Laura Jane Grace & The Devouring Mothers: « Bought To Rot »

Un des titres de gloire de Laura Jane Grace est d’avoir été la première artiste à être signée au sein du label créé par Tom Petty, Against Me ! À écouter le « debut album » de la chanteuse, Bought To Rot, elle ne devrait pas en rester là.

Elle cite d’ailleurs son premier disque solo, Full Moon Fever, comme source d’inspiration et il est indéniable qu’on retrouve une part du vocaliste décédé en matière de narrativité sur ces quatorze plages.

Mais si Grace s’empare de ce qu’il pouvait y avoir d’introspectif, elle le fait d’une manière plus acérée, avec une forme de colère qui voisine, toutefois, avec une certaine ingénuité.

Stylistiquement, Bought To Rot, est plein de tournants abrupts. Le titre qui ouvre le disque, « China Beach », baigne dans une furies viscérale très punk alors que, par exemple, « Manic Depression » affiche une tonalité qui n’a rien à voir avec son appellation puisque le morceau se distingue par des tonalités bluesy.

Une même lignées « americana » se fait d’ailleurs sentir sur le déroulé du disque qui, parfois, aurait très bien pu donner l’impression qu’il a été enregistré à Nashville.

C’est sur les leçons de vie que Bought To Rot fait montre de personnalité. Sur un « The Apology Song » qui clôt judicieusement son album elle présente ses excuses auprès de ceux elle a qui causé tort («  My apologies for however I fucked up ») et surenchérit avec des textes imprégnés de sagesse comme « I don’t want your life to be any harder than it has to. »

Même dans la virulence, par exemple sur le véhément « I Hate Chicago », le ton reste celui de la sincérité directe et franche ce qui, à cet égard, rejoint un peu cette prouesses que possédait Tom Petty à faire cohabiter humilité, lassitude et exacerbation de certaines passions.

On soulignera le rôle des musiciens de Against Me !, le guitariste Atom Willard et le bassiste Marc Jacob Hudson) à faire du combo un power trio on ne peut plus efficace en termes de saisissements existentiels, et, de par la même, procurer une finalité satisfaisante voire heureuse, aux tribulations et frustrations que Laura Jane Grace essaime sur l’album.

Quand le disque se terminera sur cette déclaration volcanique : «  you can go wherever the fuck in the world you want », il est clair que celle qui manie aussi bien son héritage affectif et musical allant de Petty à Wilco a trouvé ce qui constitue pour elle le point d’orgue de sa liberté  et de son éclosion artistiques et personnelles.

***1/2

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