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Lucy Dacus: « Historian »

Lors de l’été 2016, lorsque No Burden a été lancé, beaucoup de personnes se sont extasiées sur Lucy Dacus une auteure-compositrice-interprète originaire de Virginie et n’ayant à l’époque que 22 ans.

Historian, son deuxième opus, nous propose de revisiter l’histoire et le fait de splendide manière, en restant fidèle à son héritage folk-rock mais en le réinventant d’une façon toute personnelle.

L’artiste nous confie ses désillusions amoureuses et son désarroi face au manque d’empathie qui caractérise aujourd’hui les relations humaines. Musicalement le répertoire est celui de chansons douces amères.

On pourrait rester à la surface d’une observation superficielle si on mésestimait le subtil travail de réalisation effectué sur ce disque, particulièrement au niveau des arrangements qui prennent tout leur sens au fil des écoutes.

L’explosivité d’un titre comme « Timefighter » est, à cet égard, éloquente. En outre, on ne pourra que noter at acquiescer à une alternance entre l’intense et le paisible, entre « le chaud et le froid », qui fait de ce Historian une parution déjà essentielle de l’année. Parmi les meilleurs morceaux de cette émouvante création, on prêtera l’oreille à l’introductive « Night Shift » qui, à la mi-parcours, retentit irrésistiblement. Les sonorités, aux accents délicatement soul, dans « Addictions » capteront, de leur côté, l’attention tout comme le mélange cordes et guitares de « Nonbeliever ».

Lucy Dacus se montrera bouleversante avec un hommage à sa grand-mère décédée sur « Pillar Of Truth » et conclura en beauté avec un « Hisorians » pourvoyeur de ces frissons sarcastiques lui permettant de nous envelopper dans un « I am at peace with my death ! I can go back to bed ».

Voilà une artiste est d’une franchise confondante. Avec de simples morceaux rock, juste assez soignés, juste assez stipatouillés elle s’élève aisément au-dessus de la mêlée. Lucy Dacus a choisi le folk rock afin d’en découdre avec le virilisme d’une autre époque et ainsi passer d’importants messages sociaux et politiques. La démarche est tout à fait admirable et il est chaudement conseillé de suivre sa trajectoire.

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19 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Yawning Man: « The Revolt Against Tired Noises »

The Revolt Against Tired Noises est le sixième album de Yawning Man un trio de « desert rock », un sous-genre du stoner metal qui se caractérise par des riffs hypnotiques, simples et répétitifs.

Depuis la fin des années 80, Yawning Man a pris une dimension toute particulière au sein de la scène Desert Rock. Loin des ambiances sur-saturées héritées du punk et du grunge, qui sévissent lors des fameuses “generators parties” de la vallée de Coachella, Gary Arce et ses compères déploient une musique beaucoup plus subtile et précieuse, qui tisse des ambiances appelant à l’introspection.

Produit par Mathias Schneeberger (Mark Lanegan, Greg Duli, Sunn O))) ou encore Earth. Le résultat est un véritable kaléiodoscope de couleurs, parfaite bande son pour se sentir transporté entre les mesas, vallées et canyons californiens, alors que nous voici plongé en pleine torpeur estivale. Yawning Man trouve l’alchimie parfaite entre riffs dantesques et de longues plages progressives, qui font appel à l’imaginaire de l’auditeur.

Loin des ambiances sur-saturées héritées du punk et du grunge Gary Arce et ses compères déploient une musique beaucoup plus subtile et précieuse, qui tisse des ambiances appelant à l’introspection.

On n’est pas loin du post-rock teinté de psychédélisme comme en témoigne la pièce maîtresse, qui donne son nom à l’album « Revolt Against Tired Noises ». Ainsi, les mélodies de Gary Arce se font pleines d’échos, méditatives et relaxantes, avant de rebondir sur les riffs qui vous prennent profondément aux tripes ‘ »Skyline Pressure » ou les huit minutes de « It ».

« Grant’s Heart » apportera une courte pause, sous forme d’envolée à la guitare, signe que la créativité du groupe ne souffre pas d’éclipse et est encore capable d’engranger pléthore des titres à la fois denses, mélodiques et inspirés.

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19 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire