australienne de 19 ans, après des passages en première partie de Frightened Rabbit, quelques « singles » et EPs encensés par la scène de Brisbane et plusieurs nominations aux trophées locaux, sort Thick Skin, son premier album. Il s’agit d’un opus de de dream pop atmosphérique, souvent éthérée (« Phone Me ») ou garnie d’effets de guitares dans ses chorus (« Strangers »).

Sa voix planante survole avec aisance les six cordes saturées et son n’est pas sans évoquer des artistes comme Mazzy Star ou Widowspeak.

Tia Gostelow fait preuve d’adresse pour faire cohabiter sa vision de la musique finalement très pop, mais interprétée à la manière d’un chanteuse plutôt folk qui laisse passer une émotion brute et sans fards à travers son chant.

Les chansons, sont solide et, sans temps mort ; elles s’imbriquent parfaitement pour faire de Thick Skin un « debut album » qu’on ne peut pas passer sous silence et qui devrait faire parler de la chanteuse au-delà de son Queensland natal.

***

29 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

My Brightest Diamond: « A Million and One »

En 2014, My Brightest Diamond avait, enfin, percé un certain plafond avec son dernier album This Is My Hand. Dès lors, la popularité de Shara Nova a atteint un nouveau pic avec sa pop baroque et arty et, plus tard, la new-yorkaise est de retour avec son sixième opus A Million and One.

Cette la taence a été mise à profit car My Brightest Diamond continue d’avancer en mettant un pied sur des territoires plus dansants. Le premier morceau « It’s Me On The Dance Floor » en attestes avec une atmosphère beaucoup plus pop et entraînante qu’à l’accoutumée. L’exploration se poursuivra d’ailleurs avec les accents hip-hop de « Rising Star » et « Champagne ».

L’art-pop de Shara Nova atteint de nouveaux sommets et on la sent plus requinquée et plus ambitieuse comme sur l’intense « A Million Pearls » mais aussi sur les rythmés « Sway » et « Supernova ».

Moins baroque que ses prédécesseurs et plus accessible qu’autrefois, elle n’oublie pas pour autant sa touche magique qui a fait sa réputation notamment à l’écoute de « You Wanna See My Teeth » et de « Supernova ».

Après un envoûtant « Mother », elle terminera sur une note des plus funky , un « White Noise » résolument fantomatique qui la montre néanmoins prête à envahir les dancefloors.

***1/2

29 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Eiko Ishibashi : « The Dream My Bones Dream »

On ne peut pas parler d’Eiko Ishibashi n’est pas une inconnue puisqu’elle accompagne Jim O’Rourke depuis belle lurette. La Japonaise publie ici son sixième album, The Dream My Bones Dream. Elle y explore, comme elle l’a toujours fait, un grand nombre de recoins de la scène indie d’une manière qui se veut exhaustive.

Dès l’entame, avec des titres allant de « Prologue: Hands On The Mouth » à « To The East », l’interprétation d’Eiko Ishibashi vise à nous immerger dans une multitude d’influences musicales, mais ceci sans nous y noyer.

Même si un cap est tenu, The Dream My Bones Dream ira chercher du côté de Stereolab sur les accents art-pop d’ « Agloe » ou d’autres plus robotiques avec « Iron Veil ». Ce sixième disque sera  ainsi riche en surprises de tous genres dans lequel le duo nous offre un condensé de les talents.

Entre des moments solennels comme l’instrumental religieux joué à l’orgue de « Silent Scrapbook » et d’autres plus krautrock avec le sinistre « Tunnels To Nowhere », The Dream My Bones Dream déclenche des sensations du début à la fin ; le rêve et le frisson sur « A Ghost In The Train, « Thinking » des pleurs avec a ballade piano/voix qu’est « To The East ».

The Dream My Bones Dream est le genre de disque qui tournera sur une platine pendant un petit bout de temps et c’est très bien comme ça.

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29 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jacco Gardner: « Somnium »

Il y a trois ans, Jacco Gardner avait fait parler de lui avec son second album Hypnophobia contenant, entre autres, un tube « Find Yourself ». Le musicien hollandais s’était ainsi imposé comme un des fers de lance de la pop psychédélique et, trois ans plus tard, il vient d’en pousser les limites un peu plus loin avec son troisième disque intitulé Somnium.

Cette fois-ci Jacco Gardner se veut plus ambitieux avec un opus dans lequel il s’efforce de mettre à plat ses phobies, en particulier le sommeil.

L’instrumentation en est majoritairement analogique, ce qui lui donne la tonalité d’une bande-son rétro où alternent onirisme pur et démonstrations plus cauchemardesques.

C’est d’ailleurs sur cette humeur que s’ouvre le disque avec un « Rising » qui débute le bal. Ensuite, on est accueilli dans un univers parallèle avec des compositions mystiques comme « Langragian Point », « Past Navigator » et autres « Eclipse ».

Somnium bouscule dans la foulée alors les codes de la musique et se met à flirter avec des influences littéraires et cinématographiques comme pour composer une ode à la rêverie.

Ainsi se révèle l’univers du musicien ; que ce soit sur « Tain » , les sonorités orientales atypiques de « Privolva », la pop lumineuse de « Levania » ou celle, plus obscure, de « Pale Blue Dot ».

Toutes les sonorités sont mises à contribution pour faire du LP une bande-son immersive permettant au musicien hollandais d’alimenter et, peut-être, de conjurer des névroses, phobies dans lesquelles il ne sera pas inintéressant de se plonger.

***1/2

29 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire