Anna St. Louis: « If Only There Was a River »

Nous voilà devant un chant incantatoire. Avec sa voix lâche et pleine de groove son « fingerpicking » attentif et l’entrelacement délicat de ses mélodies très folk-country américain (mais jamais plaquées), Anna St. Louis pourrait être une sorcière nomade qui s’arrêterait, avec sa monture, pour faire irradier la chaleur sèche d’un feu de camp du Midwest.

If Only There Was a River, premier album de la musicienne du Kansas désormais installée à Los Angeles, fait à la fois ancien et moderne dans sa manière de manier le folk. Anna St. Louis chante en boucles et en itérations un croisement de solitude, d’apprivoisement, de désir et de liberté, qu’on pourrait comparer à un amant — irrésistible, mais prompt à se dérober.

Âme souple et agile ;alors qu’on s’imaginait une simplicité sobre, ses mélodies prennent soudain flamme et corpulence : des tambours (« The Bells »), des violons (« Water) », de la guitare électrique (« Wind »), même du wurlitzer (« If Only There Was a River ») forment une matière soyeuse et confiante, juste assez audacieuse. Un ravissant début.

***1/2

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