No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Gruff Rhys: « Babelsberg »

Super Furry Animals semblant désormais en latence, Gruff Rhys a les coulées franches pour dévoiler une carrière solo prolifique et, également, plus loquace que ce à quoi nous avait habitués le chanteur.

Babelsberg est donc le nouvel avatar de cette orientation et, une fois de plus, il est à la fois déroutant et séduisant. Formellement le chanteur s’est adjoint la participation d’un orchestre symphonique (le BBC National Orchestra of Wales) qui lui permet d’étayer une inspiration de plus en plus poétique et lyrique.

L’instrumentation se voudra plantureuse et les textes empli de métaphores subtiles. De ce point de vue on pourrait penser à un croisement improbable entre Harry Nilsson pour l’émotion, Les Hazlewood pour la légèreté et, à l’inverse, Nick Cave pour la profondeur poétique.

L’artiste n’a pas pour autant délaissé la pop psychédélique dont SFA étaient porteurs ; il l’agrémente désormais en voulant lui apporter une nouvelle dimension. De là une flopée de métaphores, d’allusions littéraires et historiques et de mélodies pop et folk nourries de piano, orgue, trombone, flûtes, ou banjo.

Babelsberg est, quant à lui, alimenté par des incertitudes économiques ; si la musique est belle et émouvante, l’ « opener », « Frontier Man » est à cet égard emblématique de la difficulté que chacun peut avoir à se situer, message d’autant plus parlant qu’il est accompagné d’une orchestration faussement désinvolte et d’un phrasé de crooner.

« The Club » et « Oh Dear » accentuent, quant à eux, une toile de fond plus dramatique et haletante, au service d’une histoire sombre et de personnages maléfiques avec toujours un hiatus entre mélodie, narrativité et peinture de caractères, humains ou plus animaux.

Ces dernières images, teintées d’anthropomorphisme, acquériront droit de cité sur un « Limited Edition Heart » langoureux ou dans l’harmonie véhiculée par « Take That Call » ou « Drones in the City » le tout à grands renforts de flûtes et de harpes.

On pourra esquisser une concomitance entre notre univers contemporain où vitesse et absurdité prolifèrent , où les esprits sont proprement lobotomisés et le drone où sont évoqués les abeilles et les fleurs comme un rappel nostalgique à l’harmonie et à la pureté d’antan.

« Negative Vibes » et « Same Old Song » amplifieront le propos par leurs arrangements en forme de leitmotivs entêtants et le point d’orgue sera atteint sur « »Architecture Of Amnesia » titre édifiant et conduit avec brio, impeccable jonction entre tonalités graves et incisives et recherche de quiétude.

«  Selfies in the Sunset » sera un « closer » romantique et baignant dans une douce ironie à l’égard les réseaux sociaux. S’il fallait un chef de choeur à la fable qu’est Babelsberg, elle se trouvera sur cette splendide apothéose!

****1/2

15 novembre 2018 - Posted by | Chroniques du Coeur |

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :