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Unknown Mortal Orchestra: « IC-01 Hanoi »

IC-01 Hanoi est le cinquième opus de Unknown Mortal Orchestra ,combo dirigé par Ruban Nielson. Le disque suit un premier album éponyme censé peut-être introduire le groupe à ceux qui ne le connaissaient pas.

La surprise résiderait alors dans le fait que, alors que le précédent était plutôt expressionniste façon soul lustrée, celui-ci est instrumental ce qui ne peut que laisser libre cours à ce qui est du ressort de l’imagination.

L’instrumentation est, d’ailleurs, atypique (bugle, apport de musiciens vietnamiens) et le répertoire ira lorgner du côté de Hendrix ou de Miles Davis. Il est fait d’explorations soniques (« Hanoi 1 » ou « Hanoi 3 ») pour le premier et d’improvisations jazzy (« Hanoi 6 » pour le second.

Le pont, psychédelisme expérimentation, se fera au prix de refrains lancinants et hypnotiques, de saxophones et de guitares n’attendant que le moment propice pour se défaire de leur feutrine en glissando ouatée pour se faire explosives.

On reconnaîtra l’habileté et la compétence instrumentales ; on regrettera que tout tourne à l’exercice de style un peu stérile.

**

 

12 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Belle And Sebastian: « How To Solve Our Human Problems »

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre un album intitulé fe manière aussi didactique que How To Solve Our Human Problems surtout quand on sait qu’il est l’oeuvre d’un ensemble aussi subtil et ironique que Belle And Sebastian.

Le groupe a, ici, abandonné les tonalité « dance » de son précédent opus et il est revenu à des schémas plus articulés, centrés sur la problématique des rapports humains. Point de solutions apportées pourtant mais des questions posées qui peuvent être conjuguées sur le mode de la candeur (« Sweet Dew Lee »), de la ballade acoustique (« Fickle Season ») sans délaisser le psychédélisme de « Show Me The Sun ».

Belle And Sebastian ont toujours visé à l’harmonie et à la cohésion, y compris dans les moments les plus graves que sont « We Were Beautiful » et ils excellent à les greffer à des passages plus enjoués comme « Best Friend » ou « Too Many Tears ».

Si on considère combien cet amalgame indie pop est réussi, on conviendra que la greffe entre mettre à plat les contrariétés et y apporter résolution est parfaitement réussie sur ce How To Solve Our Human Problems.

***1/2

12 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Innocence Mission: « Sun On The Square »

Délicatesse sans fragilité, sentimentalisme sans mièvrerie ; c’est ce précieux équilibre qui caractérise la « twee pop » dont un des représentants les plus connus est The Sundays.

The Innocence Mission est un duo originaire de Pennsylvanie, Karen et Don Perris, qui, d’une carrière résolument pop, s’est peu à peu réorienté vars un répertoire de plus en plus affiné, éthéré et des compositions aux tonalités folk.

Il y a du pastel dans ces refrains qui pourraient avoir été empruntés à The Lilac Time sur son nouvel opus Sun On The Square.

Les orchestrations sont en clair obscur, les voix vulnérables, l’instrumentation (accordéon, piano) exaltante.

« Green Bus » accompagnera la mélancolie automnale, « Shadow Of The Pines » rejoindra une ambiance festives ajourée et « Light Of The Winter » célèbrera ce qu’il peut y avoir de grandiose dans l’espoir à peine consumé.

Sun On The Square est un disque propre à tonifier tant, à l’image de « Galvanic », il ne crie jamais grâce totalement et qu’il ouvre le champ à de nouveaux émois tout diaphanes et dentelés qu’ils soient.

***1/2

12 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Miles Kane: « Coup de Grâce »

Coup de Grâce est le troisième album solo d’un Miles Kane qui semble avoir tiré un trait sur son aventure Last Shadow Puppets menée avec Alex Turner. Il s’est également libéré d’une rupture sentimentale qui ne sert qu’à alimenter les tonalités coups de poing du disque.

C’est ainsi qu’il faut comprendre les climats rapides et énergiques des morceaux ; la composition titre par exemple ou un « Loaded » où Lana Del Rey prête sa participation.

Au final rien de plus qu’un pas trop mauvais opus de pop-rock avec ce qu’il faut de tonus pour exorciser les peines du coeur et libérer des entraves le trop plein d’énergie qui sommeille toujours dans la peau.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jonathan Wilson: « Rare Birds »

Jonathan Wilson est un compositeur, producteur et musicien qui a, notamment, mis son talent à la disposition de Father John Misty, Elvis Costello ou Roger Waters. Rare Birds est son quatrième album et il démontre, jeu de mots facile, que le bonhomme est, en effet, un oiseau rare.

Ses inspirations semblent explorer un large spectre allant de David Gilmour, David Bosie, Bruce Springsteen ou Peter Gabriel. Pourtant, pour un caméléon tel qu’il peut l’être, l’arste est capable de glisser dans cet opus sa propre part d’intimité et de sensibilité, que ce soit au niveau de sa voix feutrée ou d’une instrumentation atypique et d’une profonde richesse (percussions, violons, cuivres, bruitages multiples ou incantations mystiques).

Le tout est dévoilé de manière pudique, par exemple sur un « Hard To Get Over » récit nuancé et subliminal d’une relation achevée. C’est ce sous-entendu voluptueusement arrangé qui donne intensité à Rare Birds, entre voix chuchotés et crescendo orchestral, l’ensemble nous emmène dans son « Sunset Blvd », titre on ne peut plus plus saisissant et emblématique de cette mélancolie à fleur de peau qui ponctue, sillonne et laboure avec délicatesse l’album.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Cullen Omori: « The Diet »

Loin d’être le moins méritant des jeunes groupes indie-rock U.S. du début de la décennie, les Smith Westerns n’ont pourtant jamais réussi à décrocher la timbale. En 2014, après trois disques de pop juvénile aux mélodies bien troussées, les frères Cullen et Cameron Omori et leurs comparses Max Kakacek et Julien Erhlich (futurs Whitney) se sont donc assez logiquement résolus à baisser le rideau.

Cullen Omori, le frontman charismatique du groupe de Chicago, n’en a pas pour autant terminé avec ses obsessions brit-pop et glam rock, comme l’a déjà prouvé New Misery, sorti en 2016. Si le premier essai en solo de ce songwriter pas encore trentenaire avait semblé vouloir ouvrir la porte à de nouvelles sonorités synthétiques.

Son deuxième album The Diet le voit clairement opérer un recentrage sur les fondamentaux d’une pop rétro aux guitares scintillantes. Les influences britanniques qui présidaient aux destinées des Smith Westerns (de T-Rex à Oasis en passant par Suede, les Beatles ou Bowie) sont à nouveau brandies comme des étendards.

Bien décidé à obtenir enfin son rendez-vous tant espéré avec la gloire, Cullen Omori joue ici son va-tout à grand renfort de refrains enjôleurs et de solos pailletés (« Four Years », « Happiness Reigns »). Parfois profond (« Quiet Girl », éA Real You »), sans cesse accrocheur (« Natural Woman », « Last Line »), The Diet est l’œuvre d’un incurable romantique qui a choisi de ne pas renoncer à ses rêves de grandeur.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Boygenius: « Boygenius »

Ce sont certainement les trois jeunes femmes les plus en vue du rock américain : Julien Baker, Phoebe Bridgers et Lucy Dacus. Chacune a la jeune vingtaine, une voix à choir de sa chaise et faire tomber les feuilles qu’il reste aux arbres.

Elles sont également une manière particulièrement crue de se raconter, chose que ce nouveau « womenband» confirme en matière d’image.

Ce qui devait être un simple enregistrement promotionnel pour une tournée en trio est en effet devenu boygenius, nom tout à fait ironique sachant que ce groupe est l’expression même d’un génie féminin affranchi et lâché en harmonies.

Enregistré en quatre jours dans une certaine urgence, boygenius est l’équilibre entre la voix individuelle des musiciennes et leur voix nouvelle, collective. Les choeurs sont à frémir, les lignes souvent denses et agressives (un « Salt in the Wound » féroce), avec des recueillements folk évocateurs d’une vie au galop (le poignant « Ketchum, ID »).

Quand leurs trois voix entonnent « I can’t love you like you want me to » sur « Bite the Hand », on ne peut que penser que la sororité a un nouveau bébé.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

BirdPen:  » There’s Something Wrong With Everything « 

Le duo BirdPen propose un nouvel album hanté qui démarre sec avec un on ne peut plus contemporain « This Is Your Life » nourri de fatalisme dystopique. Forme par Dave Pen (Archive) et Mike Bird, There’s Something Wrong With Everything va enquiller refrains neurasthéniques et ombrés.

Les morceaux sont détraqués et aucunement jouissifs, que ce soit la chanson-titre ou un « Eyes In The Sky » aux refrains complotistes.

Il faudra donc partager une même intensité que les musiciens pour verser dans leur univers d’autant plus que stance et dérision semblent y avoir peu droit de cité.

Ainsi, « Good News » ou « Oh So Happy » auraient bénéficié d’un peu plus de simplicité légère chose indispensable pour rendre la véhémence et la douleur plus supportables car, dialectique nécessaire, elles se seraient montrées moins impérieuses.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Struts: « Young&Dangerous »

Young&Dangerous est le deuxième opus de ce combo britannique au look néo-glam. Ils se sont constitués une fanbase assez conséquente aux USA en ouvrant pour The Foo Fighters ce qui donne sans doute à la suite de Everybody Wants un son plus produit mais guère moins efficace.

À cet égard, l’ensemble des titres peut se reprendre « à poumons perdus » dans les stades à l’instar d’un morceau comme « Body Talks » ou de « Primadonna Like Me ».

On appréciera des refrains accrocheurs, une voix, Luke Spiller, puissante qui n’est pas sans rappeler Queen (« Bulletproof Baby » ou « I’m In Love With A Camera » qui est peut-être un clin d’oel à « I’m In Love With My Car »).

L’ensemble est amusant, dansant, narcissique comme il se doit quand on se réclame de telles références mais, hélas aussi, cette inconséquence  peu originale qui peut nous faire douter de sa rémanence.

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12 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire